Personnel immigré : acculturation sur le lieu de travail

Au Royaume-Uni, la tension chronique sur certains métiers de l’accompagnement social auprès de personnes atteintes de démence suscite la réflexion sur l’intérêt politique de recourir à des travailleurs immigrés, écrivent Brandon Ow Yong et Jill Manthorpe, de l’unité de recherche en travail social du King’s College de Londres. Dans une étude pilote, elles ont suivi l’acculturation sur le lieu de travail de douze aidants professionnels d’origine indienne, employés dans des maisons de retraite anglaises. Cinq thèmes émergent : 1/ durant les six premiers mois, les travailleurs migrants se sont sentis vulnérables, avec un sentiment d’insécurité et de de « fardeau cognitif » écrasant dans un contexte non familier ; 2/ dans le même temps, ils se sont sentis perturbés par leur nouveau rôle d’aidant professionnel direct ; 3/ peu ont été capables de s’appuyer sur leurs réseaux d’amis et de proches pour connaître leur nouvel environnement de travail avant de trouver un emploi en maison de retraite ; 4/ ils estiment que deux ans sont nécessaires pour s’adapter sur un plan psychologique et socio-culturel ; 5/ la plupart des participants ont gardé l’ambition de passer une qualification infirmière au Royaume-Uni, et de poursuivre leur carrière à l’extérieur du secteur social.

Yong BO et Manthorpe J. The experiences of Indian migrant care home staff working with people with dementia: a pilot study exploring cultural perspectives. Working with Older People 2016 ; 20(1). Janvier 2016. www.emeraldinsight.com/doi/abs/10.1108/WWOP-07-2015-0012.

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