Coordination hôpital-domicile : qui finance ?

Le CLIC (centre local d'information et de coordination) du Pays champenois (soixante-sept communes, 60 767 habitants dont 28.4% âgés de plus de soixante ans), a mis en place des antennes dans les établissements publics et privés de son territoire. L’action a été portée par l’association Entour’Age « Bien vieillir en Champagne ». Le public et l’entourage sont très satisfaits d’avoir un interlocuteur en interne, qui les accompagne dans l’ensemble des démarches, tout en respectant le projet de vie. La continuité de l’accompagnement à domicile est très appréciée, ce qui permet d’éviter les multiples évaluations et de fluidifier le parcours et le partage d’information. Mais avec quel financement ? Le Conseil départemental a accepté l’attribution d’un mi-temps coordonnateur CLIC pour assurer l’accompagnement à la sortie d’hospitalisation, considérant que le financement des antennes CLIC au sein des établissements relevait de la compétence de l’Agence régionale de la santé (ARS). L’ARS a validé la démarche, mais sans possibilité de financement, partant du principe que la compétence des CLIC revient de droit au Conseil départemental.

ANC.CLIC. Parcours coopération / Association Entour’Age "Bien vieillir en Champagne". Antennes CLIC dans les établissements hospitaliers publics et privés, 28 novembre 2016. https://ancclic.fr/FichesBPI/160224-ficheBPICLICPayschampenois1.pdf.

Consultation audiovisuelle pour les aidants

L’Association Alzheimer de Cleveland (Ohio, Etats-Unis), ayant constaté que le manque de temps des médecins ou le manque de personnel des deux centres mémoire ne permettent pas d’assurer l’éducation thérapeutique des nouveaux patients diagnostiqués et de leurs aidants, teste le concept d’une consultation audiovisuelle à distance (Alz i-Connect) permettant au personnel du centre d’évaluation de mettre instantanément les familles avec les services gratuits de soutien proposés par l’association.

Tousi B et al. ALZ i-Connect: A Novel Audiovisual Care Consultation for Caregivers. Am J Alzheimers Dis Other Demen, 28 novembre 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27899432.

Service civique

Le service Fontaines rondes de la maison départementale de retraite d’Auxerre, qui héberge trente-neuf résidents de personnes dépendantes atteintes de troubles cognitifs, a décidé de faire appel à un volontaire du service civique pour « créer du lien social entre les résidents du service par le biais d'activités ciblées, adaptées aux moments et aux personnes, en lien avec les proches et familles qui peuvent être associés, sur la deuxième partie de journée de 14h30 à 19h30, au cœur du service. »

Troubles du comportement : impact de la méthode Carpe Diem

À l'EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) La Mémoire des ailes à Marcheprime (Gironde), huit résidents sur dix sont atteints de pathologies neurodégénératives. Différents "troubles du comportement" épuisaient les soignants. Le personnel a été formé à l’approche Carpe Diem, développée par la Québécoise Nicole Poirier. Une analyse approfondie de ces situations critiques assortie d'une vision positive des capacités des personnes accueillies a changé la donne. Les équipes pluridisciplinaires, emmenées par la direction, le médecin coordonnateur, l'infirmière référente, analysent maintenant chaque situation complexe avec la méthodologie enseignée. Les différentes causes possibles sont explorées sans tabous tout comme les attentes, besoins, difficultés, douleurs... Une ou plusieurs solutions sont ensuite proposées, testées puis évaluées. Le médecin coordonnateur est aussi le médecin traitant des résidents. Il a étudié l'impact des formations Carpe Diem sur le comportement de vingt-huit résidents des unités protégées (la moitié des résidents de l’établissement) avec l'échelle NPI-ES (inventaire neuropsychiatrique, version pour équipe soignante). Il estime que ces formations « permettent le partage d'une même vision, l'acquisition de compétences, des capacités d'agir avec constance, de manière cohérente, de créer un climat agréable, de développer un partenariat avec les familles et d'accompagner en respectant un certaine "démocratie", où chaque professionnel participe aux décisions quant à l'accompagnement des personnes qui présentent des troubles du comportement. Il constate une nette amélioration du score neuropsychiatrique (de 23.7 avant la formation des professionnels à 9.6 après la formation), concernant l’agitation, l’agressivité, l’apathie, l’irritabilité, les troubles du sommeil, le comportement alimentaire et l’euphorie. Le retentissement sur les professionnels est lui aussi fortement amélioré. « Ce travail original ne répond certes pas aux exigences d'une étude scientifique mais il témoigne de résidents mieux pris en soin, de professionnels soignants plus à l’aise », et d'une démarche portée par la direction dans un EHPAD accueillant des résidents aux pathologies lourdes, écrit Annie de Vivie, d’Agevillage.

www.agevillagepro.com, 12 décembre 2016.

Garde à demeure

Il y a plusieurs années, l’Aagda (Association d’aide et de garde à domicile pour personnes âgées ou handicapées de l’Aisne à Soissons) avait lancé un nouveau service : la garde à demeure. « Nous étions précurseur à l’époque », se souvient le directeur général Dominique Villa. « C’était aussi un service complémentaire des autres prestations que nous proposions. » Une sorte de baluchonnage, qui a trouvé dans un premier temps son public. « Mais malheureusement, nous avons perçu des limites liées à des contraintes juridiques et budgétaires. C’est pourquoi, maintenant, en raison de ces différentes contraintes, nous ne le proposons plus que dans le cadre d’un mandat. De fait, il y a moins de demandes qu’avant, car les familles ont de nombreuses démarches à effectuer. Avec le recul, il faudrait peut-être revenir à un mode prestataire, mais en organisant ce service autrement.

Doc’Alzheimer, octobre-décembre 2016.

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