La démence : un facteur de risque de brûlure chez les personnes âgées

Lara Harvey, du groupe de prévention des chutes et des blessures au département de recherche en neurosciences de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud à Sydney (Australie), a relié les données d’hospitalisation et de décès de mille cinq cents personnes âgées de plus de soixante-cinq ans, hospitalisées pour brûlure. 11% étaient atteintes de démence. Le risque incident d’hospitalisation pour brûlure est 60% plus élevé chez les personnes atteintes de démence, qui sont plus souvent hospitalisées pour des brûlures au tronc et une brûlure dépassant 20% de la surface du corps. Leur durée de séjour (vingt-quatre jours) est le double de celle des personnes brûlées hospitalisées ne présentant pas de démence. La mortalité à trente jours (15.4%) est triplée. Les causes de brûlure sont l’eau chaude du robinet (risque multiplié par 2.3), le feu aux vêtements (risque multiplié par 2.6). Dans 20% des cas, les personnes brûlées résident en établissement d’hébergement. Les auteurs soulignent que les brûlures, qui sont des blessures importantes, n’ont pas diminué en fréquence depuis dix ans, malgré les campagnes de prévention auprès des personnes âgées. Une éducation préventive à domicile et en établissement est nécessaire.

Harvey L et al. Dementia: A risk factor for burns in the elderly. Burns 2016; 42(2): 282-290. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26787126/.

Syndrome de fragilité lié au vieillissement

Linda Fried, doyenne de l’École de santé publique de l’Université Columbia à New York (Etats-Unis), vient d’être récompensée par le prix international de l’INSERM 2016. En 1986, alors qu’elle travaillait sur la prévention des maladies cardiovasculaires, elle reprend une formation pour devenir gériatre, convaincue que « l’augmentation de l’espérance de vie allait devenir un nouveau défi pour la médecine. » Lors de ses consultations, elle remarque la vulnérabilité de nombreux patients âgés : « ils paraissaient maigres, affaiblis, marchaient lentement et ne pratiquaient guère d’activités physiques. J’ai passé de nombreuses années à essayer d’expliquer cette fragilité. Jusqu’au jour où tous ces symptômes se sont imbriqués : le syndrome de fragilité lié au vieillissement était né. Il suppose que le déclin des fonctions physiologiques des personnes âgées est causé par la dérégulation de nombreux systèmes, notamment hormonaux. Il en résulte une vulnérabilité au moindre stress. L’apparition de ces symptômes permet aujourd’hui d’identifier les personnes âgées dont l’état de santé risque de se détériorer rapidement.

INSERM. Science et santé, janvier 2017.

Exercice et yoga

Danielle Mathersul, du centre d’étude des maladies et blessures de guerre du régime des Anciens combattants américains de Palo Alto, et de l’Université de médecine de Stanford (Californie), et Simon Rosenbaum, de l’École de psychiatrie de l’Université de Nouvelle-Galles du-Sud à Sydney (Australie), proposent une revue de la littérature sur les interventions non médicamenteuses pour réduire la dépression, un facteur de risque modifiable du déclin cognitif. Deux interventions efficaces sont l’exercice physique et le yoga. Mais on ne sait pas quelles sont les composantes de ces interventions (activité physique, conscience réfléchie, présence attentive…) qui sont nécessaires ou suffisantes pour produire un effet.

Mathersul DC et Rosenbaum S. The Roles of Exercise and Yoga in Ameliorating Depression as a Risk Factor for Cognitive Decline. Evid Based Complement Alternat Med 2016 ; 2016:4612953. 1er décembre 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5156813/pdf/ECAM2016-4612953.pdf (texte intégral).

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