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Loin d’elle : lancement réussi
Une semaine après sa sortie en salles, 26 354 spectateurs parisiens ont vu le film « Loin d’elle » de Sarah Polley. Le film se classe au huitième rang des vingt films les plus appréciés par le public pendant la semaine du 2 au 8 mai 2007. Les critiques Françoise Delbecq (Elle), Bruno Cras (Europe 1), Christine Haas (Paris Match) et Viviane Pescheux (Télé 7 jours) ont décerné au film une cotation trois étoiles (aimé passionnément). Frédéric Strauss de Télérama écrit :« Sarah Polley semble avoir tourné son film pour le regard souvent perdu de ses personnages. Et elle a choisi des comédiens qui, comme Julie Christie, peuvent tout dire avec leurs yeux : le temps qui passe, l’éloignement de la vie, mais aussi l’étonnement qu’elle suscite, jusqu’au bout, et les sentiments, bien sûr, leur fragilité comme leur malice.
La pudeur et la force s’allient ainsi dans ce film, qui est tout à la fois une interrogation sur la persistance des liens et un drôle de manège amoureux du troisième âge ». La Bande à Ruquier apprécie aussi : « un film sublime, un éclairage maîtrisé, une réalisation soignée mais qui ne tombe pas dans un esthétisme trop poussé qui aurait nui au jeu des acteurs, une histoire humaine et belle. Et des dialogues qu’on voudrait écrire au moment où les personnages les jouent, pour s’en souvenir longtemps après la fin du générique ».
Sarah Polley est membre du jury du Festival de Cannes cette année.
Pariscop Paris-Ile-de-France n° 2034 du 16 au 22 mai 2007. www.première.fr; www.onatoutessaye.com, 21 mai 2007.

Mémoires de demain
Le comédien japonais Ken Watanabe quitte les rôles de samouraï, d’empereurs et autres seigneurs de querre pour endosser le personnage d’un patron d’agence de publicité qui se trouve confronté à la maladie d’Alzheimer à l’âge de quarante-neuf ans, et qui apprend la vulnérabilité et l’humilité. Après avoir lu le roman dont est tiré le scénario, Watanabe a décidé de devenir producteur, réunissant un budget de 24 millions de $ (18 millions d’euros) pour un film auquel personne ne croyait. Le scénario s’est appuyé sur l’expérience de personnes malades, leurs familles et leurs soignants. Le film a été montré aux aidants pour avoir leur réaction avant la projection aux journalistes. Mémoires de demain est un immense succès public (deux millions d’entrées) et a valu à Ken Watanabe un prix d’interprétation de l’Académie japonaise. www.comingsoon.net, 16 mai 2007.

Bibliographie

Violences invisibles, Reconnaître les situations de maltraitance envers les personnes âgées, par Robert Hugonot
Médecin et gérontologue, Robert Hugonot raconte un certain nombre de véritables cas d’une clinique du quotidien, à domicile ou en institution. En les publiant, leur auteur vise autant à révéler et dénoncer qu’à former et prévenir. Dans le premier récit, une famille n’en peut plus de vivre avec la mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer : elle ne reconnaît plus sa fille, elle est incontinente et se soulage n’importe où dans la maison. Un jour, la vieille dame contracte une pneumonie. Le médecin prescrit des antibiotiques. La famille achète les médicaments et « oublie » de les donner. Elle meurt. « C’est un meurtre », dit l’auteur. Autre histoire : un presque octogénaire quitte son épouse, pour aller vivre chez sa maîtresse. Peu à peu ses facultés cognitives se détériorent. La maîtresse, fonctionnaire, s’absente en mission pour une courte période. L’épouse accourt, fait transporter l’homme à l’hôpital où l’interne de garde prescrit des neuroleptiques très actifs. La maladie d’Alzheimer se complique désormais d’un état dépressif grave entraînant rapidement la mort par dénutrition et perte du goût de vivre. Encore un « meurtre ».
Dunod, Paris, 2007

Le Guide de l’aidant familial
Le ministère de la Santé publie ce guide pour réunir, de façon simple et concrète, toutes les informations sur les droits des aidants et de leur proche dépendant., tout en indiquant les interlocuteurs auxquels chacun peut s’adresser pour trouver de l’aide. Il propose également un exemple de « carnet de l’aidant », ce journal que tout aidant doit tenir à jour pour organiser ses activités et son temps auprès de la personne âgée dont il s’occupe.

