Mémoire incarnée

Pour Stephen Katz, de l’Université de Trent (Canada), « la mémoire et la démence sont des idées historiques qui ont précédé les approches neuroscientifiques, psychogériatriques et médicales du vieillissement et du déficit cognitif ». Il explore la valeur de ces idées « historiques » pour comprendre « les discours et les métaphores par lesquels la pensée occidentale a individualisé la mémoire comme garant d’une personne humaine rationnelle, tout en traitant le déclin de la mémoire comme menaçant un vieillissement en bonne santé ».  L’auteur discute de la relation entre la mémoire et le corps dans l’ars memoriae [l’art de la mémoire ou mnémotechnique, méthodes employées notamment en rhétorique et en logique pour mémoriser un discours, s’appuyant sur des supports visuels symboliques] à l’époque médiévale et classique, et dans les premières philosophies modernes de la personne, notamment chez John Locke (1632-1704). L’histoire culturelle occidentale de la « mémoire incarnée » (embodied memory) s’est déplacée d’une localisation cosmique à une localisation individuelle, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour sa prise en charge, écrit l’auteur.

Katz S. Dementia, personhood and embodiment: What can we learn from the medieval history of memory? Dementia, 26 février 2013.

http://dem.sagepub.com/content/early/2013/02/25/1471301213476505.abstract.

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