Agir avant la dépendance

Comment repérer les personnes âgées fragiles ? Pour le Professeur Bruno Vellas, qui dirige le gérontopôle de Toulouse et qui organisait le premier congrès francophone dédié à la fragilité des personnes âgées, il y a plusieurs critères : « la grande sédentarité, une perte de poids involontaire, une vitesse de marche lente (plus de quatre secondes pour faire quatre mètres), un sentiment de fatigabilité qui fait qu'on ne veut plus sortir pour faire ses courses ou aller voir ses amis et une diminution de la force musculaire. Si la personne remplit un de ses critères, elle est pré-fragile. Si elle remplit trois critères ou plus, la fragilité est établie. Aujourd'hui, 30 % des personnes de plus de soixante-dix ans sont pré-fragiles ou fragiles ». Comment agir ? « D'abord en ciblant la population », répond le Professeur Vellas. « Puis en recherchant les causes de la fragilité : perte de l'audition, de la vue, dénutrition, trouble de la mémoire… Il ne faut plus dire : "j'ai quatre-vingts ans, c'est l'âge ». L'hôpital de jour, que nous avons créé en 2011, un des premiers au monde, a pour but de rechercher ces causes. Après, on peut mettre en place un programme personnalisé : prescription de lunettes, portage des repas, aide-ménagère… On agit ainsi avant le stade de la dépendance, on améliore la vie du patient, on fait des économies de dépenses de santé et on crée des emplois ! » Pourquoi a-t-on tardé ? demande Emmanuelle Rey, de La Dépêche. Bruno Vellas répond : « Parce qu'il y a vingt ans, la gériatrie n'était pas une discipline académique forte. Parce que les politiques de santé ont subi le vieillissement et qu'aujourd'hui il faut payer la dépendance et parce que l'industrie pharmaceutique commence à peine à s'y intéresser. En Midi-Pyrénées, nous allons d'ici 2014 déployer les hôpitaux de jour dans toutes les grandes villes ». Il estime que « 95% des forces de la gériatrie sont utilisées au stade de la dépendance, où il est bien difficile de regagner de l’autonomie, c’est-à-dire à un stade souvent bien tardif ». 

www.ladepeche.fr, 17 avril 2013.

Activité physique : quel rôle dans la prévention de la démence ?

Effets antioxydants, angiotrophiques (sur les vaisseaux sanguins), neurotrophiques sur les neurones) : Nikolas Samaras du département de médecine interne, réhabilitation et gériatrie des Hôpitaux universitaires de Genève (Suisse), et ses collègues, proposent une revue du rôle de l’activité physique, qui « représente probablement un point clé dans la prévention des troubles cognitifs au grand âge, même si les modalités pratiques de cet exercice restent à préciser, que ce soit le type d’exercice, le seuil d’efficacité ainsi que le moment dans la vie durant lequel l’activité physique serait le plus bénéfique. » 

Samaras N et al. La prévention de la démence. Quel est le rôle de l’activité physique ? Neurologie Psychiatrie Gériatrie 2013 ; 13 : 172-178. Juin 2013.

www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1627483012001754.

Complications évitables en contexte hospitalier

Une étude rétrospective de cohorte, menée par Kasia Bail de la Faculté de médecine de l’Université de Canberra (Australie), à partir de quatre cent vingt mille épisodes hospitaliers de patients âgés de cinquante ans et plus, montre que les patients atteints de démence et hospitalisés en chirurgie ou en médecine présentent davantage de complications : infections urinaires, escarres, délire, pneumonie, troubles physiologiques et métaboliques, infection et impossibilité de survie. Quatre complications significativement plus fréquentes chez les personnes atteintes de démence peuvent être potentiellement évitées : les infections urinaires, les ulcères, la pneumonie et le délire.

Bail K et al. Potentially preventable complications of urinary tract infections, pressure areas, pneumonia, and delirium in hospitalized dementia patients: retrospective cohort study. BMJ, 13 juin 2013. http://bmjopen.bmj.com/content/3/6/e002770.full.pdf+html (texte intégral).

Le comportement de prévention de la démence au sein du couple

Une étude coréenne, menée par Jeong Ko Suk et Hee Shin Sung, de l’Université Kyung Hee de Séoul, auprès de cent-quinze couples âgés de soixante ans et plus, montre que pour promouvoir une activité de prévention de la démence chez les personnes âgées, les programmes doivent concerner le couple, mais de façon différente pour le mari et pour la femme. L’efficacité personnelle (self-efficacy) chez la femme n’a pas d’effets directs sur le comportement de prévention, mais des effets indirects à travers la connaissance de la démence. L’efficacité personnelle chez le mari a des effets directs sur le comportement de prévention et des effets indirects à travers la connaissance de la démence. La dépression de la femme exerce un effet d’acteur direct sur le comportement de prévention et un effet indirect à travers la connaissance de la démence. La dépression du mari n’exerce pas d’effet d’acteur direct sur le comportement de prévention, mais un effet indirect à travers l’efficacité personnelle et la connaissance de la démence. L’ampleur de l’effet (effect size) de la connaissance de la démence, de l’eficacité personnelle et de la dépression sur le comportement de prévention de la démence est plus importante chez les femmes que chez les hommes. Le comportement de prévention, la connaissance de la démence et la dépression ont un effet mutuel.

Ko SJ et Shin SH. Effect of dementia knowledge, self-efficacy and depression on dementia preventive behavior in elderly couples : dyadic data analysis. J Korean Acad Nurs 2013; 43(2): 276-286. http://synapse.koreamed.org/Synapse/Data/PDFData/0006JKAN/jkan-43-276.pdf (texte intégral, article en coréen).

Parcours de santé des personnes âgées à risque de perte d’autonomie

Dans le cadre de l’article 70 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé, a annoncé les huit régions désignées pour l’expérimentation des parcours de santé des personnes âgées à risque de perte d’autonomie (Paerpa) : Aquitaine (communauté urbaine de Bordeaux et de ses environs) ; Centre (Amboise et environs) ; Ile-de-France (9ème, 10ème et 19ème arrondissements de Paris) ; Limousin (département de la Corrèze) ; Lorraine (Nancy et environs). Midi-Pyrénées (départements de Hautes-Pyrénées) ; Nord-Pas-de-Calais (Liévin et environs) ; Pays-de-Loire (département de Mayenne).

Retour haut de page