Architecture pour personnes désorientées

A Bréviandes (Aube), Le Médou, une unité autonome pour quatorze résidents permanents, disposant d’une place d’accueil en urgence et de cinq places d’accueil de jour, a été construite en mars 2006 avec l’objectif d’offrir aux résidents une qualité de vie optimale. Les plans ont été dessinés à partir du projet de vie des résidents, de voyages d’étude internationaux (Québec, Irlande) et de réunions de concertation. Autour d’une grande pièce à vivre, deux couloirs larges et peu profonds desservent chacun sept chambres. Toutes ont une porte-fenêtre ouvrant sur un jardin clôturé à hauteur de 1.30 m, pour voir et être vu de l’extérieur. Chaque ouverture est équipée d’un boîtier d’alerte émettant un signal sonore et lumineux à destination du personnel. Les résidents peuvent déambuler sans se perdre, se promener sur un parcours de motricité conçu avec une ergothérapeute. Les portes des chambres sont bicolores, celles du personnel se confondent avec la couleur du couloir pour ne pas susciter l’envie de les ouvrir. Parquet ciré, bar en zinc, vaisselier et tables bistrot évoquent quelques souvenirs. Pour atténuer les angoisses, un équipement d’éclairage reproduisant la lumière du jour et un espace de relaxation avec balnéothérapie et table de massage chauffante. On ne donne plus de psychotropes la nuit. L’investissement de deux millions d’euros a été cofinancé par un prêt locatif social, un prêt bancaire, un prêt sans intérêt de la CRAM, la réservation de sept lits par des caisses de retraite et mutuelles, et les fonds propres de l’association. Le prix de journée est de soixante dix-huit euros. Un résident sur cinq a recours à l’aide sociale. L’établissement a remporté le premier prix du concours organisé sous l’égide de la Fédération hospitalière de France en 2007, récompensant la meilleure réalisation architecturale adaptée aux besoins des personnes accueillies. Directions , novembre 2007.

Education à la santé

Le service de soins infirmiers à domicile géré par la Mutualité Retraite a souhaité préparer les aidants à la dégradation inéluctable de leur parent. Les fiches pratiques « Georges ne veut pas se laver », « Gilberte n’ose pas avouer qu’elle ne sait plus où sont les toilettes » sont empruntées à Edu-Santé, le service de prévention de la Mutualité française. Le programme comprend quatre séances de groupe. Marie-Thérèse, commerçante retraitée qui participe aux formations, a tout vécu : la privation de sommeil, quand il faut nettoyer le parquet plusieurs fois dans la nuit parce que Jean n’a pas eu le temps d’atteindre les toilettes ; la peur de prendre un coup, comme l’aide-soignante que ce colosse a saisie un jour à la gorge ; l’humiliation, quand il se mouche dans sa serviette de table devant tout le monde. Marie-Thérèse voudrait éviter aux autres participants du groupe ses propres erreurs. Alors, elle les encourage à se ménager, par exemple en inscrivant leur parent en accueil de jour le plus tôt possible. www.lexpress.fr , 31 octobre 2007.

Diagnostic pluridisciplinaire

A Saint-Amand-en-Puisaye, dans le Nivernais (mille quatre cents habitants), trois généralistes de la maison de santé et une quinzaine de professionnels se sont organisés de façon pragmatique pour répondre aux besoins des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leurs familles. 
Les signaux d’alerte peuvent venir des professionnels, mais aussi des personnes qui s’inquiètent de troubles de la mémoire, de leur famille ou des chauffeurs de taxi qui travaillent avec la maison de santé. Une consultation mémoire d’une demi-heure avec deux tests simples permet la détection des troubles cognitifs. Si les tests sont positifs, les généralistes adressent la personne au neuropsychologue après un bilan initial avec le gérontologue, qui habite à vingt kilomètres. Quant au neurologue, son cabinet est à cent quarante kilomètres, avec un délai d’attente de six mois. Scénario classique en milieu rural. Mais ces spécialistes se déplacent une fois par mois à la maison de santé de Saint Amand. Sur dix mille personnes vues à la maison de santé, environ deux cents sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le généraliste , 26 octobre 2007.

Danser pour développer les capacités

Najat Saïs aide-soignante à la maison de retraite de la congrégation des petites s�urs de l’Assomption (Paris), a créé un atelier de danse orientale pour les résidentes, dont plusieurs sont atteintes de la maladie d’Alzheimer : des huit dessinés avec les hanches, des tremblements du bassin. Pour une fois, elles laissent leur canne de côté. Une résidente qui n’avait pas marché depuis cinq ans s’est levée de son fauteuil roulant. Les personnes atteintes d la maladie d’Alzheimer se souviennent presque toujours de la date de l’atelier. Le kinésithérapeute, qui a filmé ce travail, s’est aperçu que des pensionnaires atteintes de trouble de l’équilibre ou marchant difficilement faisaient sans souffrance, des mouvements qu’elles ne faisaient pas avec lui. Ce projet a obtenu un prix Initiatives locales de la Fondation Médéric Alzheimer. www.lexpress.fr , 15 novembre 2007.

Télescopages

L’association Télescopages fête le 29 novembre 2007 ses cinq années d’activité autour d’une projection-débat sur le thème : « inventer une nouvelle philosophie de vie » en présence de Jean-Luc Raynaud, réalisateur du film l’Art de vieillir (prix du meilleur documentaire au festival des films du monde 2006 de Montréal) et de Thérèse Clerc, de La Maison des Babayagas (lieu de vie autogéré en construction à Montreuil), suivie d’une soirée-débat autour du thème « imaginer son habitat, quand l’âge avance » avec la participation de Guy Sudre, consultant en gérontologie et handicap. riguidl@club-internet.fr , 12 novembre 2007.

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