Opéra

Le musée d’art moderne André Malraux (MuMa) du Havre (Seine-Maritime) a reçu les associations France Alzheimer et Music’o Senior pour un récital lyrique destiné à une vingtaine de personnes malades et de leurs proches, pour un total d’environ cent spectateurs. Les deux associations sont partenaires depuis 2012. « Nous nous sommes vite rendu compte que l’opéra avait un impact incroyable sur les malades d’Alzheimer, explique Mme Ardouin, responsable de l’association. Nous voulons mettre l’opéra au service des plus fragiles et montrer ce qu’il peut leur apporter. Ce n’est pas qu’une simple animation. » Ce concert a été préparé tout au long de l’année avec Céline Lefebvre, musicothérapeute en formation travaillant pour France Alzheimer depuis un an. Pour elle, la musique est avant tout un outil. « J’utilise la musique mais aussi des sons, des rythmes, comme support pour aider la personne à atteindre des objectifs : se concentrer, aller vers l’imaginaire ou faciliter la communication. Il s’agit ici de recentrer la personne dans un contexte présent, de travailler sur la verbalisation des idées, des émotions spontanées. » Céline Lefebvre a utilisé le répertoire de musiques proposées par l’association Music’o Senior comme support pour travailler avec les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, au Relais des Iris  à Aplemont. « Très concrètement, je peux leur demander de me restituer les paroles d’une musique et de discuter du sujet abordé, ou bien d’inventer une histoire à partir d’une musique inconnue. La musique lyrique permet aux personnes de sortir de leurs habitudes musicales et de s’évader davantage. » Le ténor Antonel Boldan, la mezzo-soprano Yete Queiroz et le pianiste Marc Bizzini ont choisi des airs plus ou moins connus de tous, dans différentes langues. La petite salle de conférences du MuMa a permis aux artistes d’être très proches du public, de communiquer avec les malades, et même de les inviter à les accompagner pendant Habanera, chanson mythique de l’opéra Carmen [« L’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser… »], pour un vrai moment de partage et d’émotion », témoigne Laurène Bertelle, de Paris Normandie.

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