Les médecins confrontés à l’explosion des connaissances (2)

Chez les associations de patients, « on s'inquiète d'une autre iniquité qui devient de plus de plus en flagrante : les citoyens sont de moins en moins égaux face au savoir médical », poursuit Alain Perez. De plus, « l’arrivée massive de la biologie va accentuer ces déséquilibres. Malgré des risques de dérive évidents, l'analyse génétique va devenir un exercice banal et le complément naturel et bon marché du diagnostic et du suivi médical », révolution à laquelle les médecins ne sont pas préparés : « alors que le génome délivre des informations transversales à tout l'organisme, la médecine continue de fonctionner en silos verticaux peuplés de spécialistes qui se disputent leurs patients ». Pour Laurent Alexandre, fondateur du site Doctissimo, « le génome va devenir une sorte de commodité. C'est la fin des spécialistes d'organe ». Hyperchoix, médecine individualisée sur profil génétique, expertise des patients, exclusion culturelle des infirmières dans la détention du savoir et des responsabilités, réticence à accepter l’évaluation des savoirs et l’accréditation, soulèvent des interrogations majeures : « les médecins accepteront-ils cette évolution et les changements de comportement qu'elle induit ? Nombre d'entre eux continuent de regarder avec distance ces cyberpatients qui en savent trop. Pourtant, les enquêtes montrent que les malades qui savent ou croient savoir s'en sortent mieux que les autres. Soit parce qu'ils connaissent les lieux où il ne faut pas se faire soigner, soit parce qu'ils se prennent mieux en charge ou se sentent soutenus dans les forums de discussion ». 

www.lesechos.fr, 29 octobre 2010. www.canalcham.fr, 24-25 septembre 2010

La démence en Afrique

Pour Kamadore Touré et ses collègues du CHU national de Fann à Dakar (Sénégal), la démence en Afrique demeure encore méconnue par la population du fait de considérations socio-culturelles sur le vieillissement, le recours à la médecine traditionnelle, le recours à des « femmes domestiques sans qualification » plus qu’à des personnels de santé, et la faiblesse de la formation de ce personnel. Le faible niveau d’instruction de la population âgée et le problème de la langue de communication rendent difficile l’utilisation des tests neuropsychologiques.

Touré K et al. Epidémiologie de la démence en Afrique. Revue de Gériatrie 2010 ; 35(8) : 487-493. Octobre 2010.

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