Des sujets qui font fuir

« Vieillissement, handicap, maladie et média : je t'aime moi non plus » était le sujet choisi par la Fondation Caisses d'épargne pour la solidarité pour la huitième édition de ses « Diagonales » à l'Université René-Descartes-Paris V. Ces sujets font fuir. Faut-il pour autant en parler de travers ? s'interroge Denis Piveteau, directeur de la Fondation, citant quelques exemples d'information « choc » reprises par les média. Pour le journaliste Robert Namias, ancien directeur de l'information de TF1, l'angle d'attaque est toujours factuel. Traiter l'information du jour en une ou deux minutes ne fait pas fuir. Mais les émissions magazines qui traitent de ses sujets ne font jamais d'audience. Pourtant, précise-t-il, on doit traiter de la maladie d'Alzheimer, en dédramatisant : « il y a toujours une réalité positive, il faut la dégager ».

www.agevillage.com, 26 mai 2009.

The Alzheimer's Project, de Maria Shriver

Les films et ressources du Projet Alzheimer (Alzheimer's Project), série de documentaires télévisés produite par Maria Shriver et diffusés par la chaîne américaine HBO, peuvent être téléchargés gratuitement sur le site www.hbo.com. Un livre publié par Public Affairs Books et un DVD complètent les ressources proposées.
« Une maladie qui vole le soi »: selon Alessandra Stanley, du New York Times, la perte de mémoire est une perspective terrifiante, et la série de documentaires, sobre et profondément touchante, cherche à rassurer et à encourager ceux dont les pires craintes se sont matérialisées. Dans les interviews, les chercheurs apparaissent enthousiastes. Le message de la série est qu'une percée, en prévention comme en traitement, est « à portée de main », et le slogan marketing choisi par la chaîne HBO est « hopeless » (sans espoir) avec une grande croix pourpre barrant le « less », laissant donc l'espoir. La ligne éditoriale évoquant un futur radieux (sunny view) pour la maladie d'Alzheimer serait une réaction à la représentation actuelle déchirante (harrowing) de la maladie. Pour Alessandra Stanley, le zèle et le dévouement des chercheurs sont une source d'inspiration, tout comme les personnes malades et les aidants qui doivent faire face au quotidien, mais la série du Projet Alzheimer célèbre l'espoir au détriment de la prudence (caution).
Pour Ellen Gray, du Philadelphia Daily News, les documentaires les plus intéressants de la série sont ceux sur les perspectives de la science, suggérant que ce qui est bon pour notre coeur est probablement aussi bon pour notre cerveau. La productrice Maria Shriver, dont le père est atteint de la maladie d'Alzheimer, n'est pas favorable au test de prédisposition pour une maladie que l'on ne peut peut pas encore guérir.

www.hbo.com, New York Times, 2 et 8 mai 2009. www.philly.com, 7 mai 2009.

Retour haut de page