Animal réel ou artificiel : les réponses des personnes malades

Une étude menée par Karen Thodberg, du département des sciences animales de l’Université d’Aarhus (Danemark) auprès de cent résidents de maisons de retraite, compare une intervention de douze visites durant lesquelles un visiteur présente aux résidents soit un robot phoque, soit un chat en peluche, soit un vrai chien. Le chien et le robot phoque suscitent le plus d’interactions (contact physique, regard, communication verbale) par rapport au chat en peluche, mais au fil du temps, l’attention s’émousse pour le robot phoque. Plus le déficit cognitif augmente, plus l’interaction est dirigée vers l’animal et moins elle l’est vers les humains.

Thodberg K et al. Behavioral Responses of Nursing Home Residents to Visits From a Person with a Dog, a Robot Seal or a Toy Cat. Anthrozoös 2016; 29(1): 107-121. 1er trimestre 2016. www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/08927936.2015.1089011 (texte intégral).

“L’EHPAD à domicile”

Sous ce titre accrocheur, l’opérateur d’objets connectés Bluelinea propose un bouquet de services pour le maintien à domicile associant une équipe de télé-suivi fonctionnant jour et nuit, un système d’appel pour la personne malade, un carnet de liaison utilisant un stylo numérique, un bracelet avec détecteur de chutes, une balance, un tensiomètre et un glucomètre connectés, ainsi qu’un bracelet avec système de géolocalisation. Le groupe de maisons de retraite Le Noble Age a déployé cette solution autour de huit établissements en France. Ces prestations sont proposées via un système d’abonnement à partir de quatre-vingt-dix euros par mois. Un appartement modèle a été installé à Paris par le groupe GDP-Vendôme en juin 2014. Ce projet est en cours de lancement auprès de la Croix-Rouge française, Apicil et d’autres opérateurs de maisons de retraite, annonce Laurent Levasseur, président du directoire de Blulinea, qui a été reçu à l’Élysée par des conseillers du président de la République en compagnie de Luc Broussy, président de France Silver Eco. « Au cours de cet échange a été évoquée l'éventualité d'un prochain déploiement de ce dispositif innovant à l'échelle d'une région, avec le concours de l'Agence régionale de la santé concernée, en y associant les Conseils départementaux et les autres intervenants institutionnels, en relation avec les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et les services à la personne locaux privés et associatifs. »

« L’hôpital mobile numérique » à l’EHPAD (1)

« En France, la télémédecine reste rare, hospitalo-centrée et freinée par des difficultés réglementaires », rappelle Christelle Destombes, de la Gazette Santé-social. « À certains patients aux pathologies complexes, comme les personnes âgées résidant en EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), la télémédecine offrira une prise en charge gériatrique et psychiatrique par des médecins exerçant dans des centres hospitaliers, parfois éloignés », espère le ministère de la Santé, qui a lancé des expérimentations en janvier 2014 dans neuf régions pilotes. Les résultats seront présentés à l’automne 2016. Certains établissements se sont déjà inscrits dans des démarches proactives, en lien avec des industriels. L’EHPAD de La Courneuve, géré par l’association du Moulin Vert, dont 100% des lits relèvent de l’aide sociale, se dit « contraint de faire mieux avec moins. » Pour son directeur Edouard Cousin, la télémédecine peut « réduire les délais d’intervention, en permettant l’accès à un spécialiste, en évitant des déplacements inutiles aux urgences, qui stressent les personnes âgées et mobilisent du personnel, et en faisant de économies : un déplacement en ambulance, c’est deux cents euros, une journée à l’hôpital entre mille et deux mille euros. » Édouard Cousin a participé à la conception d’un chariot mobile connecté, en partenariat avec un spécialiste du mobilier médical, Allibert Médical, etun spécialiste de la visioconférence, Polycom. Le chariot a été distingué par le prix Blaise Pascal pour l’innovation technologique 2016 dans la catégorie « Hôpital mobile numérique ». Il permet d’intégrer les informations provenant de différents instruments connectés (tensiomètre, oxymètre de pouls, scanner à ultrasons pour la vessie, électrocardiographe) pour que le médecin évalue le patient à distance. « La télémédecine peut aider à la décision pour les urgences de nuit, pallier la raréfaction des spécialistes, accompagner la réalisation des pansements pour les plaies, et ainsi favoriser la montée en compétence des infirmières. En l’attente de textes réglant la cotation des actes ou la question de la responsabilité médicale, le personnel de l’EHPAD est prêt à tester le dispositif pour aller "dans le sens de l’histoire et de l’innovation". »

La Gazette santé-social, mars 2016.

« L’hôpital mobile numérique » à l’EHPAD (2)

À Caen, une plateforme exploitée par le centre communal d’action sociale (CCAS) met en place dès sa construction une solution de télémédecine pilotée depuis l’EHPAD, pour apporter une expertise médicale spécialisée dans la maladie d’Alzheimer à une population isolée. Les outils ont été développés en région, ainsi que l’organisation des consultations. Le second niveau dans lequel tester l’expérimentation consistera à utiliser cet établissement comme un living lab, unlieu dans lequel tester des solutions innovantes tout en respectant la vie des résidents et la charge de travail des employés. « De la consultation à distance, au transfert sécurisé de données médicales, la e-santé [santé utilisant des modes de transmission électronique] s’impose peu à peu à tous », grâce au pôle technologique caennais, souligne le Dr Jean-Pierre Blanchère, gynécologue, qui mène une activité aujourd’hui entièrement tournée vers la télésanté.

Liberté Le Bonhomme libre, 25 mars 2016. www.libertebonhomme.fr.

Technologies pour le maintien à domicile : guide

Le réseau de services à domicile Adhap’services publie un guide d’objets technologiques développés par des start-up (jeunes pousses) pour « faciliter le maintien à domicile ». Certaines de ces innovations ne sont pas encore commercialisées ni disponibles en France. On y trouve par exemple une cuillère auto-stabilisante, qui réagit aux tremblements, aux mouvements involontaires détectés et les compense pour que les aliments ne se renversent pas ; une assiette reconnaissant les aliments et les pesant, pour surveiller la prise de poids ; une imprimante en trois dimensions pour fabriquer des purées ou desserts mis en forme avec des textures et des couleurs différentes ; des bouteilles et verres connectés, pour suivre l’hydratation ; des vêtements connectés, lavables en machine, pour le suivi de paramètres vitaux ; un pendentif pour personnes presbyacousiques, qui réduit le brouhaha de fond dans des conversations à plusieurs et amplifie sélectivement les sons dans un rayon de deux mètres autour de l’utilisateur ; une paire de lunettes permettant de retrouver son téléphone portable, et inversement ; un drap housse qui enregistre les paramètres du sommeil, qui ajuste la température en fonction de la respiration et de la fréquence cardiaque et qui déclenche l’alarme de réveil en fin de cycle.

www.adhapservices.fr/sites/default/files/adhap_lab_guide_ndeg1.pdf, 20 mars 2016. Le Journal du domicile, février 2016.

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