Exercice physique et prévention : quelles bases physiologiques ?

« Le vieillissement déclenche de façon naturelle un déclin de la cognition dans les circuits cérébraux, conduisant à des modifications des fonctions exécutives de plus en plus sévères. L’exercice, en revanche, agirait comme une stratégie de renforcement cognitif en modulant la plasticité neuronale via la régulation du facteur neurotrophique issu du cerveau [BDNF-brain-derived neurotrophic factor, une protéine aidant à stimuler la croissance et la différenciation de nouveaux neurones et synapses à partir de cellules-souches, notamment dans l’hippocampe et le cortex]. Gilmara de Assis et Katie Moraes de Almondes, du département de psychologie de l’Université fédérale de Rio Grande do Norte à Natal (Brésil), proposent une revue systématique de ce sujet. « L’exercice physique aérobique est une intervention majeure pour l’amélioration des fonctions exécutives. Son effet dépend de la dose d’exercice, indépendamment de l’état cognitif », concluent les chercheurs. [L’activité physique aérobie est une activité nécessitant l’oxygène comme source principale de combustion des sucres fournissant l’énergie à l’organisme. Le niveau d’activité doit être suffisamment faible pour ne pas imposer de difficultés respiratoires ni de douleurs musculaires.]

De Assis GG et Moraes de Almondes K. Exercise-dependent BDNF as a Modulatory Factor for the Executive Processing of Individuals in Course of Cognitive Decline. A Systematic Review. Front Psychol 2017; 8: 584. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5395613/pdf/fpsyg-08-00584.pdf (texte intégral). www.ac-grenoble.fr/ien.grenoble5/IMG/pdf_aerobie.pdf, 24 mai 2017.

Un soutien social positif des enfants adultes réduit le risque de démence

Mizanur Khondoker, de l’Université d’East Anglia à Norwich (Royaume-Uni), et ses collègues de l'University College de Londres (UCL), de la London Metropolitan University et de l'université de Nottingham (Royaume-Uni), ont suivi dix mille personnes âgées de cinquante ans et plus, sans troubles cognitifs à l’inclusion, pendant dix ans (cohorte English Longitudinal Study of Ageing-ELSA). 3.4% des participants ont développé une démence durant la durée de l’étude. Un soutien social positif (c’est-à-dire une relation de confiance et de proximité) apporté par les enfants adultes réduit de 27% le risque de développement d'une démence. En revanche, un soutien social négatif (c'est-à-dire un comportement critique et désagréable) de l’épouse, des enfants ou d’autres proches, est associé à une augmentation de 37% du risque incident de démence. La qualité du soutien social était évaluée par le médecin généraliste. « Une relation ou un lien social qui ne fonctionne pas bien peut être une source de stress interpersonnel intense, qui peut avoir un impact négatif sur la santé physique et mentale des personnes âgées », précise le Dr Khondoker. « Ce n'est pas seulement la quantité de relations, mais la qualité de ces relations, qui peut jouer un rôle important dans la santé cognitive des personnes âgées. » Andrew Steptoe, professeur à l'University College de Londres, ajoute : « nos résultats soutiennent l'impulsion motivant les efforts locaux et nationaux consistant à aider les personnes âgées, dont beaucoup sont isolées et seules, à renforcer leurs relations sociales. »

Khondoker M et al. Positive and Negative Experiences of Social Support and Risk of Dementia in Later Life: An Investigation Using the English Longitudinal Study of Ageing. J Alz Dis 2017; 58(1): 99-108. 3 mai 2017. http://content.iospress.com/download/journal-of-alzheimers-disease/jad161160?id=journal-of-alzheimers-disease%2Fjad161160. www.ladepeche.fr/article/2017/05/03/2567624-soutien-enfants-adultes-permet-personne-agee-proteger-demence.html, 3 mai 2017.

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