Les croulants se portent bien ? Les représentations fictionnelles de la vieillesse au grand et au petit écran de 1949 à nos jours, d’Ariane Bea...

Ariane Beauvillard, maître de conférences en sciences de l’information et de communication et ingénieure de recherche à l’Université Rennes-2, écrit : « Si l’on regarde les soixante ans de fictions cinématographiques et télévisées qui ont créé, identifié et réactualisé les clichés du troisième âge, il est certain que ces derniers surprennent par leur forte négativité. Les vieux personnages fictionnels se caractérisent par leur incapacité à agir, à vivre après la retraite et à rester dans un espace social en mouvement. Ils ont leur propre temps, ritualisé, leur propre espace, la maison de retraite, et leurs propres crises, physiques ou familiales. L'histoire de la vieillesse par la fiction ne pourrait se faire sans les conditions de production et de réalisation des films et des téléfilms : car les représentations du grand âge oscillent selon les époques (de la désertion rurale à la reconstruction urbaine, du divorce par consentement mutuel à l'invention d'Internet), selon les acteurs et/ou actrices employés, mais également selon les genres, les sexes... et les écrans. Il s'agit ici enfin de comparer les images fictionnelles du petit et du grand écran : si les vedettes ne sont pas les mêmes, si la télévision se charge plus volontiers, en suivant la sacro-sainte mission de service public de l'ORTF puis des chaînes publiques, des représentations populaires, les grands clichés physiques (la vieillesse comme attente de la mort puis comme véritable maladie) et sociaux, loin de se contredire, deviennent de plus en plus unitaires au fur et à mesure que les décennies passent. L'étude des fictions de la vieillesse de 1949 à nos jours rappelle la difficulté à concevoir, d'une part, une société sans travail, mais aussi, d'autre part, à forger une place convenable pour les personnes âgées dans cette même société, autre que l'hospice ou le cimetière ».

Danielle Darrieux, la bourgeoise fantaisiste dans les années 1980 ; Line Renaud, la maîtresse femme (années 1990 et 2000) et Colette Renard, la « plus belle mamie » des années 2000 : à la télévision, ce sont surtout les femmes qui ont fait évoluer l’image du troisième âge, analyse Ariane Beauvillard dans Télérama.

Beauvillard A. Les croulants se portent bien ? Les représentations fictionnelles de la vieillesse au grand et au petit écran de 1949 à nos jours. Lormont : Editions Le bord de l’eau. 230 p. ISBN : 978-2-35687-186-2. www.editionsbdl.com/les-croulants-se-portent-bien.html, www.senioractu.com, 18 janvier 2013.Télérama, 5-11 janvier 2012.

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