Infirmière coordinatrice : vers une reconnaissance ?

Sous l’égide de l’agence régionale de santé d’Alsace, un groupe de travail pluridisciplinaire a établi la fiche de fonction d’une infirmière coordinatrice (IDEC). Le Dr Pascal Meyvaert, président de l’association des médecins coordonnateurs en EHPAD d’Alsace, explique les principaux points de discussion : « les représentants des directeurs avaient beaucoup insisté sur le fait que l’IDEC devait être clairement positionnée, notamment par rapport aux autres soignants de l’établissement, et que le temps de coordination ne soit pas le parent pauvre pour celles qui ont aussi un temps de soin. L’autre point qui a suscité de nombreuses discussions, c’est l’organisation des plannings des personnels soignants. Est-ce au directeur ou à l’IDEC de s’en occuper ? Nous sommes parvenus à un compromis satisfaisant pour tous : c’est à l’infirmière de déterminer les besoins en personnel soignant en fonction des périodes de l’année ou des moments de la journée ; c’est au directeur de faire en sorte que le personnel soit disponible en nombre suffisant ».

Le Journal du médecin coordonnateur, octobre-novembre 2012.

Gestionnaire de cas : référentiel d’activités et de compétences

Un arrêté du ministère des Affaires sociales et de la santé publie un référentiel d’activités et de compétences du gestionnaire de cas exerçant dans les maisons pour l’autonomie et l’intégration (MAIA). L’acquisition des compétences nécessaires requiert une formation de type diplôme universitaire de gestion de cas, d’une durée minimale de cent heures d’enseignement théorique et vingt demi-journées de stage pratique. Le gestionnaire de cas dispose de trois ans pour obtenir ce diplôme à compter de la date de son recrutement par le porteur de la MAIA.

Arrêté du 16 novembre 2012 fixant les référentiels d'activités et de compétences pour exercer le rôle et les missions du gestionnaire de cas dans les maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer. JO du 22 novembre 2012.

www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=F8C6D5139C03D5ADEEDF318335F9CD11.tpdjo10v_3?cidTexte=JORFTEXT000026657984&dateTexte=20121122(texte intégral).

Maltraitance : faut-il des caméras dans les maisons de retraite ?

« Alors que la vidéo-surveillance se développe partout dans les villes, dans les villages, pour la sécurité des citoyens, les images insoutenables qui nous viennent d’une enquête de police dans une maison de retraite italienne relancent la question de son utilisation dans la lutte contre la maltraitance ». Dans une enquête confiée au procureur et à la Guardia di Finanza de Sanremo, les policiers ont utilisé des écoutes de l’environnement et des conversations téléphoniques, et visionné des milliers d’heures de séquences filmées (opération Acheronte, du nom du fleuve de la mythologie grecque que les coupables devaient traverser dans la barque du nautonier des Enfers). Sept personnes, dont six soignants, ont été inculpées. Des extraits de ces séquences filmées circulent sur Internet. En France, différents reportages, dont Les infiltrés en 2008 sur France 2, ont apporté des témoignages filmés d’actes de maltraitance. Mais la pose de caméras règlera-t-elle les problèmes ? s’interroge Annie de Vivie, d’Agevillage.  « Les caméras ne sont qu’un des outils possibles, pour détecter des problèmes, sous le regard d’une autorité démocratiquement désignée. Poser des caméras dans des lieux publics ou privés (comme une chambre) soulève de nombreux problèmes éthiques : filmer pour qui ? Pourquoi ? Pour quels usages ? Sous quelle autorité ? ». Selon Annie de Vivie, « pour redonner confiance dans les services, dans les professionnels, notre pays ne pourra faire l’économie d’un dispositif national digne de ce nom et d’en appeler à la responsabilité de chacun. C’est parce que des familles et des infirmières ont osé dénoncer des maltraitances que celles-ci ont cessé dans l’établissement italien ».

Bientraitance : un guide pour les soignants

La Haute Autorité de santé (HAS) publie en octobre 2012 des outils pour aider à la prise de conscience des soignants de la « maltraitance ordinaire ». Pour la HAS, « ce guide (daté de mai 2012) s’inscrit dans le soutien méthodologique aux démarches d’amélioration de la qualité et de la sécurité ; il n’apporte pas de réponse spécifique face aux situations de maltraitance de nature délictuelle. Ce guide est le fruit d’une collaboration partenariale entre la HAS et la FORAP (Fédération des organismes régionaux et territoriaux pour l’amélioration des pratiques et organisations en santé), s’appuyant sur la mobilisation d’acteurs et de professionnels de terrain, au niveau régional et national ». Le guide est accompagné d’une note méthodologique, d’un outil d’évaluation, d’un outil d’animation des équipes, de la déclinaison d’une charte de la bientraitance, et d’une documentation. « Cette timide avancée est toutefois bienvenue », écrit Annie de Vivie, d’Agevillage. « Aux clients des EHPAD et des hôpitaux de faire le reste, d’agir et de réagir, de protester et d’écrire pour défendre leur droit d’être soignés dans la dignité et le respect, de réclamer face à un service défaillant, ou contre des tarifs peut-être abusifs. Leur action continuera à faire évoluer le niveau d’exigence des autorités de tutelle. Leurs voix restent faibles aujourd’hui, elles le seront moins demain ».

www.agevillagepro.com, 29 octobre 2012. Haute Autorité de santé. Groupe Bientraitance FORAP-HAS. Le déploiement de la bientraitance. Guide à destination des professionnels en établissements de santé et EHPAD. Mai 2012. www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-10/bientraitance_-_rapport.pdf

Fin de vie : les professionnels face aux décisions médicales complexes

Dans une recommandation consacrée à la qualité de vie en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements sociaux et médico-sociaux écrit :« du fait de la fragilité et de la polypathologie des résidents, le médecin traitant et l’équipe de l’EHPAD peuvent se retrouver face à des situations médicales complexes d’autant plus difficiles à gérer que les décisions à prendre tant en terme d’hospitalisation que de limitation ou d’arrêt de traitement n’ont jamais été anticipées, voire même abordées. Il ne s’agit pas de figer une fois pour toutes l’attitude à tenir devant une aggravation de l’état de santé, ce qui limiterait gravement le droit des personnes à changer d’avis à tout moment, mais de poser les différentes alternatives possibles dans un contexte plus serein que celui de l’urgence médicale. Anticiper collégialement ces situations aide le médecin traitant à prendre, le moment venu, une décision éclairée de « juste » soin adaptée au résident et à la gravité de l’épisode aigu, et limite le risque de tomber dans les deux écueils que sont l’obstination déraisonnable et à l’inverse l’abandon de soins ».

ANESM. Recommandation de bonnes pratiques professionnelles. Qualité de vie en EHPAD (volet 4). L’accompagnement personnalisé de la santé du résident. Septembre 2012. www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Anesm_QDV4_Novembre_2012-2.pdf (texte intégral).

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