Plan Maladies neurodégénératives 2014-2019 : déclinaison régionale

Une instruction donne le cadre de l’application du plan Maladies neurodégénératives (PMND) par les agences régionales de santé (ARS). Trente-deux mesures se déclinent sur le plan régional. Les ARS devront contribuer à la réflexion nationale, auprès de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM), en vue la création d’outils, notamment pour le soutien à la démarche diagnostique des maladies neurodégénératives. Les ARS devront réaliser un état des lieux régional partagé en analysant les données quantitatives et qualitatives disponibles dans six domaines : 1/ favoriser un diagnostic de qualité et éviter les situations d’errance ; 2/ renforcer la prévention et le rôle de la personne malade et de ses proches dans la gestion de la maladie, au travers de l’éducation thérapeutique ; 3/garantir l’accès à une prise en charge adaptée en tout point du territoire (parcours de soins de proximité, qualité et sécurité des soins, réponse aux besoins d’accompagnement à domicile et en établissement, accompagnement de la fin de vie) ; faciliter la vie avec la maladie ; soutenir les proches aidants ; faire des droits de la personne et de la réflexion éthique un levier de la conduite du changement. Des modifications des cahiers des charges seront effectuées, notamment pour les centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR), les unités cognitivo-comportementales (UCC) et les plateformes d’accompagnement et de répit devant être déployées. Des expérimentations concernant l’appui d’un psychologue au sein des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) seront conduites par des ARS volontaires. Les professionnels de santé seront dotés au cours de l’année d’outils révisés pour le développement de programmes d’éducation thérapeutique du patient, le repérage des risques ou l’aggravation de la perte d’autonomie des personnes âgées à domicile, le repérage et l’accompagnement des personnes atteintes de déficiences sensorielles dans les établissements pour personnes âgées. La formation continue des professionnels devra s’appuyer sur les centres experts, les associations de patients pour le développement d’outils et de supports pédagogiques, notamment numériques.

Soins gérontologie, juillet-août 2016.

Dépendance : la Cour des comptes préconise de cibler les aides vers les moins aisés

Mieux orienter les aides et privilégier l'hébergement collectif : ce sont les principales recommandations de la Cour des comptes dans un rapport sur le maintien à domicile des personnes âgées en perte d'autonomie. La proportion de personnes âgées de 80 ans et plus devrait doubler entre 2010 et 2060 en France et leur nombre atteindre alors 8.4 millions. Simultanément, le nombre de personnes dépendantes devrait aussi doubler pour atteindre 2.3 millions en 2060. La dépendance concerne 8% des personnes âgées de soixante ans et plus, et 63% des personnes âgées de plus de quatre-vingt-quinze ans. « La question des modalités de la prise en charge de la perte d'autonomie se posera de manière accrue, dans un contexte de ressources publiques limitées », prévient la Cour. Faut-il privilégier l’hébergement collectif ou l’aide à domicile ? Dans un « contexte de ressources financières limitées », la Cour souligne la nécessité de parfaire et de réorganiser le système de financement. Actuellement, quatre financeurs se partagent les coûts de prise en charge de la dépendance : la plus grosse contribution vient de la Sécurité sociale et des départements (respectivement 4.7 et 4.2 milliards d'euros), tandis que l'État et les ménages participent à hauteur de 0.3 et 0.9 milliard d'euros. Mais la Cour des comptes relève dans son rapport le manque de coordination entre les acteurs, qui rend l’offre de services souvent « illisible », gêne le recueil de données et l’estimation des coûts : « l’imprécision des informations » constitue « un obstacle important dans la construction de la politique de prise en charge des personnes âgées dépendantes ». Pour mieux cibler les aides, le rapport préconise notamment de tenir compte davantage des ressources des bénéficiaires dans l'attribution de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), en tenant compte des revenus des bénéficiaires afin de favoriser les plus démunis. En 2011, 16% des allocataires de l'APA à domicile (les moins aisés) n'ont rien payé pour leur prise en charge et 2% des bénéficiaires (les plus aisés) ont financé 90% du montant de leur plan d'aide. Dans sa dernière recommandation, pour « faire face aux besoins de financement futurs », la Cour incite à « moduler plus fortement l'APA. » Les magistrats de la Rue Cambon estiment qu’ « à long terme, la contribution des ménages au financement du maintien à domicile tendra à s'accroître plus rapidement que celle des pouvoirs publics. » Leur effort dans le financement du maintien à domicile grimperait de 0.9 milliard en 2011 à 3.1 milliards en 2060. D'où la nécessité de recentrer les aides publiques sur ceux dont les revenus sont les plus faibles, puisqu'une pression de plus en plus forte va s'exercer sur la sphère familiale. Les dépenses totales du maintien à domicile passeraient de 10 à 17.3 milliards d’euros par an d'ici cinquante ans, selon les projections de la Cour. Si le maintien à domicile doit être privilégié, au cas par cas, il « n'est pas, en toute circonstance, la solution optimale, en termes économiques ou de situations individuelles ».

