Vieille Europe

En 2050, le tiers de la population européenne sera âgé de plus de soixante ans, et un européen sur dix aura plus de quatre-vingts ans. Ce bouleversement démographique soulève des questions économiques et sociales comme l’emploi des seniors, la retraite ou la dépendance. Une enquête européenne longitudinale sur le vieillissement, SHARE (Survey of Health, Aging and Retirement in Europe), financée par la Commission européenne et coordonnée par le Professeur Axel Börsch-Supan, du centre de recherche en économie du vieillissement de l’Université de Mannheim (Allemagne), vise à produire des connaissances scientifiques sur le sujet. En France, l’étude SHARE, cofinancée par l’INPES (Institut national pour la promotion et l’éducation à la santé) est conduite par l’IRDES (Institut de recherche en économie de la santé), en collaboration avec l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). La quatrième phase de l’enquête, menée auprès de soixante-mille personnes dans vingt pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Suède, Suisse, France, Irlande, Israël, Pologne, République tchèque, Slovénie, Estonie, Hongrie, Portugal, Luxembourg), s’articule autour de trois thèmes principaux : santé, économie et social. Concernant la santé, seront mesurées la santé physique, mentale, les comportements à risque, la consommation de soins pour la santé déclarée ; les fonctions cognitives, la force de préhension, la capacité d’expiration pulmonaire pour les mesures de santé objective. Le volet économique s’intéresse à l’emploi et à la retraite, aux transferts financiers, au logement, au revenu, à la consommation, au patrimoine et aux projets. En sciences sociales, l’enquête s’intéresse à la composition du ménage, à la démographie, à la contribution des enfants à la vie familiale, aux réseaux sociaux, à l’aide apportée ou reçue, et aux activités pour la vie sociale.

Prévention de la maladie d’Alzheimer

Une étude sur mille sept cents personnes âgées et portant sur l’alimentation spécifique, l’activité physique et la stimulation de la mémoire, a été lancée par le centre hospitalo-universitaire de Toulouse. Selon Sophie Gillette, chef de projet recherche au Gérontopôle de Toulouse, « cette étude a pour objectif de déterminer si la mise en place de plusieurs mesures préventives liées au mode de vie peut protéger contre le déclin de la mémoire chez les personnes de soixante-dix ans et plus ». Durant trente-trois mois, les personnes participant à l’étude absorberont des gélules d’acides gras oméga 3, pratiqueront trente minutes de marche à pied chaque jour, participeront à des tests de mémorisation et à des ateliers. Les résultats de cette étude sur treize villes du sud de la France sont attendus pour 2014.

www.google.com, 1er mars 2011

Facteurs de risque cardiovasculaires

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est la première cause de handicap, la deuxième cause de démence et la troisième cause de mortalité, selon le Pr Maurice Giroud, chef du service de neurologie au CHU de Dijon. L’incidence des AVC, observés grâce au registre mis en place depuis 1985, n’a pas baissé, mais l’âge de son apparition a reculé de cinq ans pour les hommes et de huit ans pour les femmes. Il est probable que la prévention primaire (sevrage tabagique et meilleure prise en charge de la prévention artérielle et du diabète) est à l’origine du recul de l’âge des AVC. Depuis 2004, l’amélioration de la qualité de la prise en charge des AVC, grâce au réseau Bourgogne AVC, s’est traduite par une baisse significative du taux de mortalité à un mois (de 19 à 9%) et du taux de récidive (de 16 à 12%). 

www.has-sante.fr, DPC & Pratiques 53, mars 2011.

Déficience auditive et maladie d’Alzheimer : quel rapport ? (1)

