Solidarité pour l’autonomie : concilier droit commun et réponses personnalisées (3)

Alain Cordier, président de la CNSA de 2005 à 2009, invite l’organisation à « toujours prendre le chemin de penser et d’agir autrement, parce que la perte d’autonomie, comme la souffrance et la maladie, remet en cause tout ordre établi. Avoir envie d’être "subversif" ! Pour franchir toutes les formes de frontières qui séparent, là où il nous faut considérer le soin et le prendre-soin comme un seul soin, et chercher à ce que les compétences se coordonnent toujours mieux pour réduire les ruptures dans les parcours de vie. Pour concilier droit commun et réponses personnalisées, parce que, si le droit commun passe par l’équité, il s’exprime tout autant par des réponses personnalisées et non par des droits spécifiques. Pour porter haut le partage des convictions et la convergence des énergies, grâce à un croisement des expériences, à l’identification précise des divergences et à la reconnaissance affirmée de chaque point de vue. Pour assurer la réussite à la fois d’une gestion de proximité et d’un État stratège, par une assistance à la maîtrise d’ouvrage nationale et un appui à la maîtrise d’œuvre de proximité. C’est par cet autrement-là d’une politique publique que se verra un peu mieux le visage d’humanité de notre société, comme un éveil des consciences et un petit coin de ciel bleu pour beaucoup. »

Solidarité pour l’autonomie : la recherche pluridisciplinaire (1)

La politique de recherche et d’innovation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie s’est traduite par le soutien à 560 projets, dont 221 dans le cadre d’appels à projets, pour un montant total de 65.1 millions d’euros entre 2006 et 2014. Une soixantaine de projets sont en cours (hors appels à projets), et trois Rencontres scientifiques ont été organisées : « évaluer pour accompagner », aide à l’autonomie et parcours de vie » et « être proche aidant aujourd’hui. » L’économiste Marie-Ève Joël, professeur à l’Université Paris-Dauphine et présidente du conseil scientifique de la CNSA, se souvient : « Le premier Conseil scientifique a été le témoin de la richesse des initiatives liées à la création de la CNSA. Les travaux du Conseil sont pluridisciplinaires et croisent les approches juridique, sociologique, économique… L’identification des sujets spécifiques sur lesquels le Conseil pouvait mettre en œuvre son expertise et sa démarche multidisciplinaire s’est précisée pas à pas. Nous avons ensuite clarifié la procédure de sélection des projets de recherche. Il fallait trouver le bon équilibre pour assurer un niveau scientifique suffisant aux travaux effectués, tenir compte des expériences de terrain et articuler recherche et analyse. La réflexion porte actuellement sur les actions innovantes. »

Solidarité pour l’autonomie : la recherche pluridisciplinaire (2)

Pour le sociologue Jean-Yves Barreyre, vice-président du Conseil scientifique de la CNSA, directeur du Centre d’études, de documentation et d’action sociale (CÉDIAS), et responsable du pôle études recherches et observation (PERO) de l’Association nationale des centres régionaux d’études, d’action et d’information (ANCREAI) en faveur des personnes en situation de vulnérabilité, « la CNSA a construit une nouvelle manière de travailler avec les territoires. Elle s’est déplacée pour écouter les initiatives du terrain. Elle a pris l’habitude de repérer les sources d’expertise (les chercheurs, mais aussi les professionnels et les personnes elles-mêmes). Il fallait ouvrir cette fenêtre pour ensuite accéder à la connaissance. Elle a également participé à l’organisation de la recherche sur le vieillissement et sur le handicap en s’appuyant sur l’Institut de recherche de santé publique (IRESP), la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et l’Observatoire national sur la formation, la recherche et l’innovation sur le handicap (ONFRIH) pour construire un domaine quasiment vierge. Ces travaux portent leurs fruits, puisque certains laboratoires investissent à présent la question. » Jean-Yves Barreyre appelle la CNSA à aller encore plus loin, « en construisant un domaine de recherche plus global sur les questions de santé liées à l’avancée en âge ou aux maladies chroniques et en coordonnant les recherches françaises avec celles de laboratoires étrangers validés », en réalisant des analyses médico-économiques, et en travaillant avec d’autres agences, notamment sur les diagnostics territoriaux partagés et les systèmes d’information.

Les systèmes d’information du médico-social : un chantier de dix ans

Pour Luc Allaire, directeur de la CNSA de 2011 à 2014, « les systèmes d’information du secteur médico-social présentent à ce jour un triple handicap : fragmentation forte des acteurs institutionnels ; absence jusqu’à présent de normes d’interopérabilité ; taille insuffisante des équipes de maîtrise d’ouvrage. Ces handicaps s’expliquent bien sûr pour partie par la cristallisation très récente, au niveau national, du secteur médico-social. La mise en place − qui ne peut être que progressive : c’est un chantier de l’ordre de dix années − d’un système d’information médico-social est un chantier stratégique, en termes de connaissance médico-économique, d’accès à l’information pour les usagers et d’instrument de programmation pour les pouvoirs publics (réduction des inadéquations et des inégalités territoriales, création de places...). »

Projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement : calendrier

Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’enfance, des personnes âgées et de l’autonomie, a indiqué que le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement entrerait en vigueur au 1er janvier 2016.

Les Echos, 29 juin 2016.

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