Arrête de mourir, d’Irène Cohen-Janca

« Ça a commencé avec des petits post-it un peu partout, comme ça, pour ne pas oublier. Mais quand les oublis de la mère de Samuel ne sont plus de ceux qui se résolvent par des petits mots, ce sont ses repères à lui qui disparaissent. Samuel a son adolescence à vivre, aussi lorsqu'il assiste, impuissant, à la progression de cette maladie qui lui vole sa mère, drame familial d'une injustice totale, c'est la colère du désespoir qui l'habite. » Arrête de mourir, d’Irène Cohen-Janca, a été sélectionné pour le prix Chronos 2013.

Cohen-Janca I. Arrête de mourir. Paris : Actes Sud Junior, 2011. ISBN : 978-2-74279-609-0. www.prix-chronos.org.

Et puis Paulette..., de Barbara Constantine

Les histoires personnelles de chacun amènent cinq personnes de soixante-sept à quatre-vingt-quinze ans à cohabiter ensemble dans une ferme. Elles recrutent une élève infirmière, Muriel, contre le gîte et le couvert. Kim vient aussi de temps en temps entretenir le jardin potager. Bientôt, Muriel met au monde une petite fille... dont elle ne veut pas s'occuper. Le club des cinq prend bébé Paulette sous son aile. Barbara Constantine, fille d’Eddie, est lauréate du Prix Charles Exbrayat 2010 pour Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom.

Constantine B. Et puis Paulette... Paris : Calmann-Levy. 2012. ISBN : 978-2-70214-278-3. www.prix-chronos.org.

Premier Chagrin, d’Eva Kavian

« En dehors du fait qu'elle allait mourir, je me disais que j'aimerais devenir quelqu'un comme elle quand je serais adulte tellement elle avait l'air d'être en paix et pas bourrée de complexes et de contradictions comme moi. » : « Sophie, quatorze ans, répond à une demande de baby-sitting qui se révèle surprenante : Mouche qui n'a plus que quelques semaines à vivre lui demande de s'occuper en sa présence de ses petits-enfants. Les semaines passent et Sophie ne voit toujours pas l'ombre d'un enfant… Si cette histoire permet d'aborder des thèmes comme la mort, le deuil et la famille, il donne aussi l'occasion de s'interroger sur la vérité et l'utilité (ou non) des mensonges. Mouche met un point d'honneur à terminer sa vie sur des notes de franchise et Sophie s'en imprègne : ne pas mentir est-il possible ? », écrit Ancolie sur le blog de Babelio. Mouche voudrait finir ses jours entourée de sa famille réconciliée. « Dès lors, avec le désir ardent d'apaiser le départ de la vieille dame, Sophie va se lancer à corps perdu dans l'entreprise de réconciliation de cette famille éclatée. Finalement, ce qui devait être un simple job pour l'adolescente va la bouleverser au point de changer sa vie. » Eva Kavian, Belge francophone, est cofondatrice de Kalame, un réseau d’animateurs d’ateliers d’écriture soutenu par la Communauté française de Belgique. Elle a reçu en 2004 le prix Horlait-Dapsens, décerné par l'Académie des Lettres pour son travail dans ce secteur. La Caisse nationale d’assurance vieillesse et la Fondation nationale de gérontologie ont décerné à cet ouvrage le Prix spécial Chronos-CNAV Solidarité 2013, illustrant la solidarité entre les âges. Les Éditions pour la jeunesse Mijade à Namur (Belgique) proposent une fiche pédagogique.

L’histoire du renard qui n’avait plus toute sa tête, de Martin Baltscheit, adapté de l’allemand par Bernard Friot

« Le renard qui apprenait tout de la chasse et de la vie aux jeunes renardeaux est devenu vieux. Il se trompe de mots, ne se souvient plus très bien… Il oublie même qu’il est un renard. Mais personne n’oublie de rester à ses côtés. » Hélène Dargagnon, de Ricochet jeunes, écrit : « ces pertes récurrentes de mémoires créent donc des situations cocasses, lesquelles, si elles font sourire lors de la lecture, permettent d’évoquer auprès d’un jeune lectorat la vieillesse et la sénilité. Martin Baltscheit traite ainsi, dans cet album aux illustrations colorées et à la typographie des textes recherchée et percutante (les mots font en effet sens par leur inscription sur la page), avec bienveillance, humour et beaucoup de justesse, de l’affaiblissement qui accompagne irrémédiablement la vieillesse. Le ton humoristique apporte de ce fait légèreté au sujet traité et participe du caractère délibérément positif de cet album qui prône la solidarité entre les générations : les renardeaux, auxquels le renard a dispensé des cours de chasse et ses ruses, apportent plus tard réconfort, protection et affection à ce même renard devenu vieux. Cet album récompensé par le Prix allemand de littérature de jeunesse 2011 se veut une belle leçon de vie et d’humanité. Pour preuve, on retient de sa lecture, non pas la décrépitude du renard, mais le regard vairon, espiègle et franc qu’il arbore sur la couverture. » La Fondation nationale de gérontologie a décerné le prix Chronos 2012 à cet ouvrage.

Fondation nationale de gérontologie, 11 juillet 2013. Baltscheit M. L’histoire du renard qui n’avait plus toute sa tête. Friot B (trad.). Novembre 2011. Voisins-le Bretonneux : Rue du monde. 31 p. ISBN : 978-2-35504-182-2. www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/44145-l-histoire-du-renard-qui-n-avait-plus-tou.

Prix Chronos : apprivoiser la vieillesse

Isabelle Beaulieu, libraire, écrit : « depuis 1996, on décerne en France les prix Chronos de littérature. Ils visent à récompenser des ouvrages qui traitent du vieillissement et des rapports entre les générations. Moyen de contrer l'âgisme ambiant ? Peut-être, mais aussi une manière d'aborder nos propres appréhensions sur le sujet. Car il semblerait que de nos jours le thème ait besoin d'être démystifié. Le prix Chronos a été créé par la Fondation nationale de gérontologie et s'est implanté dans les écoles, les bibliothèques et les médiathèques. Pour cette dix-huitième édition, 35 058 jurés de tous les âges (pas question ici d'exclure qui que ce soit) ont participé au vote. Dire qu'au début de l'affaire, on ne dénombrait que 220 jurés. Il est intéressant de jeter un œil sur ces bouquins qui traitent avec enthousiasme et positivisme de la vieillesse. Le credo du Prix Chronos est d'ailleurs le suivant : "grandir, c'est vieillir ; vieillir, c'est grandir". Quand on y pense, il est un peu absurde de devoir faire cette sorte d'éducation sur le processus on ne peut plus naturel du vieillissement, mais si ça permet de faire la paix avec notre condition de mortel et que ça raccommode les générations qui ont grand intérêt à se côtoyer, pourquoi pas ? »

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