Coût du diagnostic : Pays-Bas, Suède

À supposer qu’il existe un hypothétique traitement stabilisant la progression de la maladie, que coûterait un diagnostic avec des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer totalement fiables (en termes de sensibilité et de spécificité) et quel serait pour la société le bénéfice net d’un tel diagnostic ?  Ron Handels et ses collègues, du centre Alzheimer du Limbourg à l’Université de Maastricht (Pays-Bas) et du département de neurobiologie, sciences de la santé et de la société de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède), proposent une simulation économique de type coût-utilité. Pour une population âgée en moyenne de 68.3 ans, atteinte de maladie d’Alzheimer à 49% ou de déficit cognitif léger (51%), des marqueurs « parfaits » du liquide céphalo-rachidien permettraient de gagner 0.39 année de vie ajustée à la qualité de vie. L’économie potentielle serait de 33 600 euros, les personnes malades bénéficieraient de deux ans de traitement potentiellement bénéfique et le passage du déficit cognitif léger à la démence serait retardé de 1.3 ans. Le modèle montre un bénéfice potentiel plus élevé des biomarqueurs pour vérifier l’absence de maladie d’Alzheimer (et éviter une insuffisance de traitement) que pour s’assurer de la présence de la maladie d’Alzheimer (éviter l’excès de traitement).

Handels RL et al. Early cost-utility analysis of general and cerebrospinal fluid-specific Alzheimer's disease biomarkers for hypothetical disease-modifying treatment decision in mild cognitive impairment. Alzheimers Dement, 9 juin 2015.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26071009.

Démence sans frontières

En Chine, une étude d’incidence menée sur dix-sept mille personnes suivies pendant 4.5 ans dans quatre régions chinoises, montre une incidence brute de 12.1/1 000 personnes-années pour la démence, 8.2/1000 personnes-années pour la maladie d’Alzheimer et 3.1/1000 personnes-années pour la démence vasculaire, chez les personnes âgées de soixante-cinq ans et plus. Ces taux d’incidence dans la population chinoise sont comparables à ceux observés en Europe et aux Etats-Unis.

Au Portugal, une étude coordonnée par la direction générale de la Santé a appliqué les taux de prévalence ajustés à l’âge obtenus par Alzheimer’s Disease International pour estimer la population atteinte de démence âgée de soixante ans et plus à cent soixante mille personnes (5.91% de cette tranche d’âge). Selon les données du panel marketing IMS-Health, soixante-seize mille personnes reçoivent des médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer, pour un coût de 37 millions d’euros par an.

Yuan J et al. Incidence of dementia and subtypes: A cohort study in four regions in China. Alzheimers Dement, 15 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26086181. Santana I et al. The Epidemiology of Dementia and Alzheimer Disease in Portugal: Estimations of Prevalence and Treatment-Costs. Acta Med Port 2015; 28(2): 182-188. 29 mai 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26061508 (article en portugais).

L’évaluation des symptômes en soins palliatifs : audit national irlandais

En Irlande, Emma O’Shea , du centre de gérontologie et réhabilitation de l’Université de Cork, et ses collègues du centre du vieillissement, neurosciences et humanités de l’hôpital Tallaght à Dublin, ont analysé six cent soixante dossiers de personnes atteintes de démence, dans trente-cinq hôpitaux de court séjour, dans le cadre d’un audit national des soins aux personnes atteintes de démence. Soixante-seize de ces personnes sont décédées pendant la période de l’étude, ont reçu des soins de fin de vie et/ou des soins palliatifs spécialisés.  « De nombreuses évaluations essentielles aux soins palliatifs des personnes atteintes de démence n’ont pas été réalisées », indiquent les auditeurs : aucune évaluation de la douleur dans 27% des cas, pas de détection du syndrome confusionnel (delirium) dans 68% des cas, ni des symptômes psycho-comportementaux de la démence dans 93% des cas. Quant au traitement antipsychotique, 37% des personnes de l’étude en avaient un à leur entrée à l’hôpital et 71% ont eu une nouvelle prescription à l’hôpital, essentiellement pour un motif d’ « agitation ».

O'Shea E et al. Symptom Assessment for a Palliative Care Approach in People With Dementia Admitted to Acute Hospitals: Results From a National Audit. J Geriatr Psychiatry Neurol, 4 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26047636. *

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