Haute Autorité de santé : appel à l’expérience des patients pour l’évaluation des produits de santé

« Les patients disposent d’un savoir spécifique sur leur maladie. L'expérience sur le vécu de la maladie, les traitements existants, les parcours de soins, les besoins, enrichit l’évaluation des produits de santé », écrit la Haute Autorité de santé (HAS), qui évalue l'efficacité et l'efficience des produits de santé pour leur accès ou maintien au remboursement par l'assurance maladie. La HAS « souhaite désormais pouvoir prendre en compte plus systématiquement le point de vue des patients dans ses évaluations d’accès ou de maintien au remboursement des médicaments et des dispositifs médicaux ». Elle appelle les associations de patients à transmettre des informations qui vous paraissent utiles à porter à la connaissance des commissions de la HAS chargées de l’évaluation des produits de santé. Les contributions concernent les médicaments et les dispositifs médicaux pour lesquels une évaluation est planifiée, en inscription initiale ou en réévaluation. Seules les « procédures d’instruction complète » sont visées, c’est-à-dire les évaluations approfondies, qui peuvent porter sur un nouveau médicament, une nouvelle indication d’un médicament déjà pris en charge ou le réexamen d’un produit déjà disponible. Pour les dispositifs médicaux, seuls les dispositifs inscrits sous « nom de marque » sont concernés, c'est à dire les produits qui présentent un caractère innovant ou qui peuvent avoir un impact sur les dépenses de santé publique.

Indicateurs médico-économiques

Les autorités de tarification vont faire davantage appel aux compétences des professionnels de santé, explique Annie de Vivie, d’Agevillage. « Les médecins, médecins coordonnateurs, infirmières, infirmières coordinatrices, aides-soignantes, vont être de plus en plus sollicités pour suivre et limiter les impacts médico-économiques des prises en soins et favoriser une meilleure qualité de vie des personnes fragilisées et une meilleure qualité de vie au travail. Avant la généralisation de la réforme de la tarification à domicile, toujours en expérimentation, la nouvelle tarification pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes va allouer les crédits selon plusieurs indicateurs pilotés principalement par les médecins coordonnateurs et infirmières coordinatrices. C’est à eux, avec le soutien des professionnels libéraux, des aides-soignantes, des aides médico-psychologiques…, que reviendra la tâche de justifier de l’autonomie, du besoin en soin de chaque résident avec le suivi régulier de grilles d’analyses. Tout nouveau projet d’accueil, de rénovation, de prévention, devra être objectivé et suivi via des indicateurs « de performance » de l’ANAP (Agence nationale d’appui à la performance).

www.agevillagepro.com, 28 novembre 2016.

Handicap physique et maladie d’Alzheimer : quel rapport ?

Joël Jaouen, président de France Alzheimer et maladies apparentées, regrette que le plan Maladies neurodégénératives (PMND) s’oriente vers une multiplication des appels à projet autour de la perte d’autonomie, précisant qu’il ne faut pas mélanger handicap physique et maladie d’Alzheimer. Joël Ankri, chef de service du centre de gérontologie à l’hôpital Sainte-Périne (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) répond : « il est également important de considérer que l’ensemble de ces pathologies neurodégénératives entraînent tôt ou tard des conséquences identiques en terme de perte d’autonomie fonctionnelle, qui appellent des solutions similaires. Il n’est pas question de mélanger mais de prendre en compte des maladies qui ont des points communs tant au niveau de leur substrat biologique (protéinopathie) qu’au niveau de leurs conséquences dans les actes de la vie quotidienne.

Doc’Alzheimer, octobre-décembre 2016.

Oui, il existe des pertes d’autonomie évitables (1)

« La loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 valorise la prévention : c’est une loi "autonomie" et non "dépendance", rappelle le Dr Jean-Pierre Aquino, de l’Hôpital de la Porte verte à Versailles. « La conception de la préservation de l’autonomie et de la prévention des incapacités est volontairement abordée sous l’angle sanitaire, mais aussi en intégrant dans ses réalisations l’habitat, l’urbanisme et les transports. Il faut que les professionnels se saisissent de ce texte pour impulser une dynamique de progrès et probablement, à terme, faire évoluer favorablement les représentations du vieillissement. » Dans chaque département, une conférence établit un diagnostic des besoins des personnes âgées de soixante ans et plus, recense les initiatives locales et définit un programme coordonné de financement des actions individuelles et collectives de prévention. Ces financements alloués interviennent en complément des prestations légales et réglementaires. Ce dispositif s’inscrit dans un cadre général de politique de prévention de la perte d’autonomie. « L’inventaire de l’existant est une étape déterminante », souligne Jean-Pierre Aquino. Il convient de rechercher toutes les actions qui, directement ou indirectement, sont contributives. Ainsi, par exemple, certains contrats locaux de santé proposent une démarche préventive au sein d’une action plus générale. Quelle est la cohérence de l’ensemble des programmes en place dans un département ? Quel est le maillage organisé ? des évaluations ont-elles été conduites et a-t-on tiré les enseignements qui s’imposent ? »

Aquino J. Oui, il existe des pertes d’autonomie évitables. Rev Gériatr 2016 ; 41(8) : 451.

Oui, il existe des pertes d’autonomie évitables (2)

 « Il faut que chaque département définisse une stratégie globale et n’utilise pas les financements apportés par la loi pour "saupoudrer" ou pour compléter des initiatives existantes », poursuit Jean-Pierre Aquino. C’est la possibilité d’un véritable travail sur le fond visant à éviter les doublons, écartant les actions dont l’évaluation n’aurait pas été satisfaisante, bref de revoir complètement la stratégie départementale. La structuration de véritables parcours de prévention s’impose, en développant des actions collectives privilégiant les actions pluri-thématiques ; L’évaluation des actions conduites doit être systématique. S’il est vrai que dans le champ sanitaire l’habitude est acquise, dans le domaine médico-social la pratique n’est pas encore totalement répandue.

Aquino J. Oui, il existe des pertes d’autonomie évitables. Rev Gériatr 2016 ; 41(8) : 451.

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