Pour un bilan en médecine générale

La maladie d’Alzheimer reste sous-diagnostiquée en France : la moitié seulement des personnes malades est identifiée et le diagnostic est porté tardivement, après deux à trois ans d’évolution en moyenne. L’expertise collective de l’INSERM propose de « définir un protocole permettant au médecin généraliste de faire un premier bilan à l’aide d’outils adaptés et rapides ».
INSERM, Expertise collective. Maladie d’Alzheimer. Enjeux scientifiques, médicaux et sociétaux. http://ist.inserm.fr/basisrapports/alzheimer.html , novembre 2007. 654 pages. La Croix , www.sante.net , 15 novembre 2007. 

Premiers signes

Pour Bruno Dubois, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, certains troubles doivent attirer l’attention : se perdre dans des endroits habituels, avoir du mal à se repérer dans le temps, avoir du mal à trouver le mot juste. Il y a aussi une modification du comportement, de l’apathie alors que l’on n’est pas dépressif. Les lésions débutent tôt, puisqu’à l’âge de quarante-sept ans, 50% des gens présentent des lésions de la maladie d’Alzheimer. Mais la maladie va mettre trente ou quarante ans avant de s’exprimer. Fati Nourashemi, gériatre au centre mémoire de Toulouse, précise qu’en France, où la moitié des cas ne sont pas diagnostiqués, la durée moyenne entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic est de vingt-quatre mois en France, contre dix en Allemagne et vingt mois en Europe. 
www.lejdd.fr , 12 novembre 2007. Assemblée nationale. Bérengère Poletti. Avis de la Commission des Affaires culturelles, familiales et sociales sur le projet de loi de finances 2008. Solidarité, insertion et égalité des chances, handicap et dépendance . 11 octobre 2007.

Freins aux essais cliniques

Tester de nouveaux médicaments sur les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer bute sur des blocages juridiques, logistiques et éthiques. Les longues notes d’information à lire aux personnes malades et à leurs familles pour obtenir leur consentement à un essai thérapeutique ont un effet dissuasif, regrette Florence Pasquier, responsable du Centre mémoire du CHU de Lille. D’autres freins sont le manque de créneaux disponibles en imagerie, le déficit de temps des praticiens hospitaliers et l’arrêt des essais dits « à recrutement compétitif »où le nombre des participants s’arrête à un nombre fixé à l’avance, sans tenir compte des malades déjà convoqués pour un rendez-vous. www.agevillage.com , 12 novembre 2007.

Diagnostic et initiation du traitement

Le régime social des indépendants (RSI-artisans, commerçants et professions libérales) publie une étude médicale et économique portant sur seize mille personnes et décrivant les coûts des prestations associées aux délivrances de médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer, les associations médicamenteuses ainsi que le profil des personnes traitées par les médicaments spécifiques en début de traitement et en traitement depuis au moins deux ans. L’âge moyen des patients nouvellement traités est de quatre-vingt un ans. Les premières prescriptions croissent très fortement à partir de soixante-dix ans avec un pic à quatre-vingt deux ans. Dans la moitié des cas, le délai entre le diagnostic et le traitement est inférieur ou égal à trois mois. A l’instauration du traitement, 51.9% des patients ont bénéficié des cinq examens biologiques (TSH, ionogramme, glycémie, hémogramme, calcémie), de l’imagerie et du MMSE (mini mental status examination ) préconisés par la HAS. Lorsqu’une imagerie est réalisée (85.8% des cas), l’IRM représente 13.8% de l’imagerie et le scanner 84.4% ; 91.6% des patients nouvellement traités sont évalués par le MMSE, avec une médiane des scores de 20. La maladie d’Alzheimer motive la prescription dans 76.8% des mises sous traitement et 91.3% des prescriptions au long cours. 
www.urcam.assurance-maladie.fr , 22 octobre 2007. RSI. Médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer. Septembre 2007. 

Seuil critique

Tous les cerveaux âgés présentent des lésions vasculaires et dégénératives; sans pour autant que les individus évoluent vers la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Existe-t-il un seuil critique pour déclarer la maladie ? Chacune des formes de démence correspond-elle à un profil précis de lésions ? Croisant les approches psychiatriques, gériatriques et neuropathologiques, et sur la base d’une analyse de cent cinquante-six cerveaux de personnes suivies prospectivement, un seuil-limite a été établi pour chaque type de lésion, au-delà duquel la probabilité de développer une démence est élevée. Cette étude permet une distinction très nette entre les trois types de maladie : maladie d’Alzheimer, démence vasculaire et démence mixte. Les auteurs observent une association entre l’hypertension et les micro-lésions vasculaires. Des micro-cicatrices, encore invisibles par imagerie, mais bien connues des neuropathologistes grâce aux autopsies, s’avèrent bien plus dangereuses qu’on ne l’imaginait. 
www.senioractu.com . 12 novembre 2007. www.unige.ch , 30 octobre 2007. Brain. Gold G et al. Identification of Alzheimer and vascular lesion thresholds for mixed dementia . Novembre 2007.

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