Memo, le bébé éléphant
L’association Alzheimer Portugal APFADA a présenté, à l’occasion du congrès international d’Estoril du 9 au 12 juin 2007, un conte pour enfants intitulé « Memo, le bébé éléphant ». Memo, un jeune éléphanteau, est confronté à la perte de mémoire de sa grand-mère Rememba, chef du troupeau. Et qu’y a-t-il de plus grave que de perdre la mémoire quand on est éléphant ? Edition bilingue anglais-portugais, texte de Paula Guimarães sur un concept d’Ana Magarida Cavaleiro, illustrations d’Alexandra Pinto Rebelo, avec le soutien de la Fondation Calouste Gulbenkian. APFADA, Av. de Ceuta Norte, Lote 1, Lojas 1 e 2, Quinta do Loureiro, 1350-410 Lisboa, Portugal. www.alzheimerportugal.org.

Le jour où il a oublié mon nom
Paul, choqué par la mort de son père, se réfugie chez sa grand-mère, à la campagne, où il se lie d’amitié avec Léon, un voisin atteint de la maladie d’Alzheimer. Ils deviennent grands amis car, si Léon perd certaines facultés, il continue pourtant à ressentir de la joie et du plaisir. C’est le massage que délivre cette histoire en images, à laquelle ont contribué le professeur Marc Verny, Marie-Jo Guisset-Martinez, responsable du Pôle Initiatives Locales à la Fondation Médéric Alzheimer, et Bernadette Pujalon. La Mairie de Paris, avec le Comité départemental des Retraités et personnes âgées de Paris (CODERPA) et le soutien de trois caisses de retraites, a pris l’initiative de diffuser cette bande dessinée. Objectif : aider les professionnels et aidants familiaux qui côtoient chaque jour la maladie d’Alzheimer et mieux la faire comprendre aux Parisiens. CODERPA, 21 rue de Choiseul, 75002 Paris

Repenser l’aide à domicile, par Bernard Ennuyer
Cet ouvrage, rédigé par un directeur d’association d’aide à domicile, est destiné avant tout aux professionnels du maintien à domicile, aux familles, élus locaux et professionnels du champ gérontologique. Ce livre a l’ambition de repenser le maintien à domicile dans la société d’aujourd’hui en l’articulant à sa finalité éthique : quelle place pour les personnes âgées, et notamment les plus dépendantes ? Le questionnement sur les limites du maintien à domicile et sur ses coûts fait apparaître le déficit actuel des politiques publiques. On se restreint à une technique instrumentale, au détriment d’une perspective éthique.

Dementia and Social Work: Practice. Research and Interventions, édité par Carole Cox
Afin de faciliter l’entrée des travailleurs sociaux dans le champ de la maladie d’Alzheimer et des syndromes apparentés, un ouvrage de Carole Cox, professeur en master de service social à l’Université Fordham de New York, réunit des articles d’experts sur les aspects biologiques, psychologiques et sociaux de la maladie : rôle du travail social, stade précoce et interventions avec les familles, diversité culturelle et maladie d’Alzheimer, prise en charge dans la cité et en établissement. 456 p. Springer.

Transformational Reminiscence, Life Story Work, de JA Kunz et FG Soltys
Il y a cinquante ans, la réminiscence était un signe de sénilité. Un nouvel ouvrage, co-rédigé par un psychothérapeute et un professeur de travail social, couvre les techniques et les difficultés de l’approche. 248p, Springer.

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