Bon sens et humanité

Les médias étrangers sont désormais présents avec plus de régularité sur le thème de la maladie d’Alzheimer et des troubles neurodégénératifs. Beaucoup évoquent en particulier le volet de la vie quotidienne des malades et de leurs aidants. Ces articles reflètent la prise de conscience sociétale sur ces pathologies, en cette année 2006 plus encore qu’auparavant. On peut rapporter cette perception plus aiguë aux effets annoncés du vieillissement de la population : aucune société développée n’échappe maintenant à l’émergence de plus en plus forte des maladies neurodégénératives et à leurs conséquences. C’est jusqu’à Hong Kong que l’on s’inquiète de la menace sur l’économie et le système de santé, liée au vieillissement et aux pathologies lourdes qui en découlent (www.thestandard.com.hk). Le service national de santé du Royaume-Uni ne parvient plus à faire face à ses engagements sur la gratuité des soins à domicile (The Herald) ou sur le remboursement des médicaments (The Daily Telegraph (UK)). Il n’est pas de jour où de douloureux faits divers ne viennent étayer, un peu partout dans le monde, la difficulté de prise en charge des patients. Ainsi les Pays-Bas constatent-ils, malgré leur société dite de bien-être, que les maisons de retraite médicalisées ne prodiguent pas assez de soins, même basiques, à leurs résidents (www.nrc.nlwww.anp.nl). Le contexte de réduction des coûts et des prestations, qui caractérise nos sociétés, n’est pas en phase avec les besoins, comme en témoigne également l’issue dramatique de la négligence du personnel d’un hôpital en Allemagne (www.tagesspiegel.de) à l’égard d’un patient atteint de la maladie d’Alzheimer. 

Science et alternatives thérapeutiques

Face au vieillissement et à la maladie qui handicape lourdement la vie quotidienne, une double réponse s’organise. Au premier plan, les recherches thérapeutiques, à la pointe desquelles figurent les Etats-Unis, avec pas moins de quatre-vingt quinze programmes de recherche financés par le National Institute of Health et des avancées significatives dans la compréhension des mécanismes de la maladie d’Alzheimer (SFGate.com). L’offre médicamenteuse s’étoffe : au Canada, par exemple, un nouveau médicament est en phase de test clinique (TheStar.com). Il permettrait de bloquer la formation de plaques amyloïdes. 
Les médias donnent toutefois un écho louable à quantité de pratiques préventives et/ou de simple bon sens, qui peuvent alléger la vie des patients ainsi que celle de leurs proches et aidants. La presse revient par exemple sur les effets bénéfiques des activités intellectuelles, les loisirs en général (www.e-sante.be). Sur le sport évidemment : une étude américaine vient confirmer que l’activité physique régulière après l’âge de la retraite réduit les risques de développer la maladie d’Alzheimer (Medical News Today). 
Les nouvelles technologies, comme le bracelet téléphone, semblent être considérés par certains comme un appui non négligeable aux personnes malades et aux familles. Au point de convaincre la fédération des familles de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en Espagne de nouer un partenariat avec un fabricant canadien de ce bracelet (www.lesaffaires.com). 
Enfin le bon sens commun. Les journaux se permettent avec raison de nous le rappeler, en publiant des articles témoignages sur les bénéfices d’un simple comportement humain et logique. Aux Pays-Bas, on redécouvre qu’un « dîner en commun » dans les maisons de retraite, plutôt qu’un plateau-repas en solitaire, a des effets mesurables sur le bien-être, moral et physique, des pensionnaires (www.nrc.nl). Parfois, il suffit de forcer un peu la main à ces personnes âgées qui, en fauteuil ou en mauvais état de santé, ont envie de renoncer à tout. Et quel aidant ne saurait témoigner qu’une activité partagée - aussi modeste soit-elle, comme un repas – adoucit la vie du patient et fait renaître un petit sourire ? 

Par Sabine Grandadam

Les jeunes touchés par la maladie

Un million d’Américains âgés entre 55 et 64 ans pourraient bien être atteints de la maladie d’Alzheimer selon un rapport de l’Association Alzheimer USA. Ce rapport contredit l’idée largement répandue auprès du grand public selon laquelle la maladie d’Alzheimer ne se déclare que chez les personnes âgées. L’Association Alzheimer appelle à la recherche de traitements spécifiques pour ce groupe d’âge.

The Los Angeles TimesLos Angeles Times, 7 juin 2006

Indépendant mais seul

Environ 10 millions d’Américains âgés de 65 ans ou plus vivent seuls selon les chiffres du Census Bureau. La majorité d’entre eux sont indépendants. Cette autonomie a une contrepartie : l’isolement. Aussi des associations comme Little Brothers-Friends of the Elderly ou Caring Neighbours leur viennent en aide. Chaque bénévole tente d’établir des liens avec ces personnes âgées autonomes. Pour Larry Minnis, directeur général de l’American Association of Homes and Services for the Aging, à Washington, l’isolement et la solitude des personnes âgées indépendantes est un problème sociétal d’une ampleur importante. 

The Christian Science MonitorThe Christian Science Monitor, 21 juin 2006

Le vieillissement de la population menace l’économie

Avec l’un des taux de fertilité les plus bas de la planète et l’espérance de vie qui s’allonge, le vieillissement de la population de Hong Kong est inquiétant. Selon les statistiques officielles, la population de la région administrative de Hong Kong était estimée à 6,97 millions de personnes à la fin de l’année 2005. Quelque 836 400 personnes sont âgées de 65 ans ou plus. Selon les statistiques prévisionnelles, en 2033, lorsque la population atteindra 8,38 millions de personnes, un quart de la population sera âgé de plus de 65 ans. Aujourd’hui pour 1 000 personnes actives âgées entre 15 et 64 ans, on dénombre 154 seniors. Dans 30 ans, cette proportion sera de 428 seniors pour 1 000 personnes actives. Wong Hung, professeur au Département du travail social à l’université chinoise de Hong kong, redoute un effondrement du système de sécurité sociale si une réforme n’est pas rapidement envisagée par les autorités. Les taxes salariales pourraient en cas d’inaction du gouvernement augmenter de 10% dans les dix prochaines années pour faire face au vieillissement de la population. Or la réussite économique de Hong Kong repose pour bonne part sur la faiblesse des taxes salariales et patronales.

The Standardwww.thestandard.com.hk, 19 juin 2006

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