Démence : la première cause d’entrée en dépendance

Enée, le club parlementaire sur l’autonomie et la dépendance, présidé par les députés Denis Jacquat (Moselle), Bérengère Poletti (Ardennes) et Valérie Rosso-Debord (Meurthe-et-Moselle), publie une fiche thématique rédigée par Françoise Forette, directrice de la Fondation nationale de gérontologie. Selon elle, la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées sont la cause la plus fréquente de dépendance. Les avancées de la recherche fondamentale, clinique ou thérapeutique sont les déterminants majeurs de la prévention de la dépendance.

Forette F. Prévention de la dépendance : le défi de la longévité. Enée-club parlementaire sur l’autonomie et la dépendance. Fiche thématique n°4. Novembre 2010. http://club-enee.fr.

Programme hospitalier de recherche clinique 2011

La direction générale de l’offre de soins (DGOS) a lancé les appels à projet pour le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) en 2011. Ce programme étant financé par l’assurance maladie, seuls sont éligibles les projets dont l’objet correspond à la définition de la recherche clinique : une recherche effectuée chez l’homme et dont la finalité est l’amélioration de sa santé. Les projets « privilégieront l’évaluation de l’impact de ces stratégies et des pratiques de soins, essentiellement au moyen d’essais comparatifs interventionnels (comparative effectiveness research). Cette évaluation doit permettre de mieux connaître leur efficacité sur la santé ou la qualité de vie des patients et de mieux appréhender par des études coût-efficacité l’efficience du système de soins. En conséquence, les études de cohorte ayant pour seul objet la constitution d’une banque de données biologiques ne seront pas retenues dans le champ du PHRC 2011 ». La maladie d’Alzheimer et le vieillissement constituent une thématique spécifique parmi d’autres (nutrition et obésité ; cancer ; santé mentale, addiction et autisme ; pédiatrie, maladies chroniques ; maladies rares ; fin de vie et soins palliatifs ; accidents vasculaires cérébraux ; médecine générale ; handicap et rééducation fonctionnelle).

Pour la maladie d’Alzheimer, « il s’agit de poursuivre l’axe thématique se rapportant au plan présidentiel « Alzheimer et maladies apparentées » 2008-2012 étendu à la recherche clinique sur les pathologies du vieillissement liées au très grand âge (au-delà de quatre-vingt-cinq ans) ». Les dossiers seront pour partie revus par des experts extérieurs à la France, en collaboration avec la Fondation Plan Alzheimer. Le PHRC 2011 souhaite mobiliser la recherche clinique en France sur les thèmes prioritaires suivants : création au sein d’un centre de recherche clinique ayant une expérience des investigations de neurologie et/ou de gériatrie d’une activité d’exploration du métabolisme des protéines du cerveau et du liquide céphalo-rachidien ; mise en œuvre d’un projet de prévention des anomalies cérébro-vasculaires silencieuses découvertes en imagerie de résonance magnétique par une étude d’intervention médicamenteuse sur les facteurs de risque cardiovasculaires ; études en cours depuis 2006 dont les premiers résultats peuvent nécessiter une accélération des recherches (en particulier des études impliquant les neuropathologistes, des études suggérées par les retombées en recherche clinique des études de génétique, des études sur le système de santé, en particulier celles testant différents mode de coordination entre établissements de santé, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et médecins libéraux).

Instruction DGOS/PF4/2010/367 du 4 octobre 2010, circulaires.gouv.fr/pdf/2010/10/cir_31893.pdf, www.agevillagepro.com, 2 novembre 2010.

Nouveaux critères de diagnostic : réactions (1)

Le psychogérontologue Jérôme Pélissier dénonce, sur le registre de la dérision, le nouveau cadre diagnostique de la maladie d’Alzheimer, selon lui réducteur, proposé récemment par une équipe d’experts internationaux. Il écrit : « la maladie d’Alzheimer énerve les Grands Neurologues Shadoks. Elle les énerve parce qu’ils ne la comprennent pas. Elle les condamne à la modestie et à l’humilité. Violent. Elle les énerve parce qu’ils y vivent l’échec, notamment de leur fantasme de réduction de l’esprit au cerveau, de leur rêve de pouvoir affirmer : « Montre moi ton IRM, je te dirai qui tu es » (…). Elle les énerve parce qu’ils ne peuvent affirmer qu’elle est (probablement) présente qu’en présence justement de symptômes... Autrement dit, quand peuvent aussi l’affirmer d’autres professionnels, psychologues et neuropsychologues notamment. C’est vexant. A quoi sert en effet d’être Grand Neurologue Shadok si on ne peut même pas lire l’avenir des patients dans leur cerveau. Un jour heureusement, un des Grands Neurologues Shadoks eut une révélation : puisqu’en effet tout shadok bien portant est un shadok malade qui s’ignore, il suffisait de peu de choses pour prouver que tout un tas de shadoks sans symptômes étaient des malades d’Alzheimer en puissance. Il suffisait de changer la définition de la maladie. D’en exclure les symptômes. De simplement prendre quelques marqueurs qu’on trouve un peu plus souvent dans les cerveaux des shadoks malades que dans ceux des shadoks sains, et de déclarer illico qu’est atteint de La Maladie tout shadok contenant un cerveau contenant lesdits marqueurs. L’affaire était jouée ». 

