Unités cognitivo-comportementales

Le plan Alzheimer 2008-2012 prévoit la création et le développement d’unités cognitivo-comportementales (UCC), des unités de dix à douze lits accueillant pendant trente à quarante jours en moyenne des personnes atteintes « de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, présentant l’ensemble des caractéristiques suivantes : mobilité (patient valide), agressivité, troubles du comportement productifs (hyperémotivité, hallucinations, troubles moteurs, agitation, troubles  du sommeil graves) ». Ces unités, encore mal connues des professionnels, n’accueillent donc pas les personnes dépendantes ou dont les troubles du comportement nécessitent une prise en charge psychiatrique dans le cadre d’une hospitalisation à la demande d’un tiers, ni ceux ne présentant pas de maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Dans la réalité, le point d’appel comportemental fait intégrer dans ce type d’unité des patients au diagnostic incertain, rappelle Agnès Maillard, faisant fonction de directeur des soins au centre hospitalier de Château-du-Loir (Sarthe). Le projet thérapeutique des UCC a pour objectif de réduire et/ou stabiliser les troubles du comportement, mais aussi d’améliorer l’adaptation aux actes de la vie quotidienne. Un programme d’activités structurées et adaptées (diminution des psychotropes sédatifs et de la contention, rééducation de l’orientation, groupes de validation cognitive, thérapie par évocation du passé, démarches comportementales, traitement psychosocial) peut conduire à une réduction de 20% des troubles du comportement. Il doit être proposé aux patients des temps d’ergothérapie, d’orthophonie et de psychomotricité. Le projet de soins, mis en place par une équipe pluridisciplinaire, comporte au moins quatre volets (médical, soins, éthique et social, avec une attention particulière portée sur le lieu de vie).

Maillard A. Unités cognitivo-comportementales, de nouveaux lieux de soins. Soins Gérontologie 2010 ; 85 : 31-32. Métais P et Pancrazi MP. L’unité cognitivo-comportementale : lieu de soins privilégié de la crise dans la maladie d’Alzheimer. Les unités spécifiques de soins Alzheimer. 7è congrès national. Serdi Editions, Paris, 17-19 décembre 2009. Circulaire DHOS/O2/O1/DGS/MC3/2008/291, 15 septembre 2008.

Accompagner les malades jeunes en EHPAD (1)

Quelles sont les caractéristiques et les besoins des personnes jeunes (de moins de soixante ans) atteintes de la maladie d’Alzheimer résidant en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ? Ils seraient huit mille en France. En raison de la sévérité des troubles du comportement et de la situation sociale (perte d’emploi de la personne malade, activité professionnelle du conjoint, enfants en bas âge à élever), l’épuisement des aidants des personnes malades jeunes est souvent plus sévère que dans les formes à début tardif, favorisant une recherche d’établissement. Florence Lebert, médecin au Centre national de référence des malades Alzheimer jeunes à l’Université de Lille-Nord de France (EA 2691), Florence Bieder, médecin coordonnateur et Sophie Turcq, infirmière référente à la consultation mémoire de l’EHPAD des Monts-de-Flandre à Bailleul (Nord), ont mené une analyse rétrospective portant sur cent cinquante-six résidents entrés à l’EHPAD de Bailleul entre 2000 et 2010. Les premiers symptômes avant l’âge de soixante ans sont apparus chez trente-deux personnes (20.5% des résidents), les premiers symptômes étant survenus en moyenne à 51.4 ans, les troubles du comportement à 52.8 ans et l’entrée en EHPAD à 57.3 ans. La durée moyenne de la maladie était de 6.1 ans avant l’entrée en établissement. Le centre mémoire a diagnostiqué une maladie d’Alzheimer dans neuf cas (28%) et une démence fronto-temporale dans vingt-trois cas (72%). Avant l’admission, 65% des personnes étaient suivies en centre mémoire, 21% en secteur de psychiatrie, et les autres par des neurologues libéraux ou un réseau gérontologique. L’entrée en EHPAD s’est effectuée souvent après un parcours long et difficile. La sévérité des troubles du comportement est souvent le facteur limitant du maintien en EHPAD traditionnels. Si l’on peut espérer réduire de 21% en moyenne la sévérité de ces troubles du comportement par une prise en charge pharmacologique et non pharmacologique, le rapprochement des proches est rarement possible.

Lebert F et al. Accompagner un malade Alzheimer « jeune » en EHPAD. Soins Gérontologie 2010 ; 85 : 24-25.

Accompagner les malades jeunes en EHPAD (2)

Que pensent les soignants de ces résidents « jeunes » ? « C’est plus difficile qu’avec les personnes âgées, à cause d’une plus grande difficulté de compréhension de leur comportement, d’autant que 90% d’entre eux ont déjà perdu leur expression verbale à l’entrée. L’esprit d’équipe est indispensable à une compréhension progressive du résident ». « Ils nous demandent beaucoup de patience, car ils ont plus de besoins et nous tenons à sauvegarder au maximum leur autonomie.  Boulimiques au risque de fausses routes, attirés par l’alcool, ayant une grande instabilité motrice, désinhibés, ils nécessitent une vigilance constante. Par leur ressemblance physique avec nous-mêmes, par le jeune âge de leurs enfants, alors que leur mémoire, leur langage et leur comportement sont altérés, une sensation de malaise peut nous envahir ».

Lebert F et al. Accompagner un malade Alzheimer « jeune » en EHPAD. Soins Gérontologie 2010 ; 85 : 24-25.

Anxiété des aidants : effet d’un programme pluridisciplinaire

Les équipes des Professeurs Catherine Bungener, du laboratoire de psychopathologie et processus de santé (EA 4057) de l’Université Paris Descartes et Bruno Dubois, du Centre mémoire de ressources et de recherche (Inserm UMR S610) à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ont comparé les effets d’un programme pluridisciplinaire structuré et d’une prise en charge classique, auprès de seize couples de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leur conjoint. L’anxiété en rapport avec la situation d’aide est significativement réduite chez les conjoints ayant bénéficié du programme pluridisciplinaire.

Negovanska V et al. Bénéfice d’un programme cognitivo-comportemental et pluridisciplinaire de prise en charge de la maladie d’Alzheimer sur l’anxiété du conjoint : étude française ELMMA. Revue neurologique, 23 septembre 2010. doi:10.1016/j.neurol.2010.07.002.

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