Michaëlle en sacrament, d’Hervé Baillargeon.

« Apparues il y a une décennie, les webséries (mini-fictions diffusées sur Internet) s’affirment et s’affinent au fil des ans », souligne Hélène Rochette, de Télérama, qui a sélectionné Michaëlle en sacrament, une série canadienne de cinq épisodes de quatre à sept minutes. « Sacrament ! est le juron préféré de Michaëlle, une Québécoise trentenaire qui aime la bière, la fête et les garçons. C’est justement par ce cri du cœur blasphématoire qu’elle accueille la venue impromptue de sa grand-mère, domiciliée chez elle pour quelques jours, car la génitrice de Michaëlle a filé à l’anglaise pour s’offrir une « retraite de yoga silencieux ». Perdue entre cigarettes, beuveries et désespoir racinien, la jeune femme, brasseuse de bière de son état, découvre que la maladie d’Alzheimer de son aïeule s’est considérablement aggravée. Désemparée, elle va tout tenter pour éviter à la vieille dame une hospitalisation forcée dans un centre spécialisé. » Hélène Rochette écrit : « Tissé d’échanges furtifs entre une mamie à l’esprit évanescent et sa petite-fille un peu paumée, ce feuilleton décalé jette un regard tendre et poétique sur la maladie d’Alzheimer. Ennoblie par des comédiennes complices, Catherine Bégin (aujourd’hui disparue) et Gabrielle Forcier, la série fait jaillir des élans burlesques dans les égarements d’une vieillesse en capilotade. Déplacée avec méticulosité et inventivité, la caméra cerne les héroïnes au plus près, esquissant un poignant pas de deux, plein de fragilité. Quand l’impétuosité de l’une se frotte aux élucubrations oiseuses de la seconde, des étincelles de malice et d’émotion surgissent. »

In memoriam : Jacques Rivette (1928-2016)

Jacques Rivette est mort le 19 janvier 2016 à l’âge de quatre-vingt-sept ans, atteint de la maladie d’Alzheimer, rappelle Jean-Philippe Gravel. Il laisse une œuvre de vingt-et-un longs métrages. « Des cinéastes de la Nouvelle Vague [Truffaut, Godard, Chabrol, Rohmer, Resnais, Rivette, Demy, Rozier, Varda], il était sans nul doute le plus mystérieux », écrit-il. « C’est cette dimension énigmatique et très forte, non pas solitaire, mais collective, qui valut à Rivette ses films les plus impressionnants. Pour le spectateur : une immersion, presque une transe, et un jeu d’esquive quasi constant avec la certitude et la signification, gardant celui-ci à distance ou tout au moins, dans le mystère jusqu’au bout. » En 1991, à l’âge de soixante-trois ans, Jacques Rivette obtient enfin sa première récompense cinématographique avec La Belle noiseuse (Grand prix au festival de Cannes). « Un long métrage nourri de fantasmes et sur la création picturale adapté librement du Chef-d’œuvre inconnu de Balzac, dans lequel il met en scène une Emmanuelle Béart largement dénudée face à un Michel Piccoli peintre avec lequel la tension monte, alors qu’elle pose pour lui pendant cinq jours. Il s’agit du plus grand succès public de Jacques Rivette », rappelle Hugo-Pierre Gausserand, du Figaro.

www.lefigaro.fr/cinema/2016/01/29/03002-20160129ARTFIG00153-jacques-rivette-en-cinq-grands-films.php, 29 janvier 2016.  Gravel JP. La nécessité du mystère. Jacques Rivette (1928-2016). Ciné-Bulles 2016 ; 34 (2) : 38-41. Printemps 2016.

www.erudit.org/culture/cb1068900/cb02430/81063ac.html?vue=resume&mode=restriction

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