Technologies d’assistance (1)

« Les meilleurs résultats possibles proviennent de solutions permettant aux personnes malades et à leurs aidants de continuer à vivre leur vie selon leurs propres souhaits et d’éprouver de la joie, le sentiment de rester en contact et de trouver du sens à leur vie », écrit Geja Langerveld, responsable nationale néerlandaise du programme européen d'assistance à l'autonomie à domicile (AAL-Ambient Assisted Living). Entre 2008 et 2013, ce programme conjoint de vingt-trois pays et de la Commission européenne, doté de six cents millions d’euros sur six ans, a lancé six appels à projets et financé cent-cinquante projets, dont trente concernant spécifiquement le développement de solutions pour les personnes atteintes de déficits cognitifs et leurs aidants. Ces solutions technologiques proposent différentes combinaisons de fonctionnalités : signaux ou alarmes pour les aidants professionnels ou informels ; soutien aux activités de la vie quotidienne ; orientation et navigation, soutien aux aidants (information, conseil, formation à distance, échange) ; soutien cognitif ; suivi clinique du patient ; surveillance à domicile ; interaction sociale ; entrée en contact ; activité physique, réhabilitation, mobilité, coordination des soins et de l’accompagnement professionnels ; surveillance et localisation en dehors du domicile, divertissement. Les projets comportent trois étapes : comprendre les souhaits et les besoins des différents groupes utilisateurs ; conceptualiser les produits et les services, en relation avec les groupes d’utilisateurs ; tester les systèmes pilotes auprès des personnes malades et de leurs aidants, et développer une stratégie de commercialisation. Tous les projets prennent en compte les questions éthiques, notamment en ce qui concerne la participation des personnes malades et leur consentement éclairé. Les questions éthiques concernant la technologie elle-même (autonomie, confidentialité, protection des données, réglementation, obligations…) sont discutées au sein des groupes utilisateurs

Dementia in Europe, juin 2014.

www.horizon2020.gouv.fr/cid72667/aal-ambient-assisted-living.html, juillet 2014.

Technologies d’assistance (2)

Le système Rosetta utilise des détecteurs de mouvement pour suivre les activités de personnes âgées et envoie des alarmes en cas d’événements inattendus (tels que des chutes) ou de variations dans le comportement individuel (errance). Le projet 2PCS a développé une montre-bracelet permettant à une personne malade, en cas d’urgence, de déclencher une alarme vers une personne spécifique ou un centre d’appel. Une connexion téléphonique est établie entre l’utilisateur et le centre d’appel. Le système permet une localisation à l’intérieur ou à l’extérieur du domicile.

Dementia in Europe, juin 2014. www.aal-europe.eu/projects/rosetta/, juillet 2014. www.aal-europe.eu/projects/2pcs/.

Colliers-alarme : aide ou nuisance irrationnelle ?

Gary Pritchard est sociologue au groupe d’interaction numérique de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni). Katie Brittain est spécialiste de gérontologie sociale. Les deux chercheurs ont étudié le pendentif à bouton-poussoir, destiné à appeler le service de télé-assistance, et son impact sur la vie quotidienne des utilisateurs. Pour eux, « des systèmes rationnels produisent souvent des événements indésirables inattendus » : « faible efficacité des pendentifs, surcroît de travail pour les aidants et sentiment de déshumanisation. »

Pritchard G et Brittain K. Alarm pendants and the technological shaping of older people's care: Between (intentional) help and (irrational) nuisance. Technological Forecasting and Social Change, 1er août 2014.

www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040162514002340.

Rappel des médicaments : les personnes malades comprennent-elles la voix de synthèse ?

Maria Wolters, de l’École d’informatique et de l’École de philosophie, psychologie et sciences du langage de l’Université d’Édimbourg (Ecosse), a mené une étude auprès de quarante-quatre personnes âgées de cinquante à quatre-vingts ans, sans troubles cognitifs. Les personnes devaient reconnaître une voix humaine et deux voix synthétiques, leur rappelant qu’elles devaient prendre leurs médicaments. La prise d’un à quatre médicaments leur a été proposée, après une courte distraction. Les chercheurs ont fait varier le bruit environnant, la qualité d’élocution et la conception du message. Quels résultats ? Les rappels sont satisfaisants s’ils sont restreints à un médicament familier, indépendamment de la voix utilisée.

Wolters M et al. Can older people remember medication reminders presented using synthetic speech? Am Med Inform Assoc, 30 juillet 2014.

http://jamia.bmj.com/content/early/2014/07/30/amiajnl-2014-002820.short?rss=1. 

Technologies adaptées aux besoins individuels : charte des Champions de la démence

Le groupe des « Champions de la démence » (Dementia Champions), mis en place dans le cadre du « défi de la démence » lancé par le Premier ministre britannique David Cameron (Prime Minister’s challenge on dementia), a rédigé une charte sur les technologies adaptées aux personnes atteintes de démence (dementia-friendly technologies), qui informe les personnes malades et leurs aidants sur l’accès à ces technologies, et qui donne aux professionnels des recommandations sur leur adaptation aux besoins individuels.

Dementia-friendly technology charter, www.alzheimers.org.uk/technologycharter, juillet 2014. www.alzheimers.org.uk/site/scripts/download.php?fileID=2256 (texte intégral). J Dementia Care, juillet-août 2014.

Retour haut de page