Hospitalisations évitables

La survie des personnes atteintes de démence après une hospitalisation de court séjour non planifiée est réduite de moitié (1.1 an pour les personnes atteintes de démence contre 2.7 ans pour les personnes non atteintes de démence), montre une étude menée par Liz Sampson et ses collègues de l’unité de recherche en soins palliatifs Marie Curie de l’University College de Londres, auprès de six cents personnes hospitalisées atteintes de soixante-dix ans et plus. L’effet de la démence sur la mortalité dépend de la fragilité. Les auteurs suggèrent que les cliniciens mettent en place une approche de soutien des personnes âgées atteintes de démence modérée à sévère.

Au Canada, Belinda Parke et ses collègues de la faculté de sciences infirmières de l’Université d’Alberta ont mené une étude socio-écologique pour identifier les obstacles et les facteurs facilitants pour des transitions en sécurité des personnes âgées atteintes de démence vivant à domicile vers les urgences hospitalières. Les données ont été obtenues à partir d’entretiens avec des personnes malades, des aidants, des infirmières ; de récits créés au moyen de photographies et de groupes de travail utilisant les photographies pour identifier les facteurs facilitants et les obstacles. La « cascade de vulnérabilité » des personnes malades et des aidants a pour origine un défaut d’orientation, une attente qui inquiète sur ce qui ne va pas bien ; la pression du temps, avec un manque d’attention aux besoins élémentaires ; des relations et des interactions ayant pour conséquence le sentiment d’être ignoré, oublié et peu important. Le système infirmier d’accueil et d’orientation (triage system) n’est pas capable de reconnaître la présentation atypique de la démence.

Sampson EL et al. Survival of people with dementia after unplanned acute hospital admission: a prospective cohort study. Int J Geriatr Psychiatry, 21 décembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23280594. Parke B. Facilitators and barriers to safe emergency department transitions for community dwelling older people with dementia and their caregivers: A social ecological study. Int J Nurs Stud, 4 décembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23219329.

Stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

Depuis le 25 septembre 2012, la Haute autorité de santé (HAS) relance des actions de communication portant sur la surconsommation de somnifères chez les personnes âgées pour sensibiliser les professionnels de santé et les patients. La HAS rappelle que près d’un tiers des personnes de plus de 65 ans consomment des somnifères de manière chronique et dans plus d’un cas sur deux, le traitement ne serait pas indiqué. En collaboration avec la HAS, des généralistes, en lien avec des gériatres et des spécialistes du sommeil, ont développé des outils spécifiques pour la prise en charge des troubles du sommeil et pour l’arrêt des benzodiazépines. D’autres outils sont également proposés pour rechercher les causes des troubles et poser ou non un diagnostic d’insomnie : cas cliniques, mémo sur les synchroniseurs veille-sommeil, calendrier du sommeil pour octogénaire, arbres décisionnels… Pour les experts de la HAS, les plaintes relatives au sommeil sont très fréquentes mais, la plupart du temps, ne correspondent pas à une insomnie. Il peut s’agir de douleurs nocturnes (rhumatismales notamment), de troubles urinaires, d’une anxiété liée à une dépression ou à l’isolement… Seuls 10 à 20 % des troubles du sommeil seraient de véritables insomnies. « Devant une plainte chronique liée au sommeil de l’octogénaire, il s’agit avant tout d’éliminer une dépression ou un syndrome d’apnée du sommeil, puis d’éviter la primo-prescription d’un hypnotique ou anxiolytique ». Pour la HAS, « les plaintes relatives au sommeil, y compris celles relevant d’une insomnie avérée, ne justifient pas la prise au long cours d’un somnifère, qu’il s’agisse d’un hypnotique – pour l’essentiel benzodiazépines ou « composés Z » (zolpidem ou zopiclone) – ou d’un autre médicament utilisé comme aide à l’endormissement – anxiolytique ou antihistaminique par exemple. Les somnifères peuvent être indiqués dans les cas de « troubles sévères du sommeil dans les insomnies occasionnelles ou transitoires ». La durée de prescription est courte – de quelques jours à quatre semaines. En effet, la durée de prescription maximale recommandée pour une benzodiazépine (anxiolytique, hypnotique) ou apparentée est de trente jours ».

Haute autorité de santé. Prise en charge des troubles du sommeil chez le sujet âgé. Actualités et Pratiques 2012 : 44. Décembre 2012.www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1336320/prise-en-charge-des-troubles-du-sommeil-chez-le-sujet-age, 29 novembre 2012.

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