Soins dentaires et maladie d’Alzheimer

Au Brésil, Camila Heitor Campos et ses collègues, du département de périodontologie de l’Université de Campinas, ont mesuré la force masticatoire de seize personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer au stade léger et de seize personnes du même âge, après mise en place d’un dentier adapté. Si la fonction masticatoire est améliorée dans les deux groupes, les personnes malades prennent significativement plus de temps entre deux bouchées, mâchent moins vite et avec moins de force des mâchoires.

En Allemagne, Andreas Zenthöfer et ses collègues, du département de prosthodontie de l’Université de Heidelberg, ont évalué la santé buccale de deux cents résidents de quatorze maisons de retraite, avant et après une formation des soignants. Dans le groupe d’intervention, la formation de plaque et l’hygiène de l’appareil dentaire (par nettoyage ultrasonique) ont été significativement améliorées.

Campos CH et al. Mandibular movements and bite force in Alzheimer disease before and after new denture insertion. J Oral Rehab, 20 décembre 2016. http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/joor.12476/abstract.

Zenthöfer A et al. Carers’ education improves oral health of older people suffering from dementia – results of an intervention study. Clin Interv Aging 2016: 11-1755-1762. 30 novembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5137930/pdf/cia-11-1755.pdf (texte intégral).

Ergothérapie : quelle efficacité ?

Clément Pimouguet et ses collègues, du centre d’épidémiologie de l’Université de Bordeaux (INSERM U1219), ont évalué les effets à court terme d’une intervention d’ergothérapie de trois mois, en pratique courante, auprès de quatre cents personnes atteintes de démence (score cognitif moyen MMSE : 17.3). Les capacités fonctionnelles restent stables trois mois après l’intervention, et diminuent significativement six mois après l’intervention. Les troubles du comportement sont réduites significativement durant les trois mois de l’intervention et se stabilisent ensuite. Le bénéfice maximal de l’intervention se situe aux stades modérés de la démence, pour retarder l’incapacité fonctionnelle.

Pimouguet C et al. Benefits of Occupational Therapy in Dementia Patients: Findings from a Real-World Observational Study. J Alz Dis, 9 décembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27983551.

Prise de décision : mettre la discussion sur le tapis

Les Talking Mats (littéralement « tapis parlants ») sont une technologie de communication très simple et peu coûteuse (low tech) financée par la Fondation Joseph Rowntree et développée par des orthophonistes de l’Université de Stirling. Il s’agit d’un tapis de table sur lequel sont disposées des cartes pour faciliter et stimuler la discussion entre la personne malade et l’aidant. Ce n’est évidemment pas le tapis qui parle, mais les personnes. Corinna Reitz et Ruth Dalemans, de l’Université de sciences appliquées Zuyd (Pays-Bas), ont adapté l’outil en néerlandais, et l’ont testé dans une étude pilote auprès de six personnes malades et de leurs aidants. Sept aspects du langage ont été évalués : le changement de sujet perturbateur, les mots ou les phrases vides, les répétitions, la persévérance, les paraphrases sémantiques [porteuses de sens], les paraphrases phonématiques [en phonologie, le plus petit segment phonique (dépourvu de sens) permettant seul, ou en combinaison avec d'autres phonèmes, de constituer des signifiants ou de les distinguer entre eux], et les difficultés à trouver un mot. Dans cette étude pilote, les chercheurs observent que le tapis parlant apporte un cadre de communication efficace pour arriver à une prise de décision partagée entre la personne atteinte de démence et son aidant.

Reitz CC et Dalemans R. The Use of ‘Talking Mats’ by Persons with Alzheimer in the Netherlands: Increasing Shared Decision‐Making by Using a Low‐ Tech Communication Aid. J Soc Inclusion 2016 ; 7 : 2. 35-37.

https://josi.journals.griffith.edu.au/index.php/inclusion/article/download/423/796 (texte intégral).

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