Maladie d’Alzheimer : des causes encore obscures

On estime à vingt-quatre millions la population de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le monde. Pour les épidémiologistes Christiane Reitz et Richard Mayeux, de l’Université Columbia de New York (Etats-Unis) et Carol Brayne, de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), qui proposent une synthèse des connaissances dans la revue scientifique Nature, les mécanismes étiologiques à l’origine des changements neuropathologiques observés dans la maladie d’Alzheimer demeurent obscurs, et sont probablement affectés à la fois par des facteurs environnementaux et des facteurs génétiques. Ils rappellent comment la maladie est associée au vieillissement normal, tout en restant distincte de celui-ci.

Reitz C et al. Epidemiology of Alzheimer’s Disease. Nat Rev Neurol, 8 février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21304480.

Réseaux neuroanatomiques

Il existe de nombreuses tentatives d’explication du déclin cognitif par la réduction du volume de certaines zones cérébrales. Mais le cerveau humain est un réseau, et il serait peut-être plus pertinent de relier les fonctions cognitives à des propriétés du réseau plutôt que de zones spécifiques. Une étude collaborative d’imagerie, associant l’Ecole de psychiatrie de l’Université de Nouvelle-Galles-du Sud à Sydney, le département de mathématiques de l’Université de Melbourne (Australie), et le laboratoire clé d’Etat pour les neurosciences et l’apprentissage de l’Université normale de Pékin (Chine), portant sur 342 personnes sans troubles cognitifs, âgées de soixante-douze à quatre-vingt-douze ans, identifie pour la première fois une carte de connectivité neuro-anatomique associée à la vitesse de traitement de l’information, des fonctions visuo-spatiales et exécutives chez la personne âgée. Le réseau de connexions implique la quasi-totalité des régions du cortex.

Wen W et al. Discrete neuroanatomical networks are associated with specific cognitive abilities in old age. J Neurosci 2011 ; 31(4) : 1204-1212. 26 janvier 2011.

Personnes très âgées : prévalence accrue de la démence

Les personnes très âgées (quatre-vingt-cinq ans et plus) font l’objet de peu de recherche clinique.

Selon une étude du service de médecine de ville et réhabilitation de l’Université d’Umeå (Suède), portant sur neuf cents personnes âgées de quatre-vingt-cinq ans et plus (Mathillas J et al), la prévalence de la démence a significativement augmenté dans cette tranche d’âge en cinq ans, passant de 26.5% dans la période 2000-2002 à 37.2% dans la période 2005-2007. Durant cette dernière période, les chercheurs notent également une croissance de la prescription d’antihypertenseurs, d’antilipémiants, d’inhibiteurs de la cholinestérase (médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer) et de chirurgie cardiaque. L’augmentation de la prévalence pourrait donc être due à une survie plus longue des personnes ayant des facteurs de risque cardiovasculaire et des personnes ayant une démence établie. 

Mathillas J et al. Increasing prevalence of dementia among very old people. Age Ageing 2011 ; 40(2) : 243-249. Mars 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21258087.

Personnes très âgées : qualité de vie

Le service de psychiatrie et psychologie de la clinique Mayo de Rochester (Minnesota, Etats-Unis), a interrogé 144 personnes âgées de quatre-vingt-treize ans en moyenne (56 ne présentant pas de troubles cognitifs, 13 un déficit cognitif léger, 41 une démence, 34 une démence associée à un accident vasculaire cérébral ou une maladie de Parkinson), vivant à domicile. Dans cet échantillon, les personnes âgées elles-mêmes déclarent avoir une qualité de vie relativement bonne (de 6.8 à 8.3 sur 10), indépendamment de la sévérité de leurs troubles cognitifs. Les aidants perçoivent la qualité de vie des personnes malades à un niveau inférieur. Cette différence de perception de la qualité de vie entre la personne malade et l’aidant est plus prononcée chez les personnes atteintes de démence.

Lapid MI et al. What is the quality of life in the oldest old ? Int Psychogeriatr, février 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21281556.

Etats-Unis : recherche fédérale sur la maladie d’Alzheimer

L’Institut national du vieillissement américain (National Institute on Ageing), responsable de la recherche fondamentale, clinique, comportementale et sociale concernant la maladie d’Alzheimer aux Etats-Unis, publie un état des lieux de la recherche financée sur fonds fédéraux. Parmi les organismes financés figurent deux instituts de recherche spécialisés dans des fonctions sensorielles (vision et audition): le National Eye Institute (NEI) et le National Institute on Deafness and Other Communication Disorders (NIDCD).

ADEAR. 2009 Progress Report on Alzheimer’s Disease: Translating New Knowledge. Janvier 2010. www.nia.nih.gov/NR/rdonlyres/8A8195F9-E6DB-4160-93C4-007104604F95/0/2009ADProgressReportFinalB.pdf.

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