Dénutrition : collation nocturne en établissement (2)

L’EHPAD Notre-Dame-de-Puyraveau à Champdeniers-Saint-Denis (Deux-Sèvres), propose depuis dix ans des collations accessibles nuit et jour, notamment aux résidents atteints de troubles cognitifs. L’équipe a conçu des bouchées enrichies en protéines, minéraux et vitamines, une formule adaptée aux personnes ayant des troubles de la déglutition et pour lesquelles le manger-mains constitué de tartine et de verrines était inadapté. Ces bouchées sont présentées dans des vitrines réfrigérées dans les couloirs, accompagnées de laitage et de fruits. Ces vitrines nécessitent une gestion particulière, avec un bon ciblage des besoins pour ne pas gaspiller la nourriture ou laisser accessibles des produits périmés. Les plannings et les horaires des équipes ont été réorganisés. Il a fallu rassurer et impliquer les professionnels, aides-soignants, agents de service comme les cuisiniers. En fait, peu de personnes se servent seules la nuit. La prise alimentaire doit le plus souvent être accompagnée par les équipes. Il faut asseoir les personnes au bord du lit, pour éviter les fausses routes, tout en limitant un lever qui induirait un réveil complet. Seule une poignée de résidents est concernée. La proposition de collation crée de l’apaisement et vient combler des besoins psychologiques, sans recourir au médecin ou aux médicaments.

Géroscopie pour les décideurs en gérontologie, novembre 2017.

Dénutrition : retrouver le plaisir de manger

La perte d’autonomie pour les gestes du quotidien (difficultés à faire les courses, à préparer les repas, etc.) fait partie des facteurs de risque de la dénutrition et conduit généralement les personnes à déléguer tout ou partie des activités culinaires à un tiers, devenant ainsi dépendantes sur le plan alimentaire, rappelle Nathalie Bailly, maître de conférences au département de psychologie de l’Université de Tours. Lutter contre la dénutrition suppose de maintenir le plus longtemps possible une prise alimentaire qui réponde aux besoins nutritionnels du corps vieillissant, sans pour autant oublier les besoins hédoniques des personnes. Or, lorsque l’on s’intéresse au vieillissement, le plaisir est une notion peu étudiée, certainement parce que, dans l’imaginaire collectif, il devient difficile de se faire plaisir à partir d’un certain âge, explique la psychologue. Son équipe de psychologie des âges de la vie travaille actuellement à la validation d’une mesure du plaisir alimentaire. Cette mesure comprend deux dimensions : le plaisir consommatoire lié à l’expérience hédonique au moment de la consommation (aimer les saveurs, les sensations qu’accompagnent un bon repas, etc.) ; le plaisir anticipatoire du plaisir de manger (aimer l’odeur d’un repas que l’on prépare, se réjouir d’aller au restaurant, etc.). Cet outil permettra d’évaluer le plaisir lié au repas chez les personnes âgées et de proposer si besoin une aide personnalisée en termes alimentaires.

Bailly N. Projets AUPALESENS et RENESSENS : alimentation et plaisir de manger. Rech Vieil 2017 ; 11 : 5. Octobre 2017.

https://gdr.site.ined.fr/fichier/rte/65/GDR%20-%20Lettre%20dinformation%2011.pdf (texte intégral).

La prescription des thérapies non médicamenteuses par les médecins coordonnateurs

Patrick Jérôme, directeur adjoint d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) à Strasbourg, a mené une enquête auprès de 170 médecins coordonnateurs dans 12 régions pour connaître l’utilisation réelle des thérapies non médicamenteuses. 60% des médecins coordonnateurs exercent en EHPAD en milieu urbain et 40% en milieu rural. 40% de ces professionnels exercent au sein de structures du privé associatif, 28% dans le privé commercial et 32% au sein d’établissements publics autonomes ou adossés à un centre hospitalier. Les EHPAD où ils exercent ont une capacité totale de 17 000 places. 85% des médecins coordonnateurs interrogés estiment avoir eu avec le directeur et l'infirmière coordinatrice une discussion sur le développement et la mise en place des thérapies non médicamenteuses. Seulement 30% d’entre eux estiment qu’une réflexion commune sur l’aménagement des plannings des équipes soignantes est systématique pour libérer des heures et mettre en œuvre de telles approches. 34% des répondants estiment que leur établissement est militant pour privilégier ces approches et les utilise systématiquement et fréquemment. Dans 53% des cas, les EHPAD les utilisent de temps en temps et 13% ne les utilisent pas ou très rarement. Dans près de 70% des cas, les prescriptions concernent des dispositifs simples: prothèses auditives, prothèses dentaires, adaptation des verres de lunettes, semelles adaptées aux troubles de la marche. Les thérapies requérant du personnel sont utilisées dans plus de 70% des EHPAD : l’exercice physique modéré, les ateliers mémoire, la psychothérapie. D’autres thérapies sont pratiquées dans 40 à 50% des cas : parcours de marche, ergothérapie, espaces Snoezelen, musicothérapie, prise en charge relationnelle. Dans la majorité des EHPAD, ces différentes thérapies ne sont pas proposées à plus de 10 résidents par semaine.

Gérontonews, 13 novembre 2017.

Sciences humaines : Prix de thèse 2017 de la Fondation Médéric Alzheimer

Deux prix de thèse, d’un montant de 2 500 euros, ont été attribués. Le jury a distingué Émilie Wawrziczny, docteur de l’Université de Lille en sciences humaines et sociales, pour son travail de recherche en psychologie intitulé Analyse des besoins et accompagnement des conjoints de personnes jeunes avec une maladie d’Alzheimer, sous la direction du Pr Pascal Antoine, et Lucie Lechevalier-Hurard, docteur de l’Université Sorbonne Paris-Cité pour son travail de recherche en sociologie intitulé Être présent auprès des absents : ethnographie de la spécialisation des pratiques professionnelles autour de la maladie d’Alzheimer en établissements d’hébergement pour personnes âgées, sous la direction du Pr Bertrand Pulman.

Sciences humaines : bourses doctorales 2017 de la Fondation Médéric Alzheimer

Trois bourses doctorales, d’un montant de 10 000 euros, ont été décernées. Le jury a distingué Manon Labarchède, doctorante à l’Université de Bordeaux, pour son travail de recherche en sociologie option architecture intitulé Habitat des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : architecture et appropriation spatiale et territoriale », sous la direction des Prs Guy Tapie et Muriel Rainfray ; Pearl Morey, doctorante à l’École des Hautes études en sciences sociales, pour son travail de recherche en sociologie intitulé Géolocaliser les personnes âgées. Surveillances et circulations quotidiennes en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, sous la direction desPrs Catherine Le Gales et MarcBessin ; et Guillaume Duboisdindien, doctorant à l’Université Paris Nanterre, pour son travail de recherche en sciences du langage intitulé Analyse multimodale des marqueurs pragmatiques au sein du vieillissement langagier fragile en tant qu’indices précoces de démence, sous la direction du Pr Anne Lacheret-Dujour.

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