Médicaments pour le traitement précoce de la maladie d’Alzheimer : recommandations

Critères de diagnostic, critères cliniques de résultat, tests d’évaluation cognitive et fonctionnelle, démonstration de la modification du cours de la maladie, rôle des biomarqueurs, méthodologie des essais cliniques : le centre d’évaluation et de recherche des médicaments de l’autorité de régulation américaine (Food and Drug Administration) publie, à l’intention de l’industrie pharmaceutique, un projet de recommandations (n’ayant pas de caractère obligatoire)pour le développement clinique de médicaments destinés à traiter la maladie d’Alzheimer le plus précocement possible.

U.S. Department of Health and Human Services. Food and Drug Administration Center for Drug Evaluation and Research (CDER). Guidance for Industry. Alzheimer’s Disease: Developing Drugs for the Treatment of Early Stage Disease. Draft Guidance. Février 2013. www.fda.gov/downloads/Drugs/GuidanceComplianceRegulatoryInformation/Guidances/UCM338287.pdf (texte intégral).

Réduction de la prescription de neuroleptiques

Au Royaume-Uni, le ministère de la Santé et le groupe privé de maisons de retraite HC-One ont lancé en juin 2012 un programme de réduction des prescriptions de neuroleptiques pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. « Les médicaments neuroleptiques, lorsqu’ils sont consommés en excès, ont en effet des conséquences très négatives sur la santé des personnes : doublement des risques de décès prématurés, triplement des risques d’accidents vasculaires cérébraux. Une étude préalable a montré que les prescriptions pouvaient diminuer de 50% par le biais d’un tel programme, qui s’adresse en priorité aux personnels médicaux, pour les informer des risques de surconsommation », explique le rapport Pinville. Ce programme, intitulé FITS (Focussed Intervention Training and Support »), est financé à hauteur de cent mille livres britanniques. Ses promoteurs espèrent pouvoir en faire bénéficier cinq mille résidents dans cent cinquante établissements (dont une centaine appartenant au groupe HC-One).

Pinville M. Relever le défi politique de l’avancée en âge. Rapport remis au Premier ministre. Paris : Documentation française. 81 p. 11 mars 2013. www.ladocumentationfrancaise.fr/docfra/rapport_telechargement/var/storage/rapports-publics/134000174/0000.pdf

Hospitalisation à domicile

L’hospitalisation à domicile (HAD) existe en France depuis les années 1950, mais ce n’est qu’au cours des dix dernières années qu’elle s’est véritablement déployée, rappelle Pascale Fabre, juriste en droit de l’action sociale. C’est encore plus récemment que l’accès a en a été étendu aux résidents des établissements sociaux et médico-sociaux : établissements pour personnes âgées dépendantes ou non en 2007, ensemble des établissements depuis l’automne 2012. La notion de domicile a été étendue au lieu de vie.

Fabre P. L’hospitalisation à domicile en établissement social et médico-social. Revue de droit sanitaire et social 2013 ; 1 : 119-126. Janvier-février 2013.

Pilulier électronique

Un projet pilote britannique réalisé en collaboration avec les services nationaux de santé Midlands and East, auprès de trois cent quatre-vingts personnes (dont 38% âgées de soixante-quinze à quatre-vingt-quatre ans et 35% âgées de plus de quatre-vingt-cinq ans)a pour but de prévenir les problèmes potentiels qui pourraient arriver lorsqu’une personne oublie de prendre ses médicaments. Il s’agit d’un pilulier verrouillé électroniquement (Pivotell Automatic Pill Dispenser), qui distribue les médicaments à des heures précises, fixées par le soignant ou le pharmacien. Le programme cible les personnes âgées et les personnes atteintes des maladies associées au vieillissement (troubles cognitifs, troubles mentaux...). Les pharmaciens, chargés de remplir les piluliers avec les médicaments requis, ont été rémunérés 20 livres sterling (22.82 euros) par patient. Environ un tiers des participants étaient à un stade précoce de démence. 96% des participants ont confirmé que le pilulier leur a permis d’améliorer leur état de santé et de mener une vie plus autonome. Ce projet a engendré des économies de l’ordre de 431 000 livres sterling (492 000 euros) pour le service national de santé, soit 1 700 livres (1 941 euros) par patient.

Pinville M. Relever le défi politique de l’avancée en âge. Rapport remis au Premier ministre. Paris : Documentation française. 81 p. 11 mars 2013. www.ladocumentationfrancaise.fr/docfra/rapport_telechargement/var/storage/rapports-publics/134000174/0000.pdf.

Télé-santé

Le département de la santé britanniquea lancé en 2008 une enquête sur la façon dont les nouvelles technologies pouvaient aider les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées, à gérer leur propre santé et autonomie, relève le rapport Pinville. Cet essai pilote a impliqué six mille deux cents patients (dont trois mille atteints de diabète, d’insuffisance cardiaque, le reste étant des personnes âgées atteintes de maladies associées à l’âge, comme Alzheimer, ou à mobilité réduite). Plus de deux cents cabinets médicaux ont recueilli des données pendant douze mois pour chaque patient ayant accès à des systèmes de télésanté ou télé-soins (telehealth, telecare). À la fin du projet, il a été constaté que l’utilisation des dispositifs de télésanté ou télé-soins avait permis des réductions de 15% du recours aux urgences, de 20% des admissions aux urgences, de 14% de la durée de séjour à l’hôpital et de 45 % du taux de mortalité. Sur la base des résultats de cet essai, le département de la santé a lancé en décembre 2011 une nouvelle campagne intitulée Three Million Lives », en référence aux 3 millions de vies que l’utilisation des dispositifs de la télésanté pourrait effectivement aider, en réduisant la pression sur le système national de santé et en améliorant la qualité de vie des personnes au sein du système de soins. Une quinzaine d’entreprises du secteur ont d’ores et déjà rejoint ce programme. Le Technology Strategy Board (organisme sous l’autorité du Department for Business, Innovation and Skills en charge de la promotion de l’innovation) a prévu d’investir 18 milliards de livres sur quatre ans pour aider au développement de ces technologies d’assistance à une plus grande échelle.

Pinville M. Relever le défi politique de l’avancée en âge. Rapport remis au Premier ministre. Paris : Documentation française. 81 p. 11 mars 2013. www.ladocumentationfrancaise.fr/docfra/rapport_telechargement/var/storage/rapports-publics/134000174/0000.pdf.

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