Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie : la recherche en sciences humaines et sociales sur le vieillissement

« Les travaux de recherche en sciences humaines et sociales (SHS) sur le vieillissement sont nombreux en France, à l’initiative des chercheurs des universités, des établissements publics à caractère scientifique et technique (EPST), des organismes de protection sociale, d’associations ou de fondations », rappelle le plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie. Selon un recensement de la Caisse nationale d’assurance vieillesse de 2012, « plus de quatre-vingt-dix équipes de recherche investiguent la thématique du vieillissement dans différents cadres disciplinaires et sur des thèmes et des échelles variés. Malgré leur qualité, la dispersion des travaux et le cloisonnement des équipes sont notables : sur les quatre cent quatre-vingts chercheurs recensés en France entière, 75% sont réunis dans des centres regroupant moins de quatre chercheurs travaillant sur les thématiques du vieillissement et peu en pluridisciplinarité. Cette dispersion des équipes en SHS et le petit nombre de chercheurs au sein de chaque équipe réduisent la mutualisation et la capitalisation des connaissances d’une part, et, d’autre part, les capacités de réponse aux appels à projets en constituant des équipes pluridisciplinaires de taille suffisante, en particulier dans une perspective européenne. Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a demandé de mettre en place une coordination des équipes de recherche sur le vieillissement. Le Groupement de recherche (GDR) multi-organismes Longévité et vieillissements a été créé par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en janvier 2014, pour une période de quatre ans renouvelable. »

Actualités sociales hebdomadaires, 25 septembre 2015. Ministère des Affaires sociales, de la santé et des droits des femmes. Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie. Aquino JP (rapporteur). Septembre 2015. www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_national_daction_de_prevention_de_la_perte_dautonomie.pdf (texte intégral).

Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie : la prévention du risque de démence

Le Dr Jean-Pierre Aquino, président du comité Avancée en âge, a remis à Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la famille, de l’enfance, des personnes âgées et de l’autonomie, un plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie. Les mesures 27 et 28 du plan visent à « développer la recherche sur les facteurs de risque de fragilité et de dépendance en vue de construire les actions et les organisations optimales pour leur prise en charge et donner un nouvel élan à la recherche sur la perte d’autonomie et les démences ». Sur ce dernier point, le plan national de prévention de la perte d’autonomie compte sur la mise en œuvre des mesures portant sur la recherche du plan Maladies neuro-dégénératives 2014-2019.

Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes. Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie. Aquino JP (rapp.). Septembre 2015. www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_national_daction_de_prevention_de_la_perte_dautonomie.pdf (texte intégral).

Syndrome de risque cognitivo-moteur

« Le syndrome de risque cognitivo-moteur (MCR) est un syndrome (ensemble de signes) nouvellement décrit, au stade prédémentiel, caractérisé par des plaintes cognitives et une marche lente », écrivent Takehiko Doi et ses collègues, du département de gérontologie préventive du centre national de gériatrie et de gérontologie à Obu (Japon). Une étude menée sur neuf mille sept cents personnes montre une prévalence globale de 6.4% de ce syndrome. Le risque augmente avec l’âge, le diabète (risque multiplié par 1.5), les symptômes dépressifs (risque multiplié par 3.6), les chutes (risque multiplié par 1.5), l’obésité (risque multiplié par 1.3) et l’inactivité physique (risque multiplié par 1.6). Ces facteurs sont potentiellement modifiables.

Doi T. Motoric Cognitive Risk Syndrome: Prevalence and Risk Factors in Japanese Seniors. J Am Med Dir Assoc, 14 octobre 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26476498.

Un score de risque pour la prévention de la démence dès le milieu de la vie

Kate Irving, docteur en sciences infirmières, est responsable de la clinique Memory Works (« la mémoire travaille ») à l’Université de la Ville de Dublin (Irlande). C’est un centre de santé de proximité ouvert sans ordonnance d’orientation préalable par un médecin. « Toute personne âgée de plus de quarante ans qui s’inquiète pour sa mémoire est bienvenu pour une évaluation et une orientation éventuelle vers un professionnel spécialisé. Des tests psychométriques sont utilisés dans l’évaluation et permettent de faire la différence entre des troubles de mémoire bénins associés au vieillissement et un réel déficit. Mais il ne s’agit en aucun cas de diagnostic. » Kate Irving a obtenu un financement de trois millions d’euros du programme-cadre européen de recherche FP7 pour coordonner une étude visant d’une part à identifier les facteurs de risque modifiables et les facteurs protecteurs de la maladie d’Alzheimer et de la démence au milieu de la vie (vers quarante ou cinquante ans), et d’autre part à développer avec le médecin généraliste un plan d’action pour aider la personne à prévenir ces risques (projet in-MINDD : innovative midlife intervention for dementia deterrence). Outre l’Université de la Ville de Dublin, collaborent à ce projet les Universités de Maastricht (Pays-Bas), de Glasgow (Royaume-Uni) et de Nice-Sophia Antipolis (France). Douze facteurs modifiables au milieu de la vie ont été identifiés pour prévenir ou retarder la survenue de la démence au cours de l’avancée en âge : la dépression, l’hypertension au milieu de la vie, l’inactivité physique, le diabète, l’obésité au milieu de la vie, l’hyperlipidémie, la consommation de tabac, la maladie coronarienne, la dysfonction rénale, le régime alimentaire et l’activité cognitive. Ces facteurs et les mesures de prévention restent mal connus des professionnels de santé et du grand public. Un score de risque est proposé sur Internet pour que chacun puisse évaluer si son style de vie personnel permet ou non de préserver sa santé cérébrale à long terme, de modifier son style de vie en conséquence et de se faire accompagner dans ce changement.

In-MINDD Newsletter, automne 2015. Dublin City University, 2 octobre 2015. www.thecollegeview.com/2015/10/14/dcu-led-research-group-highlights-way-forward-for-dementia-prevention/, 14 octobre 2015.  www4.dcu.ie/marketing/staffnews/2012/nov/kate-irving.shtml, novembre 2012.

Jardinage : quelle efficacité ?

Le Dr Ivy Shiue, du département des soins de santé de l’Université de Northumbria, et du centre de recherche d’Alzheimer Ecosse à l’Université d’Édimbourg, à partir des données de l’enquête Scottish Health Survey, portant sur neuf mille sept cents personnes, montre que la pratique du jardinage est associée à une meilleure santé mentale, que les personnes soient atteintes ou non d’une maladie cardio-vasculaire. Il s’agit de la capacité de concentration, du sentiment que jouer est une activité utile, de se sentir capable de prendre des décisions, de ne pas avoir le sentiment de ne servir à rien, d’être raisonnablement heureux.

Shiue I. Gardening is beneficial for adult mental health: Scottish Health Survey, 2012-2013. Scand J Occup Ther, 16 septembre 2015.  www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26375798.

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