Recommandations de pratique pour les soins et le travail social

Nick Gould, professeur de sciences sociales et politiques à l’Université de Bath et Tim Kendall, directeur adjoint du Collège Royal de Psychiatrie décrivent comment les deux agences d’évaluation scientifique du Royaume-Uni, le NICE (National Institute for Clinical Excellence ) et le SCIE (Social Care Institute Excellence ) ont élaboré la première recommandation scientifique conjointe pour les soins et le travail social, en choisissant comme modèle le domaine complexe de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. Surmontant les difficultés de méthode et de procédure liées à la culture contrastée de ces deux disciplines au regard de la pratique fondée sur la preuve (evidence-based ), ces recommandations forment un référentiel d’excellence pour le développement de services intégrés de prise en charge des personnes malades.
British Journal of Social Work, Gould N et Kendall T. Developing the NICE/SCIE guidelines for dementia care: the challenges of enhancing the evidence base for social and health care , 17 mars 2007. National collaborating centre for mental health, NICE/SCIE clinical guideline 42: supporting people with dementia an their carers in health and social care , novembre 2006, téléchargeable sur le site www.scie.org.uk 

Vers un diagnostic infirmier de la maladie d’Alzheimer ?

En Grande-Bretagne, l’Autorité de santé régionale (Mental Health and Social Care Trust ) et l’hôpital Wythenshawe de Manchester ont comparé le diagnostic infirmier initial fait à domicile et le résultat de la concertation multidisciplinaire fondée sur les différentes consultations médicales, les tests neuropsychologiques et l’imagerie cérébrale. Dans une étude portant sur quatre cent quatre personnes adressées pendant dix-huit mois, un diagnostic de maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées a été porté chez 43.3% des personnes par l’équipe pluri-disciplinaire. Ce diagnostic pluridisciplinaire concordait avec le diagnostic infirmier dans 88% des cas. La précision pouvait être augmentée à 94% lorsque le diagnostic était posé par deux infirmières, avec une sensibilité de 92% et une spécificité de 96%. Les infirmières étaient capables de préciser le diagnostic (maladie d’Alzheimer, sous-types mixtes et démence vasculaire) dans 86% des cas. Tant pour l’organisme payeur que pour les médecins, le principal avantage du diagnostic infirmier serait de raccourcir l’accès au parcours de soins (care pathway ). Dans l’avenir, une responsabilité partagée sur le diagnostic (distributed responsibility ) pourrait constituer une option viable pour la détection précoce de la maladie d’Alzheimer.
Int J Geriatr Psychiatry, Page S et al. Nurses making a diagnosis of dementia-a potential change in practice , 9 mai 2007.

Violence : qu’en pensent les infirmières ?

Une étude suédoise a étudié la violence perçue par les infirmières dans soixante dispositifs d’hébergement municipaux spécialisés pour personnes âgées en petites unités. Deux cent treize infirmières ont répondu à l’enquête : 45% des infirmières travaillaient auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et 55% en soins pour personnes âgées. En terme de violence, on n’a observé aucune différence significative entre ces deux groupes de personnes. Les infirmières s’occupant de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ont rapporté différents types de violence : menaces indirectes (45%) ; menaces directes d’actes violents (35%) ; actes violents (41%) ; 20% des personnes malades ont été victimes de violences et menaces. Les infirmières en charge de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer étaient mieux formées aux conduites à tenir en cas de violence et avaient des routines pour y faire face. Pour les auteurs, la violence doit être prise au sérieux et mérite une attitude de « tolérance zéro » de la part des autorités municipales, qui devraient investir dans la formation des soignants et l’élaboration de routines de sécurité.
J Clin Nurs. Josefsson K et al. Violence in municipal care of older people in Sweden as perceived by registered nurses , mai 2007. 

Déambulation

Une vaste étude américaine, portant sur quinze mille anciens combattants résidant en maison de retraite, montre que la déambulation concerne une personne sur cinq. Deux groupes sont particulièrement représentés et mériteraient une recherche plus approfondie : les personnes en fauteuil roulant (25%) et les personnes atteintes à la fois de la maladie d’Alzheimer et de troubles psychiatriques (23%). La déambulation est associée à d’autres activités de rupture (comportement inapproprié, résistance aux soins).
J Am Geriatr Soc. Schonfeld et al. Wanderers with cognitive impairment in department of veterans affairs nursing home care units , mai 2007.

Méconnaissance de la maladie et stéréotypes sur les personnes âgées

Le Centre d’études en promotion de la santé et le service de psychologie de l’Université d’Alberta (Edmonton, Canada) ont fait passer deux tests de connaissance (Alzheimer Disease Knowledge Test et Aging Quiz N°1 ) à des aidants professionnels (n=53) et à des non-aidants (n=53). Si les aidants professionnels en savent plus sur la maladie que les non-aidants (58% de réponses correctes contre 42%, respectivement), les deux groupes ont des connaissances très insuffisantes sur le vieillissement (40% de réponses correctes contre 39%). Les conceptions erronées et les zones d’ignorance sur les deux tests s’appuient sur des stéréotypes sur les personnes âgées. Cette méconnaissance pose un problème, car elle peut influer négativement sur le comportement des professionnels : si l’on préjuge de l’incapacité d’un résident, on risque de miner sa confiance en lui.
www.medicalnewstoday.com , 6 mai 2007; Educational Gerontology. Rust TB et See SK. Knowledge about aging and Alzheimer disease: a comparison of professional caregivers and non-caregivers . Avril 2007.

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