Affirmer, comme le Pr Jean-Marie Léger, que “ le dément n’est pas une mécanique usée ou altérée ”, mais un être humain à part entière, ne revient plus, aujourd’hui, à prêcher dans le désert (Tout Prévoir, octobre 2006). Partageant la conviction du président du Comité d’orientation de la Fondation Médéric Alzheimer, plusieurs voix en tirent les conséquences en termes d’impératifs éthiques (Tout Prévoir, article du Dr B. Lavallart, octobre 2006). Qu’en est-il, ainsi, du respect de la liberté de mouvement des personnes malades ? Attention à ne pas faire rimer principe de précaution avec pratiques de contention, voire de séquestration, mettent en garde différentes contributions (adsp, septembre 2006 ; Directions, supplément au n° de novembre 2006). Dans le même esprit, il semble illégitime d’interdire aux résidents de maison de retraite de fumer dans leur chambre, et d’empêcher, a priori, les personnes malades de conduire, sans déterminer leur incapacité à le faire (Actualités sociales hebdomadaires, 13 octobre et 24 novembre 2006 ; senioractu.com, 23 novembre 2006 ; Tout Prévoir, article du Dr R. Gonthier, octobre 2006). Pour les protéger à bon escient, il est également indispensable d’évaluer l’état des personnes : aussi, le projet de réforme des tutelles invite-t-il à réserver le bénéfice de cette mesure à celles dont les facultés de discernement sont réellement atteintes (La Tribune, article de F. Pauly, 20 octobre 2006).
Respecter les personnes malades commence, évidemment, par les préserver de toute forme de maltraitance, soit aussi de cette violence “ en creux ” qui résulte essentiellement d’un manque d’organisation et de moyens (La Lettre des Décideurs en gérontologie, 8 novembre 2006 ; agevillagepro.com, 2 et 6 novembre 2006 ; destinationsante.com, 10 novembre 2006 ;questions.assemblee-nationale.fr, 5 octobre 2006). Le diable, c’est bien connu, se cache dans les détails – notamment alimentaires (agevillagepro.com, 2 novembre 2006). Mais le bon dieu aussi... Il est donc possible, sans différer, d’offrir de meilleures conditions de vie aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. D’abord, en prêtant une oreille plus attentive à la singularité de leurs besoins (Tout Prévoir, interview de C. Ollivet, octobre 2006 ; adsp, septembre 2006), ainsi qu’à la douleur, au stress et aux craintes qui tourmentent les intéressées (senioractu.com, 3 octobre 2006 ; Neurologie Psychiatrie Gériatrie, article de F. Moulin, I. Cantegrel-Kallen, J. de Rotrou, E. Wenisch, F. Batouche, AA. Richard et A.S. Rigaud, octobre 2006 ; La Gazette Santé Social, novembre 2006). D’autre part, en leur proposant des activités de loisir diversifiées (Libération, article d’E. Perret, 30 octobre 2006 ; ASH Magazine, septembre-octobre 2006). 
Ce meilleur accompagnement des personnes malades va de pair avec un plus grand souci porté à la qualité de vie de leurs accompagnants (La Lettre de Successful Aging, 30 octobre 2006) – ne serait-ce que parce que le suivi de celles-ci peut difficilement s’envisager sans prendre en compte les problèmes que rencontrent celles-là (L’Année gérontologique, article de S. Faure et C. Girtanner, vol. 20, 2006). Le mieux placé, à cet égard, est certainement le médecin de famille : témoin des hauts et des bas des protagonistes (Médecine, de la médecine factuelle à nos pratiques, article de J. Selmes et Ch. Derouesné, vol.2 n°7, 2006), cet expert du “ double regard ” peut repérer la nature de leurs difficultés et contribuer à y porter remède (Tout Prévoir, articles du Dr J.P. Aquino et du Dr H. Pitti-Ferrandi, octobre 2006). Néanmoins, pour jouer ce rôle fondamental de “ médiateur familial ”, le généraliste doit savoir passer du “ cure ” au “ care ”. Autrement dit, précise le Dr Xavier Emmanuelli (Tout Prévoir, supplément au n° d’octobre 2006), il lui faut abandonner sa blouse de “ guérissant ” pour endosser un véritable costume de “ soignant ”.
Caroline Helfter

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