Les Échos, 15 juillet 2016. La Croix, 12 juillet 2016. Cour des comptes. Le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie. Une organisation à améliorer, des aides à mieux cibler. Rapport public thématique. 198 p. Juillet 2016. www.ccomptes.fr/content/download/93293/2174522/version/2/file/20160712-maintien-domicile-personnes-agees.pdf (texte intégral).

Gérond’if : le nouveau gérontopôle d’Ile-de-France

Fondé par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), la Fédération hospitalière de France (FHF), la FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs), l’URIOPSS (Union régionale interfédérale des organismes privés sanitaires et sociaux) et la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, Gérond’if va fédérer les acteurs intervenant dans les champs de la gériatrie et de la gérontologie en Ile-de-France afin d’y « promouvoir et dynamiser la recherche, l’innovation et la formation dans l'accompagnement des personnes âgées, prévention des conséquences du vieillissement, maintien de l’autonomie. » Présidé par le Pr Olivier Hanon, chef de service de gérontologie à l’hôpital Broca de Paris, le Gérond’if veut créer une communauté régionale de professionnels (médicaux, médico-sociaux, sociaux) de la gériatrie et la gérontologie. Il est financé aujourd'hui en grande partie par l’Agence régionale de la santé (ARS Ile-de-France) et les membres fondateurs, notamment l’AP-HP. « Il va faciliter le transfert de la recherche et des progrès réalisés dans le domaine de la gérontechnologie vers le soin, le secteur médico-social, la médecine de ville et les services à domicile. Gérond’if doit également contribuer à évaluer du point de vue médico-économique, mais aussi de celui des sciences humaines et sociales, les actions menées en matière de prévention, de soins, d’aide technique et de formation des professionnels de santé et médico-sociaux », indiquent ses fondateurs. Gérond'if travaille à l’élaboration d’un passeport de compétences gériatriques, à l’expérimentation de solutions ou de services gérontechnologiques, à l’étude de l’impact fonctionnel d’ateliers de prévention du bien vieillir, ou encore à l’évaluation du risque hémorragique chez des sujets très âgés traités par un nouvel anticoagulant oral. Les premiers membres actifs du gérontopôle sont l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), la Fédération du service aux particuliers (FESP), la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD), le Forum des Livings Labs, le groupement des caisses de retraite (Caisse nationale d’assurance vieillesse, Mutualité sociale agricole, régime social des indépendants) pour la Prévention retraite Ile-de-France (PRIF) et le réseau des acheteurs hospitaliers d’Ile-de-France (Resah-IDF).

www.agevillagepro.com, 9 août 2016.

Équipes spécialisées Alzheimer

« C’est l’une des mesures phares du plan Alzheimer 2008-2012 », estime Joël Jaouen, président de France Alzheimer et maladies apparentées. « Lors de ces quinze séances, l’aidant et son proche peuvent bénéficier d’un accompagnement personnalisé afin de leur donner des outils indispensables en termes d’information, de formation et d’éducation thérapeutique. Cela permet d’organiser la vie à domicile. C’est aussi un moyen pour les professionnels du sanitaire et du médico-social de travailler ensemble, de se connaître. Cependant, ce dispositif est trop ponctuel. Le dernier plan Maladies neurodégénératives veut multiplier les appels à projets autour de la perte d’autonomie. Or il ne faut pas tout mélanger : le handicap physique, ce n’est pas la maladie d’Alzheimer, et vice-versa. Il faut que chaque champ d’action soit propre aux pathologies des personnes. »

Doc’domicile, août-octobre 2016.

MAIA : le concept d’intégration reste mal compris

François Barrière est animateur du collectif des pilotes MAIA (à l’origine : « maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer » ; aujourd’hui « méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie »). Le plan Maladies neuro-dégénératives 2014-2019 souligne que le concept d’intégration des services, à la base du dispositif MAIA, « reste encore mal compris dans son périmètre, ses enjeux et sa portée ». François Barrière estime qu’aujourd’hui, « le service le mieux compris est la gestion de cas. La notion d’intégration des services a du mal à passer en France. » Selon, lui, « la chaîne de communication est très complexe, elle part des trois référents nationaux de la Caisse nationale de l’autonomie (CNSA) vers les référents de l’Agence régionale de santé (ARS) dans chaque région. Du fait de la croissance du nombre de MAIA, le pilotage opérationnel s’exerce généralement au niveau des directions territoriales des ARS. Notre objectif est de pouvoir informer le terrain plus facilement, être le plus transparent possible par rapport à ce qui se passe à l’échelle nationale. » Que recouvre, alors, cette notion d’intégration ? « La coordination constitue le premier niveau de l’intégration, mais il faut aller bien plus loin. L’intégration, ou peu importe comment on l’appelle, ce que ça deviendra dans l’avenir, a pour vocation de nous permettre de travailler ensemble, de parler un langage commun pour arriver à notre objectif, qui est le meilleur maintien à domicile possible pour les personnes âgées dépendantes. Travailler ensemble peut être compliqué, mais c’est la seule solution, et les acteurs de terrains s’en rendent parfaitement compte. Les nouveaux outils, comme le RAI [Resident Assessment Instrument, outil d’évaluation multidimensionnelle des situations complexes]ou le dossier médical partagé, vont nous aider à y parvenir. »

www.agevillagepro.com, 11 juillet 2015.

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