Activités mentalement stimulantes dans la dernière partie de la vie : un effet protecteur

Une étude coordonnée par Yonas Geda, du département de neurologie de la clinique Mayo de Rochester (Minnesota, Etats-Unis), auprès de mille neuf cents personnes sans troubles cognitifs à l’inclusion, âgées en moyenne de soixante-dix-sept ans et suivies pendant quatre ans, montre que le risque incident de déficit cognitif léger est réduit chez les personnes ayant des activités mentalement stimulantes : risque réduit de 22% chez les personnes jouant à des jeux, de 28% chez celles ayant des loisirs créatifs, de 30% chez celles utilisant un ordinateur, de 23% chez celles ayant une activité sociale. Mais cet effet varie selon que la personne porte ou non du gène APO Eε4 de susceptibilité à la maladie d’Alzheimer.  Les personnes porteuses du gène de susceptibilité APO Eε4 qui ne participent à aucune activité mentalement stimulante ont ainsi un risque de développer une démence multiplié par 1.74.

Krell-Roesch J et al. Association Between Mentally Stimulating Activities in Late Life and the Outcome of Incident Mild Cognitive Impairment, With an Analysis of the APOE ε4 Genotype. JAMA Neurol, 30 janvier 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28135351. http://in.reuters.com/article/us-health-aging-mental-stimulation-idINKBN15F2PA, 1er février 2017.

La méditation pour retarder la maladie d’Alzheimer : un projet de recherche INSERM

Le projet Silver Santé Study regroupe des scientifiques de plusieurs pays européens (France, Royaume-Uni, Belgique, Espagne, Suisse et Allemagne), dont le travail aura pour but, pendant les cinq prochaines années, d’identifier les facteurs déterminants de la santé mentale et du bien-être des seniors. « Nous vivons tous plus longtemps, mais vivons-nous bien ? », s’interroge le Dr. Gaël Chételat, coordinatrice du projet mené au centre Cyceron (centre d'imagerie et de recherches en neurosciences du CHU de Caen, INSERM U1077). « En matière de santé mentale, par exemple, il a été prouvé que la fréquence de problèmes tels que l’insomnie, la dépression et la démence augmente avec l’âge. » Les participants à cette étude se verront proposer différentes interventions, comme par exemple l’apprentissage d’une langue étrangère ou la pratique régulière de la méditation (projet Medit-Ageing). Les résultats seront évalués en combinant différentes approches, des mesures du sommeil, des comptes rendus établis par les participants eux-mêmes, des mesures comportementales, etc. Lors de la première phase de ce projet, deux études cliniques seront menées dans quatre pays, associant des patients, des spécialistes de la méditation et des volontaires de soixante-cinq ans et plus habitant à Caen et ses environs. La région Normandie enregistre l’une des augmentations les plus rapides en France du nombre des personnes âgées de plus de soixante ans, qui représentent près de 25 % de sa population. « En travaillant avec la population locale pour identifier les facteurs déterminants du vieillissement en bonne santé, nous espérons collecter des données tangibles, qui nous permettront d’aider les seniors à conserver une bonne qualité de vie, de diminuer les contraintes liées aux soins et de minimiser le coût et la fréquence des maladies associées à l’âge », souligne Gaël Chételat. Matthieu Ricard, moine bouddhiste âgé de soixante-dix ans, est l’ambassadeur du projet. « Toute la pratique de méditation, d’entraînement de l’esprit, que j’ai menée au cours de mon existence, est un facteur essentiel pour maintenir cet équilibre émotionnel, une certaine force d’âme, une paix intérieure, à mesure que je prends de l’âge », déclare-t-il.

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