Des métiers résistant à la crise

Parmi les métiers qui ont le moins souffert de la crise, figurent ceux de la santé, de l’action sociale et de services aux collectivités, « traditionnellement peu sensibles aux cycles conjoncturels et pour lesquels l’emploi est dynamisé par des évolutions structurelles, telle la démographie », selon la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques). Ces évolutions conjoncturelles sont à mettre en regard des tendances structurelles mises en exergue par les travaux de prospective des métiers et des qualifications : tertiarisation, féminisation des emplois, polarisation des qualifications et élévation du niveau de formation. La crise n’a pas remis en cause les principales tendances projetées à l’horizon 2015 mais a pu les amplifier ou les atténuer temporairement.

DARES. Les métiers en 2009. Analyses 2010 ; 069 :1-16. Octobre 2010. www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/2010-069-2.pdf. Actualités sociales hebdomadaires, 29 octobre 2010.

La construction sociale du secteur des services à la personne

Pour Florence Jany-Catrice, du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé), de l’Université Lille-1 à Villeneuve d’Ascq (Nord), les emplois familiaux et d’aide à domicile sont, depuis plusieurs décennies, considérés à l’aune de leurs perspectives de « gisement d’emplois ». Soutenus par le Plan de développement des services à la personne, les dispositifs publics se sont amplement renforcés depuis 2005, marquant à la fois une continuité et des ruptures par rapport aux politiques passées. Les ruptures relèvent d’une triple stratégie d’extension marchande revendiquée de la sphère sociale, d’homogénéisation du produit « service », mais aussi de banalisation des besoins et de l’acte de consommation de ces services. Mêlant enjeux sociaux et d’emploi, ces politiques conduisent, selon Florence Jany-Catrice, à des réactions en ordre dispersé, d’une part, des acteurs historiques du champ, d’autre part, des salariées en bout de chaîne sur lesquelles reposent les principales contradictions de cette politique systémique.

Jany-Catrice F. La construction sociale du « secteur » des services à la personne : une banalisation programmée ? Sociologie du Travail, 25 octobre 2010. doi:10.1016/j.soctra.2010.09.010.

Plan Alzheimer : équipes spécialisées à domicile

Tous les services d’aide et de soins à domicile sont amenés à prendre en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, ce qui nécessite un accompagnement particulier. Une expérimentation est en cours dans quarante services de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Claude Neuvens, président de l’association des directeurs de SSIAD (Aressad) explique : « l’objectif de ces équipes spécialisées Alzheimer (ESA) est d’offrir des soins d’accompagnement et de réhabilitation aux patients, sur prescription médicale. Les équipes sont composées d’ergothérapeutes ou de psychomotriciens, d’aides-soignantes ou d’aides médico-psychologiques et d’assistants de soins en gérontologie ». Plus de mille deux cents patients ont été pris en charge entre septembre 2009 et juin 2010. A terme, le plan Alzheimer prévoit cinq cents équipes de ce type sur tout le territoire. Cette mesure concerne les professionnels de santé ; le versant médico-social de l’aide à domicile ne fait l’objet d’aucune expérimentation nationale ni de cadre réglementaire particulier. « Les services se débrouillent comme ils peuvent », constate Valérie Lespez, rédactrice en chef du Journal du domicile et des services à la personne. Assidom, structure francilienne d’aide à domicile, a ainsi spécialisé certaines intervenantes pour intervenir auprès de ce public, précise Alix Torrès, directeur associé, qui insiste sur la dimension « sur mesure » de l’intervention. Pour Serge Bizourene, président-directeur général de Dom Plus, « il ne faut jamais oublier que cette relation de confiance tissée entre l’intervenant et le bénéficiaire doit aussi intégrer la famille ».

Journal du domicile et des services à la personne, octobre 2010.

Plan Alzheimer : assistants de soins en gérontologie

Après les aides soignants et les aides médico-psychologiques de la fonction publique hospitalière, qui ont signé une convention via l’Association nationale pour la formation permanent du personnel hospitalier (ANFH), ceux du secteur de l’aide à domicile et du secteur privé à but non lucratif peuvent désormais suivre une formation d’assistant de soins en gérontologie grâce au soutien financier de la Caisse nationale de solidarité́ pour l’autonomie (CNSA). D’ici à fin 2012, la CNSA versera neuf cent mille euros à Uniformation pour participer à la formation de quatre cents professionnels du secteur de l’aide à domicile et trois millions d’euros à Unifaf pour celle de mille trois cents professionnels des établissements et services médico-sociaux privés à but non lucratif. Fin 2012, trois mille six cents assistants de soins en gérontologie auront été formés grâce à ce dispositif de cofinancement avec les trois organismes paritaires collecteurs agréés (ANFH, Uniformation et Unifaf).

La Lettre de la CNSA n°15, octobre 2010.

Prise en soin des résidents en EHPAD : les mesures souhaitées par les professionnels

Le Professeur Claude Jeandel, du Centre de traitement et de prévention des maladies du vieillissement au CHU de Montpellier, le Dr Nathalie Maubourguet, présidente de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en EHPAD (FFAMCO-EHPAD) et le Dr Alain Lion, gériatre et gestionnaire d’EHPAD, rappellent la liste des mesures recommandées pour une meilleure prise en soin des résidents en EHPAD : missions du médecin coordonnateur, relations des EHPAD avec les professionnels libéraux, formation et qualification des médecins coordonnateurs, qualité des soins, évaluation des besoins en soins requis (coupe Pathos). Ces mesures proposées sont le fruit de la réflexion collective de deux groupes rassemblant les différentes représentations et sensibilités des professionnels (fédération, ordres professionnels, institutionnels, professionnels salariés et libéraux). Les auteurs espèrent que ces mesures seront intégrées dans les décrets d’application et que leur appropriation sera effective. « Si tel n’est pas le cas, les risques d’une dérive vers une logique tarifaire exclusive sinon prépondérante sont grands, aux dépens de la nécessaire démarche qualité et par conséquent de la garantie d’un projet de vie digne pour nos aînés accueillis en EHPAD », déclarent-ils.

Jeandel C. Les EHPAD : dix ans après la réforme de la tarification, ou comment donner une chance de survie au modèle actuel. Revue de Gériatrie 2010 ; 35(7) : 463-464. Octobre 2010.

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