Tuteur de résilience, forçat de solitude

Vivre et revivre une forme d'absurdité pour la comprendre, résume Hubert Orione, du Télégramme : Animateur à l'EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) Avel ar Mor, de l'hôpital de Concarneau, Xavier Fabre s'est lancé le défi de traverser l'Atlantique en ramant. Ce qu'il cherche, c'est « éprouver durant des jours et des jours, cette solitude que vivent les malades d'Alzheimer au quotidien ». En ramant, il avancera en tournant le dos à sa route sans savoir précisément où il va : « Comme ces malades parfois complètement désorientés ». Il souhaite rallier les Antilles depuis Tenerife (Canaries) selon une ligne zigzagante de 3 000 milles (5 500 km), selon les vents et les courants, en 90 jours, ce qui implique de ramer plus de dix heures par jour. Sur la coque de sa yole Carpe Diem, il a écrit une centaine de prénoms, ceux des personnes malades d'Alzheimer dont il s’occupe ou qu’il a connues : des prénoms évocateurs de visages pour le ramener à l'essence même de ce voyage. « Durant mon travail, je suis leur tuteur de résilience en les aidant à trouver la petite lumière qui les fait avancer. Là on inverse les rôles. Quand j'aurais un coup de mou, je penserai à eux. Et c'est eux qui m'aideront à avancer. Il faut vivre la solitude pour la comprendre et il y a de très fortes similitudes entre ma traversée en solitaire à la rame et la solitude des malades ». Il enchaînera mécaniquement des coups de rames ad nauseam, se fera ballotter d'un côté et de l'autre dans le vide constant d'un océan sans point d'horizon : « Je vais vivre cette expérience de rupture avec le monde, la perte des repères et sans doute des souffrances psychologiques et physiques ». Il sera suivi par les élèves des écoles et les résidents des maisons de retraite de Concarneau.

Jeu de société

Qwirkle (Iello) est un jeu d’association de tuiles aux formes ou aux couleurs différentes dont les règles sont très simples à assimiler. Sa logique d’association fait travailler la recherche et l’observation, ce qui rend le jeu stimulant visuellement et intellectuellement. La stimulation est également apportée par la manipulation des tuiles en bois, particulièrement pour les personnes âgées. Le jeu est régulièrement utilisé dans les écoles et les maisons de retraite.

Chaud au chœur

Depuis février, des personnes atteintes d’Alzheimer ou de troubles cognitifs répètent des chants sur le thème de la joie. Dix établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de la Manche participent à l’opération. Au total, 130 choristes ont accepté de chanter pour une représentation publique à Saint-Lô. « La musique est un outil de communication émotionnel », explique Évelyne Rabec, responsable de l’antenne France Alzheimer locale. « L’objectif de ce concert n’est pas de récolter des fonds, mais bien de valoriser la personne vieillissante par une reconnaissance dans un groupe. La confiance en soi et l’estime de soi sont des notions importantes pour ces personnes. C’est un projet d’art-thérapie. Ces moments de partage autour du chant procurent du plaisir et de la joie à ces personnes. »

Mots croisés adaptés

Aux Etats-Unis, Mary Frates, une grand-mère de 86 ans, a toujours adoré les mots croisés. Mais, atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle ne peut plus s’adonner à son passe-temps favori. Son petit-fils de 17 ans, John, a créé une version simplifiée de ce jeu, avec une écriture plus grosse, des termes moins compliqués et l’absence de réponse en verticale, compliquée à déchiffrer. « À chaque fois que je lui apporte une nouvelle grille de mots croisés, ses yeux s’illuminent », explique-t-il. Face à la réaction positive de sa grand-mère, le jeune homme a alors proposé son invention aux autres personnes âgées de la maison de retraite où elle réside, afin d’analyser la manière dont les mots croisés pouvaient aider les malades atteints de troubles de la mémoire. Sur les conseils de sa grand-mère, il a également sorti un livre reprenant l’ensemble de ses grilles simplifiées pour soutenir d’autres seniors. Les bénéfices seront reversés à la recherche contre la maladie d’Alzheimer.

Biblio Aidants

La population québécoise vieillit. Une personne sur quatre sera considérée comme proche aidante d’ici 2030. Dans près de 550 bibliothèques, l’Association des bibliothèques publiques a déjà déployé le programme Biblio-aidants, qui a pour but de renseigner les proches aidants sur les maladies et les sujets auxquels ils sont confrontés quotidiennement. Les documents abordent une quinzaine de thématiques : aînés et vieillissement, cancer, déficience intellectuelle, deuil, diabète, incapacités physiques, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, maladies du cœur et accidents vasculaires cérébraux, maladies pulmonaires, proches aidants, santé mentale, sclérose en plaques, soins palliatifs et troubles du spectre de l’autisme. Ces documents sont offerts gratuitement via le site www.biblioaidants.ca. Ils incluent également une liste d’organismes, de sites Internet pertinents et de suggestions de lecture, le tout analysé et validé par des bibliothécaires diplômés. « Avec Biblio-Aidants, nos bibliothèques démontrent qu’elles jouent un rôle social et communautaire qui va au-delà du rôle culturel traditionnellement associé aux bibliothèques publiques. Pour ce faire, les livres numériques, films, bandes dessinées, documentaires, albums, bref tous les supports de notre collection sont utilisés comme outils afin de soutenir nos citoyens dans leurs besoins d’information. Avec Biblio-Aidants, nous voulons faire économiser un temps précieux aux proches aidants en leur offrant un service clés en main », explique Stéphane Legault, chef de la division des bibliothèques de la Ville de Saint-Jérôme.

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