Ethique : les recommandations de bonne pratique de l’ANESM (5)

Quant à la responsabilité réglant les relations interprofessionnelles et de l’accompagnement en institution, elle s’exerce à trois niveaux.

La responsabilité institutionnelle « constitue la référence à la règle, à la loi, et structure un cadre dans lequel vont pouvoir se jouer d’autres responsabilités (responsabilité de mission, organisation du travail, obligation de moyens, par exemple). Elle garantit les espaces de responsabilité des différents acteurs impliqués, celui des familles, mais aussi du prescripteur de la mission ainsi que ceux de tous les autres partenaires. Il y a toujours un niveau de responsabilité institutionnelle et c’est la fonction du directeur de la structure de l’assumer.

La responsabilité professionnelle est « celle de la mission confiée et de la qualité de l’aide apportée, parce que l’on peut justifier d’un savoir-faire officiellement reconnu (profession et métier) et d’une intervention réglementée. C’est l’ensemble de compétences techniques et professionnelles, savoir-faire et savoir-être qui contribuent à structurer une légitimité professionnelle. Elle est engagée principalement à l’égard des usagers, de ses propres pairs ainsi que de ses supérieurs hiérarchiques et peut être formalisée par des références déontologiques.

La responsabilité personnelle est le niveau « le plus large et le plus englobant, car il s’agit d’être en mesure de se situer en présence d’autres personnes. Cette responsabilité ne peut être engagée que si elle est supportée par les deux premières et se joue principalement dans l’espace relationnel entre professionnel et personne accompagnée. Elle suppose ainsi l’abandon de la toute puissance et la capacité de dialogue fondée sur la reconnaissance de l’autre ».

Selon l’ANESM, ces trois niveaux de responsabilité « soutiennent le professionnel dans l’engagement d’une responsabilité morale et éthique qui porte naturellement à l’action et entraîne l’acceptation du risque ». Alors que la responsabilité juridique implique un caractère contraignant et répressif et recherche le préjudice « qui a été la cause, qui est le coupable », la responsabilité dans son acception morale signifie « je veux répondre de mes actes, je me considère apte à répondre de mes actes ».

ANESM. Le questionnement éthique dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Recommandations de bonnes pratiques professionnelles. Octobre 2010. www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/reco_ethique_anesm.pdf.

Formation initiale des médecins généralistes sur la maladie d’Alzheimer (1)

L’Observatoire de la Fondation Médéric Alzheimer publie les résultats d’une nouvelle enquête, menée en partenariat avec le Collège national des généralistes enseignants, afin d’explorer la place de la maladie d’Alzheimer dans l’enseignement du Diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine générale, et surtout les outils pédagogiques mis à leur disposition. Six mille quatre cents étudiants de trente unités de formation et de recherche (UFR) ont répondu à l’enquête. Pour le Dr Jean-Pierre Aquino, conseiller technique de la Fondation, « le défi est de double nature. Le praticien est habitué à une relation médecin-malade, caractérisée par sa dualité, dans un colloque singulier, alors que dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, la relation devient rapidement triangulaire, impliquant un aidant familial. De même, le cursus universitaire veille, à juste titre, à enseigner au futur médecin les arcanes lui permettant de guérir, chaque fois que possible, la technicité contribuant et valorisant son exercice. Or lorsque la chronicité est installée, lorsque la toute puissance est mise à mal par une affection que l’on ne peut actuellement guérir, la véritable réponse se situe dans l’accompagnement de la personne malade et de son entourage ». 

La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°16, octobre 2010. www.fondation-mederic-alzheimer, www.agevillagepro.com, lagedor.fr, 26 octobre 2010.

Formation initiale des médecins généralistes sur la maladie d’Alzheimer (2)

Le généraliste est-il formé et intéressé par ce type d’exercice professionnel ? Ces questions renvoient à l’enseignement des généralistes. Le Professeur Philippe Chassagne, président du Collège national des enseignants en gériatrie, rappelle que la prise en charge globale des personnes malades est assurée en pratique par les médecins généralistes. Il avance deux propositions concrètes : «partager, autour de tables rondes, les expériences de prise en charge de cette maladie, de ces malades et de leurs familles et diffuser aux plus jeunes la pratique des référentiels». Pour Jean-Pierre Aquino, « cette pédagogie d’amont devrait permettre, à terme, de mieux armer les médecins généralistes dans leur pratique et de conforter leur rôle, contribuant ainsi à une affirmation de leur place, comme le souhaite le Plan Alzheimer ». 

