Prendre soin : de l’autre, de soi

Le débat autour du care, lancé par Martine Aubry, continue. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des sports, rappelle que soigner, c’est indissociablement « donner un soin » et « prendre soin de ». Paul Boccara, économiste, propose d’instituer « un service public de sécurisation des personnes âgées, seniors en situation d’emploi, retraités en activité sociale, personnes dépendantes ». Pour Geneviève Laroque, présidente de la Fondation nationale de gérontologie, le care est une solidarité active, ou une fraternité vivante : « on retrouve la devise de la République sans avoir besoin de transiter par un mot exotique. Prendre soin, c'est une préoccupation active à l'égard des gens et des choses. Prendre soin de l'autre, c'est répondre à de nombreux besoins, dans une relation symétrique si cet autre prend également soin de moi, relation asymétrique si l'autre ne sait-ne peut-ne veut pas prendre également soin de moi ». Prendre soin, c'est aussi le souci de soi-même, poursuit Geneviève Laroque : « cela peut rappeler à chacun qu'il est responsable de lui et doit donc se préoccuper de lui même, selon ses capacités dans la société et dans le temps où il vit. Certains appellent cela autonomie, d'autres peuvent l'appeler égoïsme ». Geneviève Laroque ironise : la société du care pourrait être perçue comme féminine avec un sens péjoratif et dévalorisant, alors que la formulation solidarité (ou fraternité) serait plus virile, ou simplement plus humaine, sans connotation de genre. 

www.lamaisondelautonomie.com, 31 mai 2010. www.agevillagepro.com, 25 mai 2010. L’Humanité, 4 juin 2010. lagedor.fr, 18 mai 2010.

Le vieillissement cognitif, un enjeu pour les politiques publiques

Pour Le Centre d’analyse stratégique, rattaché au Premier ministre, les tendances démographiques conjointes d'un vieillissement de la population globale et active expliquent l'intérêt porté aux politiques de promotion de la santé cognitive et plus spécifiquement à la question des âges au travail. Si tous les individus connaissent une évolution de leurs capacités mentales (concentration, mémorisation, résolution de problèmes, vitesse de traitement, etc.) au fil des années, ils ne sont pas tous atteints de façon équivalente et irréversible. Ainsi, chacun peut espérer influer sur la réserve cognitive dont il dispose. A partir de l'analyse des données empiriques, le Centre d’analyse stratégique présente huit propositions en faveur d'une stratégie de promotion en santé cognitive pour chaque période de la vie. « Dès l'enfance, favoriser l'accès à une éducation de qualité permet d'entrer dans une spirale vertueuse de prévention en santé cognitive et de lutte contre les inégalités sociales de développement. Par la suite, la promotion d'un mode de vie actif doit se faire à tous les âges, en s'intensifiant à partir de la quarantaine. Dans la sphère professionnelle, la pénibilité n'est pas seulement physique et certains travaux récents ont identifié des facteurs de protection et de risque pour l'efficience cognitive à long terme. Engager des efforts en matière d'organisation du travail, de formation tout au long de la vie et de prise en compte de l'expérience professionnelle des seniors, conditionne alors un vieillissement réussi dans et par l'emploi. Au grand âge, il s'agit fondamentalement de promouvoir une meilleure compréhension de la personne vieillissante, dans la société comme au sein des familles et des établissements, en informant mieux sur la spécificité des remaniements et des déclins cognitifs, leur prévention et la détection des éventuels troubles pathologiques. Valoriser la spécificité du travail d'aide auprès des personnes âgées, en incluant plus qu'aujourd'hui la psychologie et la cognition dans les formations, favoriserait l'attractivité de ces emplois, guettés par la pénurie de main d'œuvre qualifiée. Enfin, il s'agit de lutter contre l'isolement et le confinement au domicile, en considérant notamment l'apport potentiel des technologies de l'information et de la communication ».

www.strategie.gouv.fr. Centre d’analyse stratégique. Note de veille n°179. Sauneron S. Le vieillissement cognitif, un enjeu pour les politiques publiques. Cognition, promotion de l’emploi des seniors et bien vieillir. Juin 2010.

