Démence à corps de Lewy, démence associée à la maladie de Parkinson : quels traitements ?

On estime que la démence à corps de Lewy pourrait être responsable de 20% des cas de démence, et la démence associée à la maladie de Parkinson de 3% à 5% supplémentaires, écrit Brendon Boot, de l’École de médecine Harvard à Boston (Etats-Unis). En pratique, les critères de diagnostic étant peu sensibles, de nombreux cas ne sont pas diagnostiqués. Les deux maladies sont liées à l’accumulation de la protéine pathologique alpha-synucléine, à l’origine de symptômes dans de nombreux domaines. Une stratégie globale de traitement peut être envisagée en divisant les symptômes : cognitifs, neuropsychiatriques, mouvement, système nerveux autonome et sommeil. Cette approche globale des symptômes pourra améliorer grandement la qualité de vie, mais sans altérer la progression de la maladie. Les décisions de traitement sont complexes : le traitement d’un ensemble de symptômes peut entraîner des complications dans un autre domaine. Pour l’auteur, les inhibiteurs de la cholinestérase sont efficaces pour les symptômes cognitifs et neuropsychiatriques. Une attention particulière doit être apportée pour éviter des réactions mortelles idiopathiques (sans cause apparente) aux médicaments neuroleptiques, qui ne doivent être utilisés que brièvement et en cas d’échec de traitements alternatifs. Le traitement de la maladie de Parkinson par la levodopa ou la carbidopa est souvent limité par les exacerbations des symptômes neuropsychiatriques et cognitifs. Les symptômes du système nerveux autonome sont des complications insuffisamment reconnues de la synucléinopathie. La constipation, les symptômes urinaires et l’hypotension posturale répondent à des traitements classiques. Les troubles de la saccade oculaire pendant le sommeil sont hautement spécifiques des synucléopathies . Les traitements non pharmacologiques sont aussi efficaces que la mélatonine ou le clonazepam.

Boot BP. Comprehensive treatment of dementia with Lewy bodies. Alzheimers Res Ther 2015; 7(1): 45. 29 mai 2015.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4448151/pdf/13195_2015_Article_128.pdf.

Antipsychotiques : recommandations de pratique

Un consensus d’experts internationaux (Pays-Bas, Norvège, Royaume-Uni) propose des recommandations de pratique clinique concernant la prescription d’antipsychotiques chez les personnes atteintes de démence vivant en maison de retraite,  l’évaluation avant la prescription, le plan de soins, l’arrêt du traitement et le traitement à long terme.

Zuidema SU et al. A consensus guideline for antipsychotic drug use for dementia in care homes. Bridging the gap between scientific evidence and clinical practice. Int Psychogeriatr, 10 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26062126.

Infirmières spécialisées Alzheimer

Au Royaume-Uni, les Admiral Nurses sont des infirmières spécialisées dans la prise en charge globale de la démence avec une approche centrée sur la personne, qui propose également du soutien aux aidants. Comment ceux-ci évaluent-ils les interventions infirmières ? Une enquête menée par l’équipe de Steve Iliffe, du département de recherche en soins primaires et santé des populations de l’University College de Londres, auprès de deux cents aidants montre que 81.5% des aidants apprécient les compétences et les connaissances des infirmières, et 82.6% apprécient leurs interventions. Les aidants estiment qu’elles sont efficaces pour développer des rapports humains (96.5%), pour reconnaître leurs besoins et y répondre (85.8%). Les avis sont plus partagés en ce qui concerne les activités et la stimulation proposées par les Admiral Nurses à la personne malade (31% d’aidants non satisfaits) et les conseils sur les médicaments et leurs effets (34%). Un quart des aidants trouvent que la coordination des soins n’est pas efficace.

Maio L et al. Family carers' experiences of the Admiral Nursing Service: a quantitative analysis of carer feedback. Aging Ment Health, 11 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26062969.

Stade avancé

Susan Mitchell, de l’École de médecine de Harvard (Boston, Etats-Unis), propose une vignette clinique pour illustrer un cas typique de démence au stade avancé : il s’agit d’ « un homme âgé de quatre-vingt-neuf ans, vivant en maison de retraite, atteint de la maladie d’Alzheimer depuis dix ans, avec une température de 38.3°C, une toux grasse, et une fréquence respiratoire de vingt-huit cycles par minute. Le dossier infirmier montre que la personne tousse au petit déjeuner et avale difficilement. Les déficits de mémoire sont profonds, la personne malade ne reconnaît pas sa fille (qui est son représentant pour les décisions relatives à la santé), est confinée au lit, marmonne quelques mots, et est incapable de réaliser les activités de la vie quotidienne. » Susan Mitchell passe en revue les différentes stratégies recommandées dans ce cas clinique.

Mitchell SL. Advanced Dementia. N Engl J Med 2015; 372:2533-2540. 25 juin 2015. www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp1412652.

Soins palliatifs et démence : consensus et controverses

L’Association européenne pour les soins palliatifs (EAPC) a réuni les avis d’un panel international de soixante-quatre experts concernant l’applicabilité des recommandations des soins palliatifs aux soins et à l’accompagnement des personnes atteintes de démence. Si l’ensemble des experts reconnaissent les bénéfices des soins palliatifs dans ce domaine, les avis restent controversés quant à l’introduction prématurée des questions de fin de vie et de l’utilisation du terme « palliatif ». Ce sont les experts ayant le moins d’expérience professionnelle et les experts spécialistes de l’aide et des soins dans la maladie d’Alzheimer qui estiment que les soins palliatifs ont le moins d’intérêt.

van der Steen JT et al. Achieving consensus and controversy around applicability of palliative care to dementia. Int Psychogeriatr, 10 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26060924.

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