Nouveaux critères de diagnostic : réactions (2)

Jérôme Pélissier poursuit : « certains shadoks râleurs firent remarquer que pas mal de cerveaux shadoks contiennent de tels marqueurs et ne développent jamais la maladie. Peu importe ! Pour le Grand Neurologue Shadok, en cela fort soutenu par la shadokindustrie du médicament, il vaut nettement mieux annoncer qu’ils sont malades à des shadoks sains qui ne deviendront pas malades qu’annoncer à des shadoks qui deviendront peut-être un jour malades qu’on ne sait pas justement s’ils le deviendront. La nouvelle définition de La Maladie comportait de surcroît, pour le Grand Neurologue Shadok, un intérêt non négligeable : elle lui permettait non seulement d’éviter les shadoks malades, qu’il n’avait plus besoin de voir, de regarder, d’écouter, pour établir le diagnostic, mais aussi de se débarrasser des shadoks psychologues, neuropsychologues et Cie, qui avaient une fâcheuse tendance à précisément écouter lesdits shadoks malades. Quant aux shadoks qui allaient se voir prédire, dans de telles conditions d’incertitude, une maladie que peut-être ils n’auraient jamais, ils doutaient... Car même s’ils développaient vingt ans après l’annonce la fameuse Maladie, ils se demandaient bien quel intérêt il y avait à le savoir vingt ans avant, puisque rien ne permettait de l’éviter ». Jérôme Pélissier renvoie les internautes au livre Le Mythe Alzheimer, de Peter Whitehouse et Daniel George, ainsi qu’aux blogs de Martin Winkler sur l’utilité du dépistage précoce et d’Anne-Claude Juillerat et Martial Van der Linden, enseignants à l’Université de Genève et animateurs du site du Mythe Alzheimer.

Les médecins confrontés à l’explosion des connaissances (1)

La base de données bibliographique Pubmed (U.S. National Library of Medicine) recense plus de six mille huit cents articles sur la maladie d’Alzheimer ou la démence publiés dans des journaux médicaux depuis un an.

Plus généralement, Alain Perez, journaliste au service innovation des Echos, constate que plus de cinq cent mille communications scientifiques sont publiées tous les ans dans les journaux médicaux du monde entier, « mais la quasi-totalité n’apporte rien de neuf (…). Le dessus du panier est riche d’environ un millier de pépites en or massif, soit près de trois par jour ». Pour le journaliste, « ces percées majeures sont des vedettes en puissance et produisent deux effets principaux. Elles déclenchent instantanément l’appétit des industriels de la pharmacie et retiennent l’attention des associations de patients ». Mais le progrès va trop vite pour les professionnels de santé, notamment les médecins généralistes, dépassés par la quantité d’information, et pas assez vite pour les malades, qui demandent à bénéficier sans délai de toutes les techniques de pointe : « un monde déroutant où les patients en savent plus que les généralistes et parfois autant que les meilleurs spécialistes, grâce aux forums Internet »selon les travaux de la convention CHAM (Convention on Health Analysis and Management) de Chamonix, tenue fin septembre 2010. « Entre les prescripteurs et les bénéficiaires, les autorités de santé voient monter l'addition avec inquiétude. Résultat, elles imposent aux uns et aux autres une régulation basée sur la mesure de l'efficacité des traitements et de leur service médical rendu. Au risque de mécontenter tout le monde. Certains médecins aux avant-postes de la recherche scientifique estiment que la régulation est une forme de rationnement privant les malades de traitements expérimentaux dont l'efficacité a été démontrée par des essais cliniques incontestables « , écrit Alain Perez

www.lesechos.fr, 29 octobre 2010. www.canalcham.fr, 24-25 septembre 2010

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