La déficience auditive toucherait plus de 5.1 millions de personnes en France métropolitaine (8.7% de la population). Aux Etats-Unis, une étude menée par l’Institut Johns Hopkins de Baltimore montre une prévalence de 63% chez les personnes âgées de soixante-dix ans et plus. Le taux d’appareillage est de 40% au stade modéré de la perte auditive, et de 3.4% au stade débutant. Le Figaro consacre un dossier au sujet. Le Dr Christine Poncet-Wallet, oto-rhino-laryngologiste à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), souligne l’importance de détecter précocement la presbyacousie, liée au vieillissement naturel de l’oreille interne : celle-ci se traduit par une atteinte des cellules sensorielles chargées de détecter les fréquences aigues et apparaît après la cinquantaine chez l’homme, après la soixantaine chez la femme. Le cerveau a besoin de cet entraînement quotidien pour continuer à faire la sélection entre bruits de fond et informations sonores utiles. « Ainsi, quand on attend trop pour porter une aide auditive, on se sent soudain envahi par la réapparition des bruits du quotidien qu’on avait oubliés, qui peuvent devenir intolérables. Et il est encore plus difficile d’entendre et de comprendre ce que l’on veut. C’est une cause d’échec des aides auditives ». L’autre raison pour laquelle il est conseillé de ne pas trop attendre pour porter une aide auditive est l’impact du handicap auditif sur la santé. « En vieillissant, beaucoup de personnes âgées se retrouvent seules. Les réunions entre retraités, la télévision, les appels téléphoniques des enfants, représentent alors des occasions pour rester en contact avec le monde extérieur. Si elles disparaissent, c’est la porte ouverte à beaucoup de troubles. Certaines études récentes suggèrent ainsi qu’une audition préservée diminuerait le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer », explique le Dr Poncet-Wallet. Selon l’étude de Lin et al (Arch Neurol), ce risque est multiplié par un facteur allant de 1.89 au stade léger de la perte auditive (perte de 25 à 40 décibels par rapport à la normale sur la meilleure oreille) à 4.94  au stade sévère (perte supérieure à 70 décibels).

Le Figaro, 7 mars 2011. Lin FR et al. Hearing Loss Prevalence and Risk Factors Among Older Adults in the United States. J Gerontol A Biol Sci Med Sci, 27 février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21357188. Lin FR et al. Hearing loss and incident dementia. Arch Neurol 2011 ; 68(2) : 214-20. Février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21320988. Gates GA et al. Executive dysfunction and presbycusis in older persons with and without memory loss and dementia. Cogn Behav Neurol 2010; 23(4) : 218-223. Décembre 2010. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21150347.

Déficience auditive et maladie d’Alzheimer : quel rapport ? (2)

Si un sujet normal est très handicapé par les troubles de l’audition, qu’en est-il d’un malentendant qui débute une maladie d’Alzheimer ? C’est la question sur laquelle travaille le Groupe de recherche Alzheimer presbyacousie santé (GRAP). Pour Didier Bouccara, chef du pôle gériatrie au centre hospitalier de Puteaux, Arach Madjilessi et Isabelle Mosnier, du service d’ORL de l’hôpital Beaujon de Clichy, une prise en charge pluridisciplinaire, associant ORL et gériatres, trouve tout son intérêt, les consultations pour plainte mnésique pouvant être l’occasion de détecter une presbyacousie et réciproquement.

« Au départ, on ne se rend pas compte que l’on entend moins bien, on pense que ce sont les autres qui ne s’expriment pas correctement », explique le professeur Christian Gelis, biophysicien à l’Université de Montpellier. C’est pourquoi on doit avoir la puce à l’oreille si la compréhension devient pénible lorsque les conditions sonores sont plus difficiles : ambiance sonore bruyante, discussion au téléphone, conversation en groupe. Autre signe à repérer : la baisse des performances porte, au départ, sur les bruits aigus, et comme la plupart des consonnes du langage parlé ont un son aigu, on peut avoir l’impression que les autres marmonnent ou que certaines consonnes sont peu compréhensibles, alors que l’intensité de la parole semble normale. A l’occasion de la journée nationale de l’audition, le 10 mars 2011, l’association France Presbyacousie propose un test de dépistage par téléphone, le test « Hein ? ».

Le Figaro, 7 mars 2011. Pouchain D et al.  La presbyacousie est-elle un facteur de risque de démence ? Etude AcouDem. Revue de Gériatrie 2007 ; 32(6) : 439-445. Juin 2007. www.grapsante.com/telechargement/presentation-etude.pdf. Bouccara D et al. Intérêt d’une prise en charge pluridisciplinaire de la presbyacousie. Soins Gérontologie 2010 ; 15(84) : 12-16. Juillet-août 2010. www.em-consulte.com/article/258396. Les Echos, 10 mars 2011.

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