Médicaments : l’inclusion des personnes âgées dans les essais cliniques

L’Agence européenne du médicament (EMA) s’est engagée à « assurer que les besoins des personnes âgées soient pris en compte dans le développement et l’évaluation des nouveaux médicaments ». La plateforme associative AGE salue cette initiative comme un pas en avant important, soulignant qu’il serait possible d’éviter de nombreuses hospitalisations de personnes âgées résultant de la mauvaise utilisation des médicaments, à la surmédication et aux interactions médicamenteuses. AGE déclare qu’elle suivra de près la prochaine révision de la directive sur les essais cliniques afin que la participation et les droits des personnes âgées soient respectés.

European medicines Agency. EMA geriatric medicines strategy, 17 février 2011. www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Other/2011/02/WC500102291.pdf. www.age-platform.eu, 17 février 2011.

Médicaments : l’inclusion des malades jeunes dans les essais cliniques

Pour Kinga Szigeti et Rachelle Doody, neurologues au centre Alzheimer du Baylor College of Medicine de Houston (Texas, Etats-Unis), la plupart des essais cliniques dans la maladie d’Alzheimer s’intéressent aux personnes âgées de soixante-cinq ans et plus. Les malades jeunes, qui représentent entre 1% et 6% des cas de maladie d’Alzheimer, font partie de la population active : le poids de la maladie par personne est plus élevé, et la maladie a un effet dévastateur au niveau individuel et familial. Les chercheurs proposent une revue comparée des caractéristiques de ces deux groupes arbitraires de personnes malades, au plan clinique, neuropsychologique, diagnostique, et pathologique. La non inclusion des malades jeunes des essais cliniques pose un dilemme éthique de non-abandon et de justice.

Szigeti K et Doody R. Should EOAD patients be included in clinical trials ? Alzheimers Res Ther, 8 février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21345175.

Alimentation orale : quelles options ?

Les services de médecine gériatrique et de médecine interne de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, en collaboration avec l’Ecole infirmière de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie (Etats-Unis) proposent une revue systématique de la littérature concernant les options d’alimentation orale des personnes atteintes de démence. Treize essais cliniques contrôlés portant sur les suppléments alimentaires et douze essais contrôlés portant sur l’alimentation assistée ou d’autres interventions de nutrition sont de bonne qualité méthodologique. Les suppléments riches en calories sont efficaces pour promouvoir la prise de poids chez les personnes atteintes de démence (niveau de preuve scientifique modéré), ainsi que les stimulants de l’appétit, la nutrition assistée et les aliments modifiés (niveau de preuve scientifique faible). Ces traitements ne sont efficaces que pour la prise de poids, et n’ont aucun autre effet sur le fonctionnement dans la vie quotidienne ou la survie.

Hanson LC et al. Oral feeding options for people with dementia: a systematic review. J Am Geriatr Soc 2011 ; 59(3) : 463-72. Mars 2011.
www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21391936.

Interventions psychosociales : recommandations

Un groupe d’experts internationaux, de l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas), de l’hôpital Broca de Paris (France), de la Fondation Intras à Valladolid (Espagne), de l’ANESM (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux, France),de l’Université de Bangor et de l’Université de Hull (Royaume-Uni), s’appuyant sur le réseau de recherche clinique multidisciplinaire INTERDEM (Timely Detection and Intervention in Dementia), propose une analyse méthodologique des recommandations concernant les interventions psychosociales pour  la prise en charge de la démence en Europe. Ces recommandations existent dans cinq pays sur douze enquêtés (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne). La recommandation ayant la meilleure qualité méthodologique (évaluée à l’aide de l’outil AGREE-Appraisal of Guidelines Research and Evaluation instrument) est celle des instituts britanniques NICE-SCIE (National Institute for Clinical Excellence-Social Care Institute for Excellence). L’activité physique et les interventions destinées aux aidants sont présentes dans la plupart des recommandations. La recommandation britannique donne un avis sur treize interventions psychosociales : les interventions destinées aux aidants, l’activité physique, la réminiscence, la stimulation multisensorielle/Snoezelen, le massage et le toucher, la gestion du comportement, l’animation (recreative activities), la conception architecturale, la stimulation cognitive, la musicothérapie, l’aromathérapie, la thérapie en présence d’un animal). Des recommandations existent pour l’orientation à la réalité (recommandation écossaise), l’entraînement cognitif (recommandation allemande), la Validation et les thérapies centrées sur l’émotion (recommandation néerlandaise).

L’inclusion des interventions psychosociales dans les recommandations de prise en charge de la démence reste limitée en Europe. Il est nécessaire d’établir, dans les années qui viennent, des recommandations de haute qualité méthodologique, régulièrement mises à jour en tenant compte des preuves scientifiques de l’efficacité des interventions psychosociale. Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du projet EuroCoDe (European Collaboration on Dementia), un projet d’Alzheimer Europe financé par la Commission européenne (programme d’action communautaire en santé publique 2003-2008), et soutenu par la Fondation Médéric Alzheimer.

Vasse E, Vernooij-Dassen M, Cantegreil I, Franco M, Dorenlot P, Woods B et Moniz-Cook E. Guidelines for psychosocial interventions in dementia care: a European survey and comparison. Int J Geriatr Psychiatry, 2 mars 2011. NICE-SCIE. Dementia. Supporting people with dementia and their carers in health and social care. Novembre 2006. www.nice.org.uk/nicemedia/live/10998/30318/30318.pdf.

Formation spécifique des professionnels : quel effet sur l’entrée en établissement ?

Myra Vernooij-Dassen, du centre Alzheimer de l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas), a mené une étude multidisciplinaire, randomisée, auprès de trois cents couples aidant-personne malade adressés à un centre de psychiatrie de proximité. L’intervention consistait en une formation des professionnels de santé (évaluation systématique des problèmes des aidants et mise en place d’interventions flexibles, coordonnées et proactives, adaptées aux besoins des aidants). Si l’intervention n’a pas eu d’effet sur l’institutionnalisation, l’intervention peut éviter une détérioration du sens de la compétence dans le groupe d’intervention. Les facteurs prédictifs d’institutionnalisation les plus forts sont le sens de la compétence chez l’aidant, les symptômes dépressifs de l’aidant, les problèmes comportementaux de la personne malade et la sévérité de la démence. L’intensité du programme est cruciale, et doit être prescrite en s’appuyant sur des preuves scientifiques plutôt que laissée à la discrétion du professionnel.

Spijker A et al. Systematic care for caregivers of patients with dementia : a multicenter, cluster-randomized, controlled trial. J Nurs Care Qual, 24 février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21358385.

Retour haut de page