Conflits entre familles et personnel en établissement

Alice Casagrande, directrice de la formation et de la vie associative » à la FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs), souligne que, dans le monde professionnel, la famille est un sujet à la fois présent, puisqu’il concerne tout le personnel, mais absent « puisque rarement évoqué dans le monde du travail. » « Les personnels d’EHPAD (établissements d’hébergement pour personne âgées dépendantes) sont tous familiers du conflit du dimanche, celui qui survient quand les familles viennent rendre visite à leurs proches et que l’effectif est restreint. De plus en plus, les familles s’impliquent dans la vie des établissements et, en contrepartie, exigent, demandent, réclament », rappelle Raphaëlle Murigneux, d’Agevillage, au point que le personnel en arrive à penser que « la famille idéale, c’est celle qui n’est pas là. » Certaines situations complexes sont liées à un conflit familial sous-jacent, face auquel l’équipe est désemparée. La médiation peut alors représenter la solution, en faisant appel de préférence à un spécialiste, explique Aurélie de Andrade, médiatrice spécialisée. « Le conflit arrête, oblige à réfléchir », observe-t-elle. Sans pour autant le chercher, il faut s’en saisir pour se remettre en question. « Il est toujours possible de prendre les réclamations de manière constructive », témoigne Nicolas Noesser, directeur d’EHPAD.

www.agevillagepro.com, 4 avril 2016.

Fondation des usagers du système de santé

La Fondation des usagers du système de santé a été lancée, à l’initiative de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Placée sous l’égide de la Fondation de France et présidée par le député Jean Leonetti, maire d’Antibes (Les Républicains), ses missions et principes généraux sont déclinés dans une charte, dans laquelle ses membres (acteurs associatifs, professionnels de la santé...) s’engagent à soutenir des actions, notamment dans le champ de la prévention (dans une perspective de « prise en charge globale du patient et de construction future du parcours de soins ») et de l’accès aux soins des personnes précaires. La Fondation lancera des appels à projets en direction d’associations, d’établissements de santé publics et privés, de structures de soin... Pour être éligibles, les projets ou les réalisations présentés doivent apporter non seulement « une réelle innovation » ainsi qu’une amélioration pour les patients ou pour leur entourage, mais également être « pratiques, reconductibles, reproductibles » et avoir fait l’objet d’une étude de faisabilité et d’une évaluation. Ces appels à projets vont être diffusés dans le courant des mois de mai et juin, tandis que le comité de sélection se réunira en septembre 2016, pour un vote du comité exécutif en octobre et une attribution des subventions ou une remise des prix pour récompenser une « réalisation exemplaire » en novembre 2016. Sur France Info, Jean Leonetti explique qu’il s’agit de faire « progresser la démocratie sanitaire », « défendre les patients », et que « le patient devienne acteur de sa santé. » Pour le député, « il y a des disparités géographiques importantes dans l’accès aux soins et un manque d’information. » La Fondation a été créée pour remédier à ces carences, car « notre système est fait pour que le président d’un grand groupe industriel soit traité avec les mêmes traitements qu’une personne sans domicile fixe qui arrive dans un centre hospitalier ou une clinique ».

Évaluation multidimensionnelle de la perte d’autonomie : quel outil ?

« Face aux limites de grilles d’évaluation des situations de fragilité comme AGGIR (autonomie gérontologie groupes iso-ressources), la loi de 2002 avait déjà demandé la création d’un outil d’évaluation multidimensionnel », rappelle Annie de Vivie, fondatrice d’Agevillage. « Depuis, les rapports se succèdent, tout comme les évaluations aux domiciles des personnes fragilisées pour tenter d’objectiver le besoin d’aide et de soins. » La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a travaillé sur une déclinaison de la grille GEVA (guide d’évaluation des besoins de compensation des personnes handicapées) aux personnes âgées. En 2011, en Dordogne, les personnes âgées classées en GIR 2 [confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions intellectuelles ne sont pas totalement altérées et dont l’état exige une prise en charge pour la plupart des  activités de la vie courante ; ou personnes âgées dont les fonctions mentales sont altérées, mais qui ont conservé leurs capacités de se déplacer] avaient été évaluées avec l’outil multidimensionnel québécois SMAF (système de mesure de l’autonomie fonctionnelle) : l’étude avait montré des écarts de besoins de 1 à 7 pour cet échantillon. Quant au référentiel RAI (Resident Assessment Instrument), « utilisé dans de nombreux pays dans le monde, il reste boudé chez nous, trop lourd semble-t-il. » Pour Annie de Vivie, « il est pourtant nécessaire d’avoir un outil d’analyse des composantes des besoins, de les pondérer selon les désirs et les envies de la personne directement concernée, de ses proches. Il sert aussi de support d’échanges et de coordination. Et ce avant toute élaboration d’un plan d’aides et de soins, qui sera réajusté régulièrement. » Mais celui qui évalue le besoin est aussi celui qui finance l’aide. Annie de Vivie conclut : « face à la pénurie des deniers publics, notamment départementaux, pour l’aide aux personnes âgées, on peut comprendre qu’un nouvel outil d’évaluation multidimensionnelle qui objectiverait les besoins d’aides et de soins, puisse déranger. »

www.agevillagepro.com, 29 mars 2016.

Services à domicile : quelle stratégie ?

L’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services à domicile), qui va fêter ses cinquante ans, publie son plan stratégique 2016-2020, organisé selon trois axes majeurs : l’amélioration de sa visibilité auprès des pouvoirs publics et du grand public, l’engagement social en tant que syndicat d’employeurs, et l’amélioration de son offre de service aux besoins et attentes de ses adhérents et de ses salariés. L’UNA « ambitionne de construire des modèles économiques pérennes qui respectent les spécificités de chacun et invitent à développer des démarches participatives, construites autour du partage de connaissances et de la capitalisation au sein du réseau. »

Nouvelles têtes

Blandine Delfosse, infirmière coordinatrice au sein du réseau gérontologique du Val-de-Marne Partage 94, a été élue présidente de la nouvelle Fédération française des infirmières diplômées d’État coordinatrices (FFIDEC). Pour elle, la priorité est de faire connaître et reconnaître la profession. « Les infirmières coordinatrices sont le plus souvent associées aux EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), mais sont aussi présentes dans les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile), les SAAD (services d’aide et d’accompagnement à domicile) ainsi que dans le domaine du handicap. Trop peu d’acteurs du secteur sont conscients de toute cette diversité. » Pour la FFIDEC, l’absence de statut « empêche d’avancer de manière coordonnée. La loi doit prendre en compte notre existence à l’image des médecins coordonnateurs dont les activités sont beaucoup plus cadrées et réglementées. Notre profession a également besoin de voir ses compétences reconnues, avec l’instauration d’un véritable cursus. Aujourd’hui, on ne devient pas IDEC par les études, mais uniquement à partir de l’expérience et du savoir-faire, le plus souvent dans le cadre d’une promotion interne. »

www.agevillagepro.com, 29 mars 2016. Le Journal du médecin coordonnateur, mars-avril 2016.

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