Vieillir chez soi : quelle recherche sur l'aménagement du domicile ?

Le groupe de recherche pour l'innovation à partir de la demande de l'Université des sciences appliquées d'Utrecht et Alzheimer Pays-Bas publie une revue des principes d'aménagement et des interventions environnementales au domicile des personnes âgées atteintes de démence. Pour les auteurs, l'aménagement du domicile est un territoire largement ignoré par la recherche et les politiques publiques.

Am J Alzheimer's Dis Other Demen. Van Hoof J et al. Environmental interventions and the design of homes for older adults with dementia. 1er mai 2010.

Donépézil : quel effet dans la démence vasculaire ?

Les Algériens ont gagné vingt ans d'espérance de vie en quelques décennies. Les personnes de plus de soixante ans représentent 7.4% de la population générale. Les statistiques nationales font état de cent mille malades ; la maladie reste sous-diagnostiquée. Huit centres mémoire sont en activité en Algérie et permettent l'établissement d'un diagnostic précoce, son annonce à la famille, puis l'instauration d'un suivi thérapeutique.

www.algerie360.com, 7 avril 2010.

Prévention des chutes (1)

Selon la Haute autorité de santé (HAS), les chutes à répétition (plus de deux au cours des douze derniers mois) concernent un quart des personnes âgées de plus de quatre-vingts ans. Elles sont associées à une forte morbi-mortalité, à une accélération de la perte d'autonomie (avec un taux d'institutionnalisation pouvant atteindre 40%) et à un coût financier important. La recherche de signes de gravité mettant en jeu le pronostic vital et/ou fonctionnel de la personne repose sur seize questions standardisées, visant à identifier les conséquences de la chute (douleurs et lésions traumatiques), la pathologie responsable (évaluation de l'équilibre postural, de la marche, du système cardio-vasculaire et neurologique) et le risque de nouvelle chute grave. Une seconde étape porte sur la recherche de facteurs de risque, presque toujours multiples. « Il est essentiel de bien les repérer tous », explique le Dr Christine Revel, du service des bonnes pratiques professionnelles, qu'ils soient des facteurs de risque prédisposants (problèmes de santé pouvant expliquer un malaise, la faiblesse d'un membre, etc.) ou des facteurs de risque précipitants : notion de malaises, chaussures ou aménagement de l'habitat inadaptés. Étant donné la fréquence de la iatrogénie dans la survenue d'une chute, l'intérêt de chaque médicament prescrit doit également être réévalué. En revanche, la HAS estime qu'il n'y a pas lieu de demander des examens complémentaires à titre systématique, hormis un dosage sanguin du sodium (natrémie) et de la vitamine D. Le bilan peut être complété par la recherche d'une dépression. La prévention passe par une réévaluation de la prescription médicamenteuse, l'adaptation du chaussage, l'utilisation d'aides techniques, un programme d'activité physique ou de kinésithérapie pour travailler l'équilibre postural et renforcer la force des membres inférieurs (programme à poursuivre bien au-delà des séances), l'augmentation des apports de calcium et de vitamine D, un éventuel traitement anti-ostéoporotique et le réaménagement de l'habitat (moins d'encombrement, moins de tapis, plus de lumière, etc.). Cette prise en charge multifactorielle peut nécessiter l'intervention, en plus des kinésithérapeutes, d'autres professionnels de la rééducation comme des ergothérapeutes ou des psychomotriciens, précise la HAS.

Focus. HAS Actualités et pratiques, mai 2010. Haute autorité de santé. Chutes répétées des personnes âgées : recommandations pour la prise en charge. Recommandations professionnelles, avril 2009.

Gérontechnologies

Pour le Professeur Anne-Sophie Rigaud et le Dr Véronique Faucounau, du service de gérontologie de l'hôpital Broca de Paris, bien que les gérontechnologies s'avèrent prometteuses, des travaux sont encore nécessaires pour évaluer leurs bénéfices et les intégrer aux pratiques quotidiennes des personnes âgées. En particulier, les besoins réels des usagers (personnes malades, aidants, professionnels) sont encore mal connus et doivent être précisés. La démonstration du service médical rendu, à partir d'études sur des cohortes de malades ou de services à domicile, doit être mise en oeuvre. Enfin, le modèle économique permettant la mise à disposition des technologies pour le plus grand nombre de patients et d'aidants reste à mettre en place.
Florence Charue-Duboc, Laure Amar et Nathalie Raulet-Croset, de l'Ecole polytechnique, et Anna-France Kogan, de l'Ecole des Mines de Nantes, publient une recherche financée par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) sur l'utilisation des nouvelles technologies de la communication au service de l'autonomie des personnes âgées à partir du cas de la téléassistance. Les enseignants-chercheurs distinguent deux logiques : l'une, industrielle, dans laquelle les opérateurs répondent aux appels d'offre émis par les collectivités locales, l'autre faisant appel à l'intégration locale grâce à des partenaires associatifs ou une antenne propre de distribution. Les auteurs approfondissent plusieurs problématiques, à travers les champs théoriques de la sociologie des usages, de la sociologie des métiers, de l'économie des territoires, du management de l'innovation, de la théorie des organisations. Plusieurs conditions sont importantes pour une téléassistance efficace : le réseau de solidarité de la personne âgée, la compétence du métier de téléopératrice, l'articulation au médical, la responsabilité sociale, la valeur (réponse immédiate, adéquation au problème, centralisation, mémorisation d'informations hétérogènes). Pour les auteurs, la téléassistance permettrait de constituer des bases de données importantes pour contribuer à une veille systématique pour déceler la dégradation de l'état de santé général de personnes âgées.

Neurologie Psychiatrie Gériatrie. Avril 2010. www.cnsa.fr, Charue Duboc et al. La téléassistance pour le maintien à domicile : comment dépasser une logique d'offre technologique et construire des usages pertinents ? 17 avril 2010.

Jardins, corps et âme (3)

A l'hôpital Simone-Veil d'Eaubonne (Val-d'Oise), les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer bénéficient d'un jardin thérapeutique offrant à la fois un support d'activités manuelles et de multiples stimulations sensorielles. Le paysagiste Olivier Munoz explique : « avant de travailler sur ce projet, je ne connaissais pas particulièrement la maladie d'Alzheimer. J'ai beaucoup échangé avec le personnel du service de gériatrie, j'ai assisté à des conférences, et je me suis intéressé aux jardins thérapeutiques. J'ai assez vite décidé que ce jardin devait être une ouverture sur l'extérieur. La maladie d'Alzheimer et l'hospitalisation sont déjà deux formes d'enfermement assez lourdes pour les patients. J'ai voulu créer un jardin dans lequel on pouvait circuler, ouvert sur le reste de l'hôpital. Le circonscrire à la terrasse aurait rajouté une bulle d'enfermement supplémentaire. Il a fallu ajuster les hauteurs des bacs de travail par rapport aux postures, tenir compte des difficultés de déplacement des personnes pour aller chercher l'eau ou les outils. C'est l'utilisation finale du site, plus que les enjeux spatiaux, qui a dicté le projet d'aménagement ». Les premiers à promouvoir le jardin sont les ergothérapeutes : la stimulation sensorielle -toucher la terre, rincer les outils, humer les fleurs, froisser les herbes aromatiques, goûter les tomates - réveille toute une mémoire autobiographique, et le résultat du travail accompli est valorisant, quand les fleurs éclosent, « pour des patients persuadés de n'être plus capables de rien ».

Direction(s), mai 2010.

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