Plan mondial de réponse de santé publique à la démence 2017-2025

Le Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé que le rapport pour un Plan mondial de réponse de santé publique à la démence 2017-2025 soit discuté par tous les États membres à la 70ème Assemblée mondiale de la santé en mai 2017. Ce plan invite tout d’abord les pays à développer un plan Alzheimer national, et notamment les pays ayant peu de ressources et ayant besoin d’un soutien de l’OMS. Une seconde partie du plan est consacrée à la sensibilisation à la démence, notamment pour permettre la détection et le diagnostic précoces.

Alzheimer’s Disease International. Global Perspective, mars 2017.

www.alz.co.uk/sites/default/files/pdfs/global-perspective-march-2017.pdf.

World Health Organization. Executive Board. 140th session. Draft global action plan on the public health response to dementia. Report to the Director-General. 23 décembre 2016. http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/EB140/B140_28-en.pdf?ua=1(texte intégral).

La démence comme handicap : Réhabilitation 2030

« La réhabilitation est un domaine de travail important pour de nombreuses maladies, et joue un rôle clé en chirurgie ou dans les soins hospitaliers. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a organisé une conférence intitulée Réhabilitation 2030 : appel à action. Kate Swaffer, malade jeune australienne et présidente de Dementia Alliance International, y a déclaré : « Alors que la communauté de la recherche clinique sur la démence progresse vers un diagnostic en temps opportun, j’espère que nous nous habituerons à voir, chez des personnes vivant avec une démence, des capacités fonctionnelles beaucoup plus impoortantes, beaucoup plus longtemps qu’autrefois. Marc Wortmann, directeur général d’Alzheimer’s Disease International, tempère : « la communauté du handicap doit encore se faire à l’idée que la démence constitue une forme sévère de handicap, et qu’avec une approche adaptée, il est possible de vivre bien et de façon autonome avec une démence. »

Alzheimer’s Disease International. Global Perspective, mars 2017.

Vieux continent

« L’Europe n’est pas surnommée le "Vieux continent" sans raison, rappellent Anna Métral et David Stokkink, du groupe de réflexion et d’action européen (think and do tank) Pour la solidarité. « Alors que la France et la Belgique ont mis en place une politique mixte, l’Allemagne se concentre sur une politique familialiste visant à encourager les proches à s’arrêter de travailler pour s’occuper d’un proche dépendant. Les aidants proches sont en très forte majorité de femmes (90% des aidants en Allemagne). C’est encore une fois les femmes qui sont prioritairement dirigées vers le foyer quand le besoin s’en fait sentir. Paradoxalement, c’est donc le pays dont la population est la plus vieillissante qui choisit de ne pas miser sur des services à la personne, professionnels et de qualité, synonyme de création d’emplois, de conditions de travail garanties et d’un salaire décent ». En France et en Belgique, « la montée de mouvements populistes et conservateurs dans les sphères politiques influence ce secteur vers une politique de plus en plus familialiste en insistant sur les rôles sociaux de sexe. Les discours militent pour une sortie des femmes du marché du travail et un retour au foyer, une ligne politique qui n’incitera donc pas à tenter à concilier rôle d'aidant et emploi. À l’inverse, les entreprises semblent s’impliquer de plus en plus dans la mise en place de mesures de conciliation pour les aidants. Inclus dans leur stratégie de responsabilité sociale des entreprises (RSE), les dispositifs destinés initialement aux seuls parents s’élargissent petit à petit aux aidants proches assistant une personne dépendante. La nécessité pour certains employés d’avoir du temps pour s’occuper d’un proche est prise en compte en les encourageant néanmoins à rester en emploi. Quelques mesures apparaissent ainsi pour soutenir les aidants proches. Si nous devons encourager l’indépendance financière et le maintien des droits sociaux pour ces personnes, il convient, en parallèle, de militer pour une meilleure accessibilité des services professionnels afin que la fonction d'aidant reste un choix. » De manière générale, « l’Union européenne ne bénéficie pas d’une politique commune sur le sujet. Il manque une harmonisation européenne qui garantirait un secteur des services à la personne efficace, accessible et délivrant des soins de qualité. Une garantie créatrice d’emplois associant droits sociaux et rémunération, qui miserait sur le futur d’une Europe où les personnes dépendantes seront de plus en plus nombreuses. »

Métral A et Stokkink D. Être aidant-e. Entre solidarité choisie et précarité subie. Notes d’analyse Affaires sociales, mars 2017 (texte intégral).

www.pourlasolidarite.eu/sites/default/files/publications/files/na-2017-aidants-proches.pdf.

Chine : le modèle français

Le second Forum de Lujiazui (le quartier des affaires de Shanghaï) sur le secteur des soins aux personnes âgées s’est tenu mi-mars 2017, à l’initiative de la société d’investissement communautaire pour la solidarité (Xian Yi) de Pékin, et la société de technologie informatique Yi Xun de Huizhou, sous la présidence de Wu Dan Xing, présidente de la Faculté de formation en travail social de l’Université ouverte de Chine. L’événement a réuni six cents personnes, dont « l’un des plus grands opérateurs de services des soins aux personnes âgées en Europe, le groupe Orpéa. », écrit Huang Jin Jin, du Shanghai Yanglao. Zhang Nai Zi, ex-président de troisième Institut du bien-être social à Shanghaï, a expliqué que « la prise en charge complète et médicalisée est un facteur clé de succès dans le secteur chinois des soins aux personnes âgées, notamment chez des personnes âgées en perte d’autonomie. » Pour Robert Arsenault, vice-président de Meridian Senior Living, « la chaîne des maisons de retraite de haut de gamme doit connaître le modèle d’opération des différents services (prestations d’hébergement, accompagnement au quotidien et prise en charge des personnes âgées en perte de mémoire), offrir une formation continue des équipes en vue d’assurer haut niveau de qualité des services. Le but n’est pas simplement de maximiser le profit, mais aussi de protéger l’image de marque. » Enfin, Nathaniel Farouz, directeur général d’Orpéa Chine, a présenté « l’adaptation à la Chine du modèle de prise en charge français ». Il a précisé les engagements de son groupe envers les résidents : « sollicitude, respect, indépendance, individualisation, maintien des liens entre les résidents et leurs proches ». Orpéa Chine poursuit activement son adaptation au marché local en matière de soins, de restauration, du service hôtelier, du service administratif, de la formation des équipes.  La marge étant assez faible dans le secteur des soins aux personnes âgées, le groupe met en avant la gestion stratégique des coûts, l’équilibre entre l’individualisation et la standardisation de la prise en charge.

www.shanghaiyanglao.com/Detail/detail/id/11600, 15 mars 2017 (site en chinois). Veille en chinois et traduction bénévole de JinJin Huang.

Nouvelles têtes

Paola Barbarino a été nommée directrice générale d’Alzheimer’s Disease International. Consultante en stratégie, elle a notamment été directrice générale de LIFE, une association regroupant des financiers de la diaspora libanaise ; directrice du développement et des relations extérieures de la Cass Business School de Londres ; administratrice de lieux culturels ; administratrice de l’association britannique Shelter (hébergement de personnes sans domicile fixe). Après une formation classique à l’Université de Naples, elle a obtenu une double maîtrise en archéologie et en sciences de la documentation à l’University College de Londres. Elle parle cinq langues.

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