Médecin coordonnateur en EHPAD : quelles responsabilités ?

« Le médecin coordonnateur n’exerce pas une fonction de soins directs à la personne, mais davantage une fonction de soins collectifs et de médecine institutionnelle », écrit Michel Boudjemaï, juriste et intervenant à l’Institut régional du travail social de Champagne-Ardenne et à l’Université de Reims. « Lorsqu’un médecin coordonnateur commet une faute professionnelle, la responsabilité civile de son employeur se trouve engagée. Pour autant, il n’est pas exclu que la responsabilité personnelle du professionnel de santé soit recherchée. Mais ce cas reste particulièrement rare, les conditions à réunir étant très strictes. La recherche systématique de la satisfaction de l’intérêt du résident doit constituer le fil rouge de l’action des EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Qu’il s’agisse du médecin coordonnateur, de l’équipe soignante qu’il encadre et a fortiori du responsable de l’établissement, tous doivent viser cet objectif ultime ».

La Gazette santé-social, janvier 2013.

Étudiants en médecine : quelle attitude envers les personnes atteintes de démence ?

Pour Daniel George et ses collègues, du département des humanités à Penn State College of Medicine (Pennsylvanie, Etats-Unis), les arts créatifs peuvent intégrer des expériences humanistes dans la formation en gériatrie. L’équipe a utilisé le programme d’écriture collective TimeSlips avec des personnes atteintes de démence pour améliorer les attitudes de vingt-deux étudiants en médecine de quatrième année. Les attitudes des étudiants avant et après l’intervention (mesurées avec l’échelle Dementia Attitudes Scale) sont significativement améliorées sur douze des vingt critères, notamment en ce qui concerne la peur et l’inconfort par rapport aux personnes malades. Les auteurs espèrent que la créativité, l’ouverture et les perspectives humanistes développées par les étudiants durant le processus d’élaboration du récit (storytelling) avec les personnes malades auront une influence sur leur façon d’aborder la prise en charge de la démence.

George DR. Et al. How a creative storytelling intervention can improve medical student attitude towards persons with dementia: a mixed methods study. Dementia, 27 décembre 2012. http://dem.sagepub.com/content/early/2012/12/14/1471301212468732.abstract.

Télémédecine : des freins culturels

Torben Wallbaum et ses collègues, de l’Institut de technologie de l’information de l’Université d’Oldenburg et des cliniques Corantis à Vechta (Allemagne), proposent un système de suivi à distance de l’état physique et mental de personnes atteintes de démence légère à modérée, de transmission par Internet des données médicales aux médecins référents ainsi qu’un modèle de financement.  Les paramètres mesurés comprennent notamment l’activité, la qualité du sommeil, le poids, la masse grasse et la masse maigre et l’eau corporelle.

En France, seuls cinq cents médecins recourraient à la télémédecine, principalement à l’hôpital. Selon Pierre Simon, président de l’Association nationale de télémédecine, le modèle reste encore à construire, principalement pour des raisons de culture professionnelle : « les médecins craignent qu’elle ne se substitue à leur présence. Or il ne s’agit pas de l’appliquer aux maladies aigües mais seulement aux maladies chroniques, qui représentent 80% de la demande de soins. Celles-ci requièrent une prise en charge globale, et donc l’intervention de plusieurs professionnels de santé. Les innovations technologiques peuvent aider à mettre en place cette collaboration. Ce qui implique la création d’un secret professionnel partagé incluant le secteur médico-social ». En France, la télémédecine comprend cinq actes : la téléconsultation permet à un professionnel de donner une consultation à distance, le patient pouvant être accompagné d’un autre professionnel de santé ; la télé-expertise consiste à solliciter l’avis d’autres professionnels en raison de leur spécialité ; la télésurveillance médicale permet à un médecin libéral d’interpréter les données nécessaires au suivi d’un patient ; la téléassistance permet à un professionnel d’aider un confrère au cours de la réalisation d’un acte ; la réponse médicale est apportée en cas d’urgence.

Wallbaum T et al. Mneme-Telemonitoring zur medizinischen Unterstützung der Behandlung bei Demenzbetroffenen. Conférence Lebensqualität im Wandel von Demografie und Technik - 6. Deutscher AAL-Kongress, Berlin 22-23 janvier 2013. www.vde-verlag.de/proceedings-en/453484021.html. La Gazette santé-social, janvier 2013.

Fin de vie : qu’en pense l’Ordre des médecins ? (1)

Le médecin urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison, mis en examen pour sept cas d'euthanasie de patients âgés, a été radié de l'Ordre des médecins par la chambre disciplinaire de l'Ordre régional des médecins d'Aquitaine. L’Ordre justifie la sanction par la gravité et le caractère répété de « manquements déontologiques ». Il s'agit de la sanction la plus grave que peut appliquer une chambre disciplinaire de première instance. Deux cent cinquante médecins ont protesté auprès de François Hollande.

Le Monde, 24 janvier et 14 février 2013.

Fin de vie : qu’en pense l’Ordre des médecins ? (2)

Le 14 février, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), après un débat interne étayé par une enquête nationale, a rendu publique une position de synthèse intitulée Fin de vie, « assistance à mourir », dans laquelle il souligne « la nécessité d’une meilleure application des dispositions législatives existantes et envisage, par devoir d’humanité, le recours à une sédation terminale pour le patient, dans des situations exceptionnelles ». Le CNOM reconnaît que si la loi Leonetti « répond au plus grand nombre de situations de fin de vie », elle peut « n'offrir aucune solution pour certaines agonies prolongées ou pour des douleurs psychologiques et/ou physiques qui, malgré les moyens mis en œuvre, restent incontrôlables », et que ces situations, même rares, ne peuvent demeurer sans réponse ». « Sur des requêtes persistantes, lucides et réitérées de la personne, atteinte d'une affection pour laquelle les soins curatifs sont devenus inopérants et les soins palliatifs instaurés, une décision médicale légitime doit être prise devant des situations cliniques exceptionnelles, sous réserve qu'elles soient identifiées comme telles, non pas par un seul praticien mais par une formation collégiale », estime l'Ordre, qui envisage pour la première fois cette prise de décision collective sur l’assistance médicalisée à mourir, jusque-là taboue, sans employer toutefois directement le terme d'euthanasie. Si en ces circonstances, le CNOM estime que la profession médicale doit pouvoir rester libre d’exercer sa clause de conscience, celle-ci n’en garde pas moins le devoir d’accompagner ses patients jusque dans leurs derniers jours.

Ordre national des Médecins.  Fin de vie, « assistance à mourir », 8 février 2013. www.conseil-national.medecin.fr/article/fin-de-vie-1303, Le Monde, Libération, 14 février 2013.

Retour haut de page