Exercice physique en prévention : à quelle intensité, à quel moment de la vie ?

Une étude coordonnée par Miia Kivipelto, du centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède) et du département de prévention des maladies chroniques à l’Institut national de la santé de Finlande, a suivi 3 559 personnes âgées pendant vingt-huit ans (cohorte CAIDE). La cognition a été mesurée dans un échantillon tiré au hasard de 1 511 personnes âgées en moyenne de 78.8 ans. Les personnes ayant eu une activité physique de loisirs de niveau faible à modéré, au milieu de la vie, ont un risque de démence accru d’environ 40% par rapport aux personnes ayant eu une activité physique plus intense. Les bénéfices sont plus prononcés chez les hommes, les personnes en surpoids et les personnes ne portant pas le gène de susceptibilité génétique APOE ε4. Après le milieu de la vie, maintenir une activité physique de loisirs à un niveau élevé, ou accroître son activité physique, sont associés à une réduction de plus de 80% du risque de survenue de démence. Des résultats similaires sont observés pour la maladie d’Alzheimer.

Tolppanen AM et al. Leisure-time physical activity from mid- to late life, body mass index, and risk of dementia. Alzheimers Dement, 7 avril 2014.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24721528.

Réduire le risque cardiovasculaire et métabolique

Pei-Jung Lin et ses collègues, du centre d’évaluation de la valeur et du risque en santé de l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis), ont utilisé une cohorte Medicare (assurance santé des personnes âgées) pour simuler différents scénarios : une réduction de 10% de la prévalence du diabète, de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires et une réduction de 10% de la masse corporelle des bénéficiaires. Cette simulation montre que la réduction de ces différents facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques a le bénéfice induit de réduire le risque de survenue de la démence, retarder l’apparition des symptômes, réduire la durée de la maladie et réduire ses coûts de prise en charge.

Lin PJ et al. Unintended benefits: the potential economic impact of addressing risk factors to prevent Alzheimer's disease. Health Aff (Millwood) 2014; 33(4): 547-554. Avril 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24711313.

Prions, prions

L’équipe du Pr Rivka Inzelberg, du département de neurologie du centre médical Sheba (Tel-Hashomer, Israël) a suivi, pendant dix ans, neuf cent trente-cinq Arabes israéliens âgés de soixante-cinq ans et plus. Dans l’échantillon choisi, 60% des femmes priaient cinq fois par jour, comme le veut la coutume musulmane, et 40% de façon irrégulière. Les chercheurs ont observé que les femmes pratiquantes du premier groupe avaient un risque de déclin cognitif réduit de moitié par rapport aux femmes du second groupe. Cette différence est significative.  Les tests n’ont pas été faits parmi les hommes : seuls 10% ne priaient pas, une proportion insuffisante pour aboutir à des conclusions fiables.  Le Pr Inzelberg observe : « la prière est une coutume qui nécessite un investissement de la pensée. C’est sans doute l’activité intellectuelle liée à la prière qui pourrait constituer un facteur de protection ralentissant le développement de la maladie d’Alzheimer. »  

www.lessymboles.com, 24 avril 2014. Inzelberg R et al. Prayer at Midlife is Associated with Reduced Risk of Cognitive Decline in Arabic Women. Curr Alzheimer Res 2013; 10(3): 340–346. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3754426/pdf/nihms497792.pdf (texte intégral).

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