Médicaments spécifiques : quel mécanisme d’action ?

L’étiologie des troubles du comportement associés à la démence n’est pas clairement définie. Le service de psychiatrie de l’Institut de recherche Sunnybrook de Toronto propose une revue des études de biochimie et de neuroimagerie suggérant que certains symptômes neuropsychiatriques tels que l’agitation, l’apathie et les troubles psychotiques pourraient être des manifestations d’un syndrome cholinergique central, sur lequel pourraient agir les anti-cholinestérasiques.

Pinto T et al. Revisiting the cholinergic hypothesis of behavioral and psychological symptoms in dementia of the Alzheimer’s type. Ageing Res Rev, 1er février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21292041.

Médicaments spécifiques : échec de la mémantine dans la démence fronto-temporale

Une étude du centre mémoire de recherche et de ressources (CMRR) de l’hôpital Laennec de Nantes montre, dans une étude clinique de phase II, randomisée, en double aveugle, portant sur quarante-neuf patients atteints de la forme comportementale de la démence fronto-temporale, que la mémantine à 10 mg deux fois par jour n’a pas plus d’effet que le placebo.

Vercelletto M et al. Memantine in Behavioral Variant Frontotemporal Dementia: Negative Results. J Alzheimers Dis. 14 décembre 2010. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21157021.

Médicaments spécifiques : quel rapport bénéfice-risque à long terme ?

En l’absence de preuves d’une efficacité des anticholinestérasiques dans des essais contrôlés et randomisés de plus de six mois, pourquoi les médecins persistent-ils à les prescrire sur une longue période, voire à vie, s’interrogent Nathan Hermann et Krista Lanctôt, du centre des sciences de la santé Stonybrook de l’Université de Toronto (Canada), qui pointent dans l’éditorial d’une nouvelle revue scientifique Neurodegenerative Disease Management, édité par le groupe Future Medicine, « l’inertie thérapeutique » des prescripteurs. Les auteurs soulignent le besoin d’essais cliniques de plusieurs années, afin d’évaluer non seulement l’efficacité de ces médicaments, mais aussi leur sécurité à long terme. 

Herrman M, Lanctôt K. Long-term use of cholinesterase inhibitors: till death do us part? Neurodegen Dis Manage 2011 ; (1)1 : 7-9. Février 2011. www.futuremedicine.com/doi/pdf/10.2217/nmt.10.3 (texte intégral).

Médicaments spécifiques : combien la société est-elle prête à payer ?

La méthode d’évaluation économique utilisé par le NICE (National Institute for Clinical Excellence), l’agence britannique d’évaluation qui a récemment proposé d’étendre les indications remboursables des anti-cholinestérasiques (donépézil, rivastigmine, galantamine) au stade léger de la maladie d’Alzheimer, s’appuie sur le rapport coût par année de vie ajustée à la qualité de vie (cost per QALY - quality-adjusted life-year), une mesure combinée du coût et de l’efficacité du médicament dans la prise en charge de la personne malade. A partir de quel seuil la société n’est-elle plus prête à payer pour gagner une année de vie avec une qualité de vie acceptable (ce qui implique de donner un prix à l’année de vie humaine) ? Ainsi, pour la société britannique, les anticholinestérasiques sont jugés « coût-efficaces » à un seuil de 20 000 à 30 000 livres (23 539 à 35 310 euros) par année de vie ajustée à la qualité de vie aux stades léger à modéré de la maladie d’Alzheimer. La mémantine, avec un rapport de 32 100 livres (37 782 euros) par année de vie ajustée à la qualité de vie aux stades modéré à sévère, reste réservée par le NICE au stade modéré en seconde intention, en cas d’intolérance ou de contre-indication aux inhibiteurs de la cholinestérase, et au stade sévère en recherche clinique exclusivement. 

Démence fronto-temporale : les dépenses mondiales de recherche 1998-2008

L’Alzheimer’s Drug Discovery Foundation (New York, Etats-Unis) a recensé plus de six cents subventions de dix-neuf organisations publiques et privées, provenant de sept pays et de l’Union européenne, qui ont aidé à financer la recherche sur la démence fronto-temporale durant la décennie 1998-2008, pour un montant total de 432 millions de dollars (315 millions d’euros) ; 83% de ces fonds étant alloués par les Instituts nationaux de la santé (NIH) américains. 74% des financements étaient destinés à la recherche fondamentale. Le montant total du financement a été réduit d’un facteur 5 au cours de la décennie. Peu de programmes ont dépassé la validation des cibles thérapeutiques pour accéder au développement préclinique. De nombreux efforts sont redondants, indique la Fondation.

Walentas CD et al. An analysis of global research funding for the frontotemporal dementias: 1998-2008. Alzheimers Dement, 26 janvier 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21276758.

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