Un peu de répit

À Metz, l’orthophoniste Annette Prochasson a aménagé Alz’Apart, un appartement de répit pour les aidants de personnes atteintes de troubles cognitifs, et les personnes malades elles-mêmes. « Les aidants peuvent venir seuls. Ils bénéficient d’une formation, d’informations, qui peuvent soulager leur quotidien et répondre à leur questionnement face à l’évolution de la maladie. » Les orthophonistes proposent des jeux, du théâtre, des activités cognitives. « L’intérêt, c’est une prise en charge des malades et de leur famille afin de ralentir le processus de dégradation par un maintien de la communication, et de les maintenir le plus longtemps à leur domicile », explique Annette Prochasson. « Personne ne vous aide, ajoute Marie-Christine Centi, qui s’occupe de sa mère depuis 2010. L’entourage vous laisse tomber et personne ne demande jamais comment vous allez. L’aidant est très sollicité mais pas reconnu. » Ici, les aidants bénéficient d’un soutien, physique et psychologique. « Tout le monde est à la même enseigne, partage les mêmes évolutions de la maladie. Ici, on peut lâcher ses émotions. On apprend comment se comporter face à des personnes qui oublient, qui refusent de manger. »  Les interventions sont assurées par trois orthophonistes bénévoles qui ferment leur cabinet pour assurer des permanences. L’appartement a été mis à disposition par Metz Habitat Territoire. Les bénévoles ont obtenu des financements de mutuelles. Les familles financent également en versant une cotisation annuelle de 20 € et une participation de 7 € par après-midi.

Clowns référents

Au centre hospitalier de Gaillac (Tarn), Céline Daussy et Mikel Bureaux, de la troupe Têtes de Clowns, s'approchent d'une personne dans son fauteuil, en face-à-face, à distance d'abord, et cherchent à capter son regard par des sons, des gestes, des postures. Le contact ne s'établit pas, alors ils se rapprochent. Mikel mime une locomotive, Céline s'accroupit et risque une main sur le bras de la dame. Ils se rapprochent encore, lancent des bruits familiers ou insolites, un jappement de chien. Soudain, la dame reproduit le bruit, puis d'autres, la cadence s'accélère, le regard semble s'ouvrir. Le contact dure, fragile certes, mais bien réel. Les deux comparses continuent leur parcours vers d'autres résidents.  Les clowns viennent dans l’unité spécifique Alzheimer, pour des séances d'une heure et demie, en binôme, pendant trois mois, avec un clown référent que l'on retrouve toutes les semaines, et un autre qui tourne parmi les huit clowns de la troupe, avec un déguisement identique d'une semaine sur l'autre. Ce n'est pas un spectacle, même s'ils peuvent utiliser leur savoir-faire en jonglerie, chansons, ou acrobaties. « Nous ne cherchons pas à faire de l'animation, mais à entrer en communication. Notre objectif n'est pas de devenir des familiers, même si beaucoup de résidents nous reconnaissent, nous attendent quelquefois », expliquent les clowns.

Des tatouages pour Alzheimer, éphémères ou permanents

« Si t’es tattoo, t’es Pompidou et t’es Nice » : ce slogan résume la volonté de vulgariser à la fois la maladie d'Alzheimer, au cœur de la mission de l'institut Claude Pompidou et les jeunes générations, y compris à l'occasion de la Journée des aidants du 6 octobre 2017, rappelle France 3. Depuis cet été, des planches de tatouages éphémères représentent les emblèmes de la ville de Nice : l'aigle ou encore des palmiers, un bateau, une glace, ce qui représente pour les touristes la Côte-d'Azur. Ces tatouages sont vendus dans les offices du tourisme de la ville au bénéfice de la Fondation Claude-Pompidou. 40% des ventes sont reversés à la Fondation.

Au-delà des décalcomanies, certaines personnes décident que la cause Alzheimer mérite un tatouage permanent, porteur de sens pour elles, comme marqueur indélébile de leur engagement gravé sur leur propre corps. Myosotis, rubans pourpres, éléphants… Sur la banque d’images thématiques Pinterest, Pamela Bates présente 70 images de tatouages pour représenter la mémoire.

Déjeuner Sans fourchette

« Venez nombreux déguster un menu gastronomique sous forme de petites portions, des "bouchées" permettant la consommation avec les mains (entrée, plat, dessert) servies dans l’assiette. Tous les convives mangent avec leurs doigts, sans distinction des personnes malades de celles qui sont en bonne santé. » Ce menu gastronomique Sans Fourchette, le dix-septième du genre, a été servi à l’Hôtel Mercure Centre Vieux-Port de Marseille le 24 septembre 2017, pendant la Fête nationale de la gastronomie. Il a été composé par cinq chefs locaux de l'association Gourméditerranée, en partenariat avec l’association Mémoire & Santé. Cet évènement a reçu le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans le cadre de la conférence des financeurs. La citoyenneté est l’une des valeurs fondamentales de l’association Gourméditerranée, qui réunit soixante-dix chefs et artisans autour de son président Gérald Passedat, du restaurant Le Petit Nice à Marseille, triplement étoilé. Fabienne Verdureau, orthophoniste et neuropsychologue marseillaise, à l’origine de l’initiative Sans Fourchette, diffuse le concept à travers une approche pédagogique dans les écoles hôtelières (Verdureau F et al).

www.economie.gouv.fr/fete-gastronomie/dejeuner-sans-fourchetter, 20 septembre 2017. www.associationgourmediterranee.com, 20 septembre 2017. Verdureau F et al. Le « Sans fourchette® », l’intergénération au service de la convivialité. Neurol Psychiatr Gériatr 2015 ; 15 : 50-54. Février 2015. www.em-consulte.com/article/928048/le-%C2%A0sans-fourchette-r-%C2%A0-l-intergeneration-au-servi. www.youtube.com/watch?v=DKo1I8HAPEs (vidéo). www.memoireetsante.com/timeline/.

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