Risque dépendance : une réforme avant fin 2010

Promise par le président de la République, la réforme de la dépendance sera votée avant fin 2010 et opérationnelle en 2011, a déclaré le Premier ministre François Fillon devant l’Assemblée des départements de France (ADF). Selon l’ADF, le déficit lié au versement par les départements des prestations de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), du revenu de solidarité active (RSA) et de la prestation compensatrice du handicap, atteindrait 5.5 milliards d’euros. Le Premier ministre a également annoncé la mise en place d’un groupe de travail sur les quarante suggestions du rapport du directeur général des services du Conseil général du Rhône Pierre Jamet.

AFP, 2 juin 2010. www.localtis.info, 2 juin 2010. www.agevillagepro.com, 17 mai 2010.

Austérité budgétaire

Dans le cadre de la conférence sur le déficit, le président de la République  a annoncé qu’il retenait la proposition du groupe de travail présidé par Gilles Carrez de geler en valeur les dotations versées aux collectivités territoriales, rappelant que « la France prendrait toutes les mesures nécessaires pour respecter la trajectoire de finances publiques notifiée dans le programme de stabilité fixant le déficit des administrations publiques à 6% du PIB en 2011 et 4.6% du PIB en 2010. Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé une baisse de 10% des dépenses publiques courantes entre 2011 et 2013, selon la lettre de cadrage du Premier ministre du 6 mai 2010. Cette baisse s’étend aux dépenses d’intervention, qui comprennent les allocations et prestations sociales 

www.gouvernement.fr, 6 mai 2010. www.agevillagepro.com, 26 mai 2010.

Risque dépendance : le financement (1)

Intervenant aux quatrièmes rencontres parlementaires sur la dépendance, le sénateur Philippe Marini, qui préside la mission commune d'information du Sénat sur la prise en charge de la dépendance et la création du cinquième risque, estime que le rapport de la mission de juillet 2008 présente des « perspectives raisonnables et tenables » : prestation solidaire pour les cas les plus lourds, prestations ouvertes avec gage sur patrimoine, étage assurantiel. Il plaide pour un redéploiement de moyens, notamment par la convergence budgétaire entre services qui accueillent des pathologies semblables et par la reconversion de lits de court séjour en places d’établissements pour personnes âgées dépendantes. Pascal Terrasse, président du Conseil général de l’Ardèche, plaide pour un renforcement de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), plutôt que pour un nouveau risque de sécurité sociale. Il propose de mettre au même niveau la contribution sociale généralisée (CSG) des actifs et celle des retraités, et de revoir les différentes exonérations fiscales, qui permettraient de rapporter entre six et dix milliards d’euros, alors que les départements ne demanderaient qu’un milliard d’euros. Pour Danièle Karniewicz, présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse et secrétaire nationale de la CFE-CGC, la question du panier de services et la prévention sont deux questions clés. Elle estime qu’il s’agit d’être solidaire à tous les âges de la vie, et que la solidarité familiale, qui est assurée par les femmes (pour leurs parents et beaux-parents) a des limites et doit être aidée. Le reste à charge reste important, même avec une rente assurantielle. La seule solution possible, selon elle, doit être largement mutualisée et obligatoire depuis le plus jeune âge, avec des compléments mutualistes voire assurantiels. La solution individuelle reste plus chère que la solution collective. La protection sociale doit avoir accès à un financement plus large, selon elle, faisant appel par exemple à un relèvement de la contribution sociale généralisée (CSG) ou à une TVA sociale. Pour Francis Idrac, président de la CNSA, « les leviers sont posés depuis longtemps : ils relèvent du choix politique ».

www.agevillagepro.com, 17 mai 2010.

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