Les aventures de Marius, par Les plumes et les pinceaux de l’Espace Jeanne Garnier

« Ce n’est pas parce que l’on est un peu vieux, que l’on perd parfois la mémoire, que l’on n’est pas citoyen du monde », écrivent les personnes accueillies à l’accueil de jour del’Espace Jeanne Garnier à Paris. « L’histoire de Marius, c’est avant tout un voyage dans le temps qui commence avec la naissance des jardins de l’Espace Jeanne Garnier en 2011. C’est à partir des rencontres autour du jardin, avec les enfants de grande section maternelle de l’école Ste Elizabeth que nous nous sommes dit : pourquoi ne pas créer des histoires autour des saisons ? Nous pouvons retrouver dans ce livre la trace de chacune des personnes accueillies, des professionnels, des bénévoles qui ont participé à la vie de l’Espace durant ces cinq dernières années et aux enfants qui ont été la grande source d’inspiration... »L’idée d’écrire pour des enfants qu’ils connaissaient les a beaucoup motivés », indique Laurent Di Donato, aide médico-psychologique responsable de l’atelier d’écriture à l’accueil de jour. Durant un an, le groupe s’attelle au projet d’écrire un livre entier, avec les saisons comme fil conducteur. « Un travail d’imagination, de stimulation de la mémoire, mais aussi de respect des idées de l’autre, qui leur a aussi permis de s’exprimer, de se remémorer des souvenirs et de les partager. » Et aussi de s’évader : « la création permet d’oublier le temps », « cela fait voyager », « c’est vivant », témoignent ainsi les participants. En tout, une année sera nécessaire à la création des quatre histoires qui composent le livre. Chacune met en scène Marius, un garçon de onze ans au caractère curieux qui l’amène à vivre de nombreuses aventures. Pour donner du corps à l’ouvrage, Carol Duflot, art-thérapeute de l’accueil thérapeutique [auteur de l’ouvrage L’art-thérapie en soins palliatifs, Erès] propose d’illustrer le livre. Quatre ou cinq personnes se portent volontaires pour cet atelier qui sort de l’ordinaire. « Elles en ont retiré beaucoup de fierté et de plaisir », se félicite la thérapeute. « Et ce malgré les difficultés – construire un projet, tenir un pinceau… –, que nous avons tenté de transformer en éléments moteurs. » Les séances sont très vivantes : « la création, c’est quelque chose de gai », sourit Carol Duflot. Les ateliers d’art servent eux aussi d’exutoire, et favorise l’échange et l’entraide entre personnes accueillies. Les collages, dessins au pastel et autres aquarelles illustrent aujourd’hui Les aventures de Marius, tiré à deux cents exemplaires. Les élèves de Sainte-Elisabeth en ont eu la primeur à l’automne 2015, lorsque trois des résidents de l’Espace Jeanne Garnier sont venus leur lire la première des aventures. « Tout le projet s’appuie sur les personnes accueillies », souligne Marie-Pascale Sarbaji, responsable de l’Espace. « Il s’agit de sortir de la maladie, d’amorcer un mouvement vers l’extérieur. Ce n’est pas parce qu’on est malade qu’on n’est pas citoyen, ni utile à la société. » Les résidents pâtissiers ont aussi publié un livre de cuisine, à partir des ateliers menés par la psychomotricienne Marie Soebert.

www.agevillage.com, http://santenews.reseauprosante.fr/, 16 février 2016. https://lesitedesaidants.fr, 15 février 2016. http://arttherapieactu.com/, 29 février 2016. Les plumes et les pinceaux de l’Espace Jeanne Garnier. Les aventures de Marius.  2015. ISBN : 978-2-9532729-2-5.  Les pâtissiers de l’espace Jeanne Garnier. Les gourmandises de l’Espace Jeanne Garnier. 2015.  ISBN : 978-2-9532729-1-8.

http://laviealespacejeannegarnier.weebly.com/au-jour-le-jour/ateliers, 15 septembre 2015.

Le syndrome du petit pois, de Domas

« Max et Coquillage sont mariés et parents d’une petite fille. Ils attendent leur deuxième enfant, leurs vieux amis sont toujours là et le travail ne manque pas. En somme, tout serait parfait si un point noir ne venait entacher leur quotidien : Marie, la mère de Max, souffre du syndrome de Benson. Oublis fréquents, perte de repères, diminution des capacités intellectuelles... Pour Max, cette nouvelle réalité est dure à accepter car sa mère n’a plus rien de la femme qu’il a connue. Désorienté, le jeune homme alterne entre mélancolie et colère. Alors qu’il a plus que jamais besoin de son soutien, Coquillage s’éloigne, dépassée par ce mal-être. Leur vie de famille devient difficile, d’autant que Max se réfugie de plus en plus dans le travail. » Eric Guillaud, de France3 Pays-de-Loire, écrit : « c’est une banalité mais une vérité. Il faut profiter des gens qu’on aime et des bons moments, de ceux qui font les souvenirs. Comme ce jour où Max, alias Domas, prend cinq minutes pour écouter sa mère jouer du piano. Elle ne le voit pas, il est derrière la fenêtre du salon. C’est l’été, c’est magique. Et puis, quelques jours plus tard, c’est le diagnostic, sans appel. Les troubles qui affectent sa mère depuis quelques temps sont le signe d’une maladie neurodégénérative rare (…) Il n’y a pas d’issue, pas grand-chose à faire si ce n’est de l’entourer, de lui donner un maximum d’amour. »

[Le syndrome de Benson, ou atrophie corticale postérieure, est une forme atypique de la maladie d’Alzheimer, caractérisée notamment par des troubles de la mémoire de travail (stockage temporaire d’informations), de la réalisation des gestes, de la difficulté à écrire, à lire, à parler].

Domas. Le syndrome du petit pois. Saint-Avertin : La Boîte à bulles. 2 mars 2016. 288 p. ISBN : 978-2-84953-250-8. www.digibidi.com/player/full/le-syndrome-du-petit-pois (extraits). 2 mars 2016. Hahn V. Neuropsychologie de la maladie d’Alzheimer. In Démences. Dubois B et Michon A (coord.). Mars 2015. 544 p. ISBN 978-2-7040-1429-3. Montrouge : Doin. pp157-161.

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