La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°16, octobre 2010. www.fondation-mederic-alzheimer, www.agevillagepro.com, lagedor.fr, 26 octobre 2010.

Formation initiale des médecins généralistes sur la maladie d’Alzheimer (3)

L’intérêt porté à la maladie d’Alzheimer est moyen, tant chez les étudiants (59%) que chez les enseignants (57%).

Le manque d’intérêt des étudiants résulte d’un ensemble de raisons : désorientation, fin de vie, maintien à domicile, sont des thèmes toujours présents dans les enseignements sur les personnes âgées en général ; c'est un sujet traité en deuxième cycle ; la prise en charge de ces patients est difficile, complexe, tant du point de vue médical que social (famille, aide à domicile, institutions, professionnels de santé…) ; il n’existe pas de traitement et de décision médicale, ce qui induit un sentiment d’impuissance ; les étudiants ne se rendent pas compte de l’importance de la prévalence (ils ont peu de pratique de ville) ; les étudiants ont l’impression d’avoir une action peu efficace, peu gratifiante, et estiment la maladie « dévalorisante ». Parmi les thèmes traités dans l’enseignement, le diagnostic précoce et la relation médecin-malade sont prédominants (cités respectivement par 66 % et 64% des répondants). Les enjeux de société et le coût de la maladie sont signalés par moins de 40% des répondants.

Le manque d’intérêt des enseignants peut s’expliquer par plusieurs raisons : l’acquisition des connaissances se faisant en deuxième cycle (en troisième cycle c’est l’acquisition des compétences), il n’y a pas d’intérêt à aborder une maladie spécifique en troisième cycle : les lacunes se comblant seules ou par la formation médicale continue ; le thème de la maladie d’Alzheimer est abordé de façon transversale, en complément d’autres thèmes ; c’est une maladie nécessitant une prise en charge globale, abordée dans le cursus sans organiser un cours dédié ; la prise en charge de cette maladie est très institutionnelle ; cette maladie présente peu d’espoir d’amélioration et un coût élevé de traitement ; les situations sont complexes, les solutions au cas par cas sont souvent peu satisfaisantes.

La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°16, octobre 2010. www.fondation-mederic-alzheimer, www.agevillagepro.com, lagedor.fr, 26 octobre 2010.

Formation initiale des médecins généralistes sur la maladie d’Alzheimer (4)

Comment développer l'intérêt des étudiants et des enseignants pour la maladie d'Alzheimer ? Pour David Azerad, étudiant en DES de médecine générale à Paris 7, « l’enseignement théorique est bien sûr la base minimum, mais il n’apporte qu’une vision globale de la maladie, alors que chaque malade demande une prise en charge individualisée et adaptée. Les groupes de pairs sont une bonne méthode d’approche de la maladie, basée sur la discussion de cas complexes ou difficiles, auxquels nous tentons d’apporter les meilleures réponses. Les débats sont souvent instructifs et enrichissants, avec, in fine, une amélioration de notre prise en charge des malades. Pourraient être associés à cet enseignement des membres du réseau de l’association France Alzheimer ou des aidants, pour nous donner une vision différente de la maladie ». Le Dr Michel Quincy, généraliste à Paris, explique : « ces groupes d’échanges de pratiques réunissent une fois par mois les étudiants en stage chez les praticiens généralistes. Ils permettent aux étudiants de présenter à d’autres étudiants les cas difficiles auxquels ils ont été confrontés et d’échanger librement, l’animateur n’ayant pas de fonction d’expert. Ces groupes ont la faveur des étudiants. Les difficultés du maintien à domicile, le soutien à l’aidant, les aides sociales sont, pour leur part, clairement abordés au cours de l’enseignement dirigé. Les récits de situations cliniques que les étudiants doivent rédiger pour valider leurs spécialités évoquent souvent la prise en charge de ces patients. Les étudiants et les enseignants intéressés par ce sujet ne sont pas les plus nombreux, mais ils sont très actifs ». 

La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°16, octobre 2010. www.fondation-mederic-alzheimer, www.agevillagepro.com, lagedor.fr, 26 octobre 2010.

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