Musicothérapie : quelle efficacité, quelles méthodes d’évaluation ?

Les revues systématiques Cochrane, qui publient les analyses méthodologiquement les plus rigoureuses de l’efficacité des différentes stratégies thérapeutiques, concluent habituellement que les méthodes utilisées sont hautement variables et les preuves scientifiques insuffisantes, a fortiori lorsqu’il s’agit d’interventions psychosociales. Un groupe expert néerlandais, associant des épidémiologistes et des musico-thérapeutes, publie une méta-analyse de seize études de bonne qualité méthodologique (essais cliniques contrôlés et randomisés), incluant au total six cents vingt participants, sur les effets des interventions basées sur la musique. Leurs conclusions apparaissent pour une fois moins tranchées que d’habitude : « apporter aux personnes atteintes de démence au moins cinq séances d’une intervention thérapeutique réduit probablement les symptômes dépressifs, mais n’a que peu ou pas d’effet sur l’agitation ou les comportements agressifs. Il peut y avoir un effet faible voir nul sur le bien-être émotionnel ou la qualité de vie, les troubles du comportement au sens large et la cognition. Une incertitude demeure quant aux effets sur l’anxiété ou le comportement social, ainsi que sur les effets à long terme. Les études futures devraient s’appuyer sur des échantillons plus grands, et intégrer tous les critères importants d’efficacité, en particulier le bien-être émotionnel et les effets sociaux pour les personnes malades. Les études devraient aussi examiner la durée des effets en relation avec la durée totale du traitement et le nombre de séances. »

Van der Steen JT et al. Music-based therapeutic interventions for people with dementia. Cochrane Database Syst Rev 2017; 5:CD003477. 2 mai 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28462986.

Recherche et innovation sociale : décloisonner

Lors des Assises de la recherche et de l’innovation sociale, organisées en mars 2017 à Paris par la Fondation Médéric Alzheimer avec le soutien de la Fondation de France, Bruno Anglès d’Auriac, président de la Fondation Médéric Alzheimer, a fait un double constat : « on ne guérit pas la maladie d’Alzheimer, et une part grandissante de la population vit de longues années avec des troubles cognitifs. Dans ce contexte, quelles doivent être nos priorités en matière de recherche et d’accompagnement ? Depuis sa création, la Fondation Médéric Alzheimer a soutenu, dans un même élan, la recherche en sciences humaines et sociales et l’expérimentation de terrain, afin de mieux comprendre la maladie et d’innover pour mieux vivre au quotidien avec la maladie. Mais cela ne suffit pas. Pour changer le monde Alzheimer, il faut mobiliser les professionnels de l’accompagnement et du soin, les chercheurs académiques et de terrain, autour d’une ambition commune. Partager les savoirs, les savoir-faire, les savoir-être, l’expérience vécue par les personnes malades et leurs aidants pour reproduire à grande échelle les solutions ayant fait preuve de leur efficacité. Ainsi, on pourra aborder la maladie d’Alzheimer autrement : comment redonner des repères à ceux qui les ont perdus ? Comment changer de regard et mettre en valeur leurs capacités rémanentes ? Comment leur permettre de développer de nouvelles compétences ? Le cap est fixé. Donner aux chercheurs et aux professionnels les moyens de partager une même ambition : inventer le mieux-vivre avec la maladie d’Alzheimer. »

Mieux vivre ensemble la maladie d’Alzheimer. Lettre d’information n°7. Mai 2017. www.fondation-mederic-alzheimer.org/Informez-vous/La-Lettre-d-information.

Stimulation sensorielle

Le concept Snoezelen est aujourd’hui considéré comme une forme de thérapie non médicamenteuse. La technique met en action les sens primaires (la vue, le toucher, l’odorat, l’équilibre, l’audition) de la personne soignée, dans une atmosphère de détente et de confiance. Le terme snoezelen, contraction de snuffelen, sentir, et doezelen, somnoler, se traduit par « le plaisir de la détente dans une ambiance propice ». L’accompagnement Snoezelen peut être pratiqué en chambre ou en salle de bain. Il s’agit de stimuler les sens en aménageant l’espace au moyen d’objets spécifiques (lampes proposant des jeux de couleur, éclairages colorés-tamisés, guirlandes électriques, colonnes à bulles, hologrammes, projections, sonorités, diffuseurs de parfums, sols inégaux et parcours pour travailler la recherche d’équilibre). Tout doit être pensé pour rassurer et détendre les personnes, calmer les angoisses et ainsi assurer une prise en soin optimale.

www.francealzheimer.org/sites/default/files/Brochure%20troubles%20sensoriels_BD.pdf (texte intégral). Sánchez A et al. Comparing the Effects of Multisensory Stimulation and Individualized Music Sessions on Elderly People with Severe Dementia: A Randomized Controlled Trial. J Alzheimers Dis 2016 ; 52(1): 303-315. 8 mars 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